TRAITEMENTS

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Revue générale de l’utilisation du méthylphénidate

Table des matières
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RÉSUMÉ

Le méthylphénidate est un dérivé amphétaminique du groupe des nooanaleptiques. Il entraîne une stimulation de la vigilance et des activités mentales dites supérieures, une diminution de la sensation de fatigue et du besoin de sommeil, un pouvoir anorexigène et un effet sympathomimétique. Son mécanisme d’action n’est pas encore totalement élucidé et fait l’objet de nombreuses études.
En France, il est indiqué dans le traitement des troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (THADA) chez l’enfant de plus de 6 ans, sans limite supérieure d’âge. Le THADA se caractérise essentiellement par une inattention, une impulsivité et une hyperactivité motrice anormales pour le niveau de développement de l’enfant et responsables de difficultés scolaires et relationnelles.
En France, l’utilisation du méthylphénidate fait l’objet de nombreuses controverses. Une réglementation très stricte et une crainte concernant ses effets secondaires et son efficacité à long terme limitent sa prescription.
Outre son utilisation dans le traitement du THADA, la recherche s'est aussi orientée vers l’utilisation du méthylphénidate dans d’autres pathologies telles que la narcolepsie, la dépression de l’adulte ou encore en oncologie.

INTRODUCTION

Historiquement, les amphétamines ont été employées dans toutes sortes de pathologies, en particulier psychiatriques. Bradley fut le premier, en 1937, a décrire les effets de la DL amphétamine chez 30 enfants placés en institution, âgés de 5 à 14 ans, atteints de troubles de l’attention, d’hyperactivité et de labilité émotionnelle, sans déficit de l’intelligence. Il fut le premier auteur à introduire la notion d’effet paradoxal. En effet, il lui semblait paradoxal qu’un médicament connu comme un stimulant global, puisse avoir un effet « sédatif » chez plus de la moitié des enfants.
A partir des années 60, des centaines d’études furent publiées. Face à des résultats cliniques plus que satisfaisants et malgré un manque d’information sur d’éventuels effets indésirables à long terme, l’utilisation des psychostimulants aux États-Unis ne cessa d’augmenter, jusqu’en 1970 où les écoles d’Omaha furent accusées de donner des psychostimulants à environ 5 à 10 % de leurs élèves afin de mieux les contrôler. Même si ces accusations n’étaient pas fondées, le doute s’installa dans les esprits : les notions de « pilule de l’obéissance » et d’« abus de drogue » s’associaient de manière indiscutable au méthylphénidate, psychostimulant prescrit dans près de 90 % des cas. L’emploi croissant des psychostimulants ainsi que les dangers de toxicomanie ont alors suscité beaucoup de controverses et de débats passionnés parmi les médecins, les parents et les médias. Le problème de l’usage à bon ou à mauvais escient des psychostimulants, de leur inocuité, de la possibilité d’addictions et de toxicomanies et de l’efficacité à long terme était posé. Ces difficultés permirent une recrudescence des recherches et aboutirent à une meilleure connaissance du méthylphénidate..

PRÉSENTATION DU METHYLPHENIDATE

Caractéristiques de la forme pharmaceutique

En France, seule la spécialité Ritaline . 10 mg est commercialisée. Elle est présentée sous forme de comprimés sécables. Des comprimés à libération immédiate dosés à 5 mg et 20 mg et des comprimés à libération prolongée à 20 mg sont commercialisés en Amérique du Nord. Aucune forme injectable de méthylphénidate n’est commercialisée à ce jour.

Modalités de prescription

En France, le méthylphénidate a connu plusieurs statuts législatifs :
- obtention d’un visa en 1959,
- obtention d’une autorisation de mise sur le marché (A.M.M.) en 1975 dans le traitement des psychasthénies et des troubles du comportement de nature hyperkinétique chez l’enfant.
- retrait de l’A.M.M. en 1986 et obtention d’une autorisation temporaire d’utilisation de 1986 à 1994,
- procédure dérogatoire d’utilisation compassionnelle de juin 1994 à juillet 1995,
- obtention d’une A.M.M. en juillet 1995 dans la seule indication : « troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (THADA) chez l’enfant de plus de 6 ans, sans limite supérieure d’âge ».
- inscription sur la liste des médicaments remboursables en ville et délivrance en pharmacie de ville à partir de septembre 1996.
Ce médicament est inscrit sur la liste des stupéfiants. Il fait l’objet d’une prescription initiale hospitalière, réservée aux spécialistes et/ou aux services spécialisés en neurologie, psychiatrie et pédiatrie.

PHARMACOCINÉTIQUE

Les paramètres pharmacocinétiques du méthylphénidate chez l’enfant hyperactif sont comparables à ceux de l’adulte sain .

Absorption

Après administration orale, l’absorption du chlorhydrate de méthylphénidate est rapide et presque complète. La prise concomitante de nourriture accélère l’absorption mais ne modifie pas la quantité absorbée. Compte-tenu d’un important effet de premier passage hépatique, la biodisponibilité systémique du méthylphénidate est faible et varie de 11 à 51 % de la dose. Le pic plasmatique est atteint en 1 à 3 heures . Les aires sous la courbe de concentration plasmatique, ainsi que les concentrations plasmatiques maximales, sont proportionnelles à la dose administrée. De nombreux auteurs ont constaté d’importantes variations interindividuelles des taux sériques de méthylphénidate et s’accordent sur le fait que le taux sérique n’est pas corrélé avec la réponse clinique

Biotransformation

La biotransformation du méthylphénidate est rapide et quasi complète. Il est principalement métabolisé par désestérification avec comme métabolite principal l’acide ritalinique (acide alpha-phényl 2-pipéridine acétique) qui représente 90 % de la quantité administrée. D’autres métabolites sont décelables en faibles quantités : l’oxométhylphénidate, l’acide oxoritalinique, le parahydroxyméthylphénidate et l’acide parahydroxyritalinique. Les concentrations plasmatiques maximales de l’acide ritalinique sont atteintes environ 2 heures après l’administration du méthylphénidate et sont environ 50 fois plus élevées que celles de la substance inchangée. La demi-vie de l’acide ritalinique est environ deux fois supérieure à celle du méthylphénidate. Le méthylphénidate est responsable de l’essentiel de l’activité thérapeutique. Néanmoins le parahydroxyméthylphénidate a une certaine activité pharmacologique.

Elimination

La demi-vie d’élimination plasmatique moyenne du méthylphénidate est de 2 heures. En 48 à 96 heures après administration orale, 78 à 97 % de la dose ingérée sont excrétés dans les urines et 1 à 3 % dans les fécès sous forme de métabolites. On ne retrouve que de très faibles quantités de méthylphénidate inchangé dans les urines (<1 %), l’acide ritalinique constituant 60 à 90 % des métabolites urinaires..

MÉCANISME D’ACTION

Action du méthylphénidate sur les catécholamines

Les mécanismes biochimiques qui sous-tendent l’action de stimulants au niveau du système nerveux central ne sont pas encore totalement élucidés . Le méthylphénidate agirait en augmentant la biodisponibilité des neuromédiateurs catécholaminergiques au niveau de leur site d’action post-synaptique en associant :
- une augmentation de leur libération dans la fente synaptique ,
- une inhibition de leur catabolisme par action sur la monoamine oxydase ,
- une diminution de leur recapture .
L’action principale du méthylphénidate serait une augmentation de la concentration synaptique en dopamine par blocage des transporteurs de dopamine .

Action du MPH sur le flux sanguin cérébral

Lou et ses collaborateurs ont étudié le flux sanguin régional cérébral à l’aide de la technique des tomographies par émission au Xénon 133 radioactif. Ils ont émis l’hypothèse que le flux sanguin régional cérébral était corrélé avec le métabolisme énergétique local et donc l’activité cérébrale. Ils ont constaté au départ, sans traitement, que chez les enfants THADA, il existait une hypoperfusion des régions striatales et une hyperperfusion des régions corticales sensorielles et sensitivo-motrices primaires. En fait, le méthylphénidate modifie la distribution du flux sanguin en augmentant le débit sanguin dans les régions striatales et périventriculaires postérieures et en le diminuant dans les régions sensorielles primaires . Le méthylphénidate tend donc à normaliser la distribution pathologique du flux sanguin cérébral chez les enfants THADA ce qui aurait pour conséquence une augmentation des capacités de concentration et d’attention et une diminution de l’hyperactivité motrice.

INDICATIONS

Trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité

Le THADA se caractérise essentiellement par une inattention, une impulsivité et une hyperactivité motrice anormales pour le niveau de développement et responsables de difficultés scolaires, souvent à l’origine de la consultation. S’y ajoutent souvent une labilité de l’humeur avec intolérance à la frustration et une irritabilité à l’origine de difficultés relationnelles pouvant aboutir à l’exclusion de l’enfant de la part de ses camarades, des enseignants, voire de sa famille. La prévalence du THADA est estimée entre 3 % et 5 % de la population d’âge scolaire aux États-Unis [11,46], soit un total de 3,5 millions enfants américains . Le THADA prédomine nettement dans le sexe masculin avec un sex-ratio allant de 3 à 9 garçons pour une fille [9,49]. On estime approximativement à 2,8 % (soit 1,5 millions) le nombre d’américains âgés de 5 à 18 ans qui ont reçu ce médicament à la mi-1995 . En France, l’estimation de la prévalence est très difficile et le laboratoire commercialisant Ritaline . n’a pas pu nous répondre quant au nombre d’enfants traités par ce produit. L’efficacité globale du traitement pharmacologique du THADA, au moins à court terme, a été considérée comme indiscutable dès la fin des années 1970. Le pourcentage d’amélioration sous méthylphénidate est significativement supérieur à celui obtenu sous placebo . En 1997, selon Gillberg, dans une étude randomisée en double aveugle versus placebo, le taux de réponse aux traitements psychostimulants varie de 70 à 96 % des cas avec des effets secondaires généralement bénins et dose-dépendants . Longtemps qualifié de « paradoxal », le bénéfice thérapeutique apporté par le méthylphénidate chez les enfants THADA n’est plus décrit comme tel : en effet l’augmentation de la vigilance induite par le méthylphénidate entraînerait chez ces enfants un meilleur contrôle de leurs décharges motrices.
Schématiquement, le méthylphénidate a une action sur chacun des trois symptômes principaux du THADA : il réduit le niveau d’activité et permet une activité plus dirigée et productive, il améliore le contrôle des impulsions et il augmente les capacités d’attention. Par ailleurs, il augmente les capacités d’apprentissage, ainsi que les performances scolaires et il facilite les interactions sociales. Néanmoins, le traitement médicamenteux ne doit pas être prescrit seul. En effet, les traitements adjuvants tels que la psychomotricité, la psychothérapie et les différentes stratégies éducatives sont indispensables pour compléter l’effet de cette chimiothérapie et prendre en charge dans sa globalité cette maladie.

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EFFICACITÉ DU METHYLPHENIDATE DANS LE TRAITEMENT DU THADA.

sur les symptômes cardinaux du THADA

Hyperactivité

L’efficacité du méthylphénidate sur l’hyperactivité est dose-dépendante ; décelable dès 0,15 mg/kg, elle augmente linéairement et est maximale à 1 mg/kg . En permettant une meilleure modulation du niveau d’activité de l’enfant, le méthylphénidate améliore la conduite en classe : il atténue les comportements bruyants et les activités non dirigées. Il en résulte un meilleur contrôle de la motricité fine, visible notamment au niveau de la graphomotricité.

Impulsivité

Le méthylphénidate améliore ce symptôme et aide l’enfant hyperactif à organiser ses réponses. Greenberg montre une nette amélioration de l’impulsivité chez les enfants avec THADA, grâce à un test qui contrôle l’impulsivité et les troubles attentionnels à partir de réponses données à des stimuli visuels émis à des fréquences régulières ou aléatoires. Le rapport de dose-dépendance linéaire concerne aussi le symptôme d’impulsivité : les plus fortes doses donnant la plus grande amélioration [.

Troubles de l’attention et mémoire à court terme

Le médicament améliore la capacité de ces enfants à soutenir leur attention et à se concentrer . De plus, il renforce la mémoire à court terme. Par contre, si ces améliorations sont présentes à faible posologie (0,3 mg/kg), à forte dose (1 mg/kg) elles peuvent être moins nettes (pour l’attention) voire inexistantes (pour la mémoire à court terme) : leur évolution fonction des doses n’étant pas ainsi superposable à celle des deux symptômes vus précédemment.

Conséquences directes

Apprentissage et réussite scolaire

Le THADA de l’enfant s’accompagne fréquemment à des degrés variables de troubles de l’acquisition du langage, de la lecture, de l’orthographe et du calcul, lesquels favorisent la survenue d’un retard scolaire. La diminution du comportement hyperactif et l’amélioration des capacités de concentration et d’attention rendent naturellement l’enfant plus accessible à l’enseignement et permettent l’apprentissage. Néanmoins ses conséquences sur la réussite scolaire restent très discutées : en effet, si le méthylphénidate a prouvé son efficacité sur l’amélioration de plusieurs aspects de la scolarité (productivité en classe, capacité d’investissement, amélioration de la précision de l’expression et de l’orthographe), les avis concernant ses effets à moyen et long termes sur la réussite scolaire restent partagés .
Globalement, les progrès constatés ne sont pas négligeables, étant donné le handicap créé ultérieurement par l’absence de bases solides au cours des apprentissages fondamentaux normalement acquis dans les premières classes d’école primaire.

Intégration sociale

Le méthylphénidate, par le biais de la diminution des conduites anti-sociales, va améliorer les principales interrelations de la vie de l’enfant hyperkinétique :

- envers ses camarades (de classe et de jeux) : Whalen et Henker montrent une attitude positive et moins oppositionnelle, les relations entre les enfants s’en trouvant
améliorées,
- envers ses enseignants : la nette amélioration du comportement en classe rend les enseignants plus souples et moins directifs envers ces enfants,
- enfin les relations parents-enfants et plus particulièrement mère-enfant connaissent sous Ritaline . une amélioration. Les mères de ces enfants seraient plus détendues,
moins directives et critiques, du fait de l’amélioration parallèle de leur enfant.

Efficacité en cas de comorbidité

Le THADA peut être associé à divers troubles dont il faut tenir compte lors de la prescription du méthylphénidate. Selon de récentes études, le méthylphénidate pourrait être efficace sur certains cas de THADA associés avec : troubles des conduites et du comportement , désordres neurologiques , épilepsie ou retards mentaux.
Les études concernant les enfants THADA avec troubles anxieux associés sont contradictoires : certaines évoquent une mauvaise aptitude à répondre au traitement par méthylphénidate,alors que d’autres montrent que la comorbidité anxieuse n’influence pas la réponse et le développement d’effets secondaires sous méthylphénidate . Les antécédents personnels et/ou familiaux de tics moteurs sont officiellement une contre-indication au méthylphénidate mais selon de récentes études, le méthylphénidate entraînerait une amélioration clinique des troubles hyperkinétiques sans aggravation des tics .
En fait il n’y a pas de véritable consensus sur l’utilisation de méthylphénidate en cas de comorbidité. Pour certains, le méthylphénidate est efficace et sans danger, pour d’autres la prudence reste de mise compte tenu de la grande variabilité des troubles associés et des variabilités individuelles de réponse au méthylphénidate.

Efficacité à long terme

Le bilan thérapeutique à court et moyen terme est rassurant, avec des gains substantiels sur le plan scolaire, familial et social, mais des inconnues subsistent et les avis divergent concernant le devenir des enfants traités. Il semble que le traitement par stimulants dans l’enfance ne puisse pas assurer à lui seul un devenir toujours favorable à l’adolescence pour les enfants hyperactifs . L’intégration professionnelle ne serait pas influencée, contrairement à l’intégration sociale et au développement de la personnalité qui seraient améliorés chez les hyperactifs préalablement traités par méthylphénidate.

MODALITÉS D’UTILISATION

Il n’y a pas de posologie standard, celle-ci doit être adaptée aux besoins et à la sensibilité de chaque enfant. Cependant de nombreuses études existent et sont relativement concordantes. Un effet significatif sur le comportement est détecté dès 0,3 mg/kg/j, avec une amélioration linéaire jusqu’à 1 mg/kg/j. Au-delà, il semble exister un effet délétère sur l’apprentissage. Cette dissociation entre l’effet sur le comportement et l’effet sur les fonctions cognitives fait que la dose conseillée est de 0,3 à 1 mg/kg/j. Cette fourchette de doses permet globalement, sous réserve d’adaptation individuelle systématique, d’optimiser les performances cognitives, scolaires et comportementales . En pratique, il est conseillé de commencer le traitement par des doses orales faibles, soit un demi comprimé à 10 mg 2 fois par jour (le matin et lors du repas du midi) et d’augmenter graduellement cette dose quotidienne de 5 à 10 mg par semaine jusqu’à atteindre le bénéfice thérapeutique escompté sans jamais dépasser 60 mg/j. Il est préférable d’éviter l’administration de méthylphénidate après 16 heures, en raison du risque de troubles d’induction du sommeil. Toutefois chez certains enfants victimes d’insomnie à cause d’une hyperactivité croissante (l’effet du médicament diminuant dans la soirée), on peut avoir recours à une prise supplémentaire en fin de journée.
Le traitement sera prescrit tous les jours de classe et interrompu les jours de repos (mercredis et/ou samedis, week-ends, vacances scolaires). Il existe différentes raisons à ces fenêtres thérapeutiques :
- éviter l’accoutumance au médicament. L’abus chronique de méthylphénidate peut entraîner une accoutumance marquée et une dépendance psychique. Cette notion certes vérifiée avec les amphétamines semble moins évidente avec le méthylphénidate ; chaque prescripteur s’entoure de précautions mais aucune publication n’en fait réellement état dans le cadre d’une utilisation normale.
- limiter les effets sur la croissance de l’enfant. Plusieurs études rapportent un retard de croissance des enfants pendant leur traitement : celui-ci est réversible à l’arrêt du traitement. Une diminution de la sécrétion d’hormone de croissance est invoquée, mais elle ne semble apparaître que pour des doses supérieures à 1 mg/kg/jour. Les cliniciens notent après deux mois d’arrêt du méthylphénidate un retour à une courbe de croissance normale.
Du fait du délai d’action court, on peut rapidement juger de l’effet du méthylphénidate. Si aucun effet n’est obtenu après un mois de traitement bien suivi, la médication doit être interrompue. Le méthylphénidate pourra être prescrit tant que ses effets apportent une réelle amélioration, jusqu’à l’adolescence en général.

TOLÉRANCE

Le méthylphénidate est en général bien toléré ; ses effets secondaires sont, le plus souvent, mineurs, transitoires et rencontrés pour des posologies élevées. Ils disparaissent le plus souvent spontanément après quelques semaines de traitement, ou après diminution des posologies. Ils peuvent néanmoins, dans certains cas, conduire à l’arrêt du traitement. Les troubles du sommeil, la perte d’appétit et l’anxiété sont les effets secondaires les plus fréquemment rencontrés.

Effets indésirables à court terme

Effets sur le système nerveux central et périphérique

L’insomnie est très fréquente, elle se produit en début de traitement. Pour la contrôler, il suffit en général de réduire la dose et de ne pas administrer les comprimés l’après-midi ou le soir. Cependant, selon Kent, une troisième prise de méthylphénidate à 16 heures peut être prescrite chez des enfants dont les troubles comportementaux persistent dans la soirée, sans que le délai d’endormissement ne soit modifié . Il existe un effet possible du méthylphénidate sur l’humeur de l’enfant avec la possibilité d’instabilité thymique et d’irritabilité sous traitement. Des céphalées sont présentes chez un enfant sur quatre. Il a été fait mention de somnolence, vertiges et dyskinésies occasionnels et, plus rarement, de difficultés d’accommodation avec flou visuel. Des cas isolés de convulsions, de crampes musculaires, de mouvements choréo-athétosiques, de tics ou d’exacerbations de tics, de psychose toxique (parfois accompagnée d’hallucinations) ont été rapportés. Lipkin en suivant 122 enfants avec THADA traités par Ritaline . a observé chez 9 % d’entre-eux l’apparition de tics ou de dyskinésies le plus souvent transitoires. Même si le taux est relativement faible, 1 % des enfants étudiés développera quand même des tics chroniques ou un syndrome de Gilles de la Tourette et ceci indépendamment d’antécédents familiaux ou d’erreurs de surdosage médicamenteux. Le méthylphénidate se voit donc contre-indiqué lorsque’il existe des antécédents personnels et/ou familiaux de tics moteurs ou de maladie de Gilles de la Bourrée. Une récente étude n’a pas mis en évidence de différence significative dans la production de tics chez des enfants (avec ou sans tics préexistants) traités par méthylphénidate ou placebo.

Effets digestifs

La perte d’appétit est un effet indésirable très fréquent mais il est transitoire et tend à disparaître pendant les premières semaines de traitement. Il a été fait mention de sécheresse buccale, douleurs abdominales, nausées et vomissements occasionnels ; ils sont plus fréquents en début de traitement et en règle générale, transitoires.

Effets cardio-vasculaires

Des effets cardio-vasculaires ont été également rapportés : variations de la pression artérielle diastolique et systolique (dans le sens d’une légère augmentation), tachycardie, palpitations et arythmies. Ces effets sont transitoires.

Réactions cutanées et réactions d’hypersensibilité

Des cas d’éruption cutanée, de prurit, d’urticaire, d’atteinte des phanères et plus rarement de poussées de fièvre et d’arthralgies ont été signalés. Dans quelques cas isolés, on a rencontré un purpura thrombopénique, une dermatite exfoliatrice, un érythème polymorphe.

Réactions hématologiques

Quelques cas isolés de leucopénie, thrombopénie ou anémie ont été mentionnés.

Effets indésirables à moyen et long termes

Effet sur la croissance

Klein décrit la réduction de la croissance pondérale et staturale, comme le principal effet secondaire à long terme du méthylphénidate [30]. Cet effet, variable selon les individus, apparaîtrait pour des doses supérieures à 20 mg par jour. Le mécanisme en cause n’est pas encore connu. Ont été successivement incriminées une action directe sur l’hormone de croissance, infirmée en 1997 par Toren et une action sur la prolactine. Il semble établi que le méthylphénidate n’influence pas la taille définitive même si la vitesse de croissance est effectivement ralentie en période de traitement ; l’arrêt du traitement en fin de semaine et pendant les vacances scolaires chez des enfants prépubères est associé à une croissance compensatrice avec normalisation de la taille qui n’est par conséquent pas comprise en fin d’adolescence. Même si le risque de diminution de la taille définitive ne semble pas être à prendre en compte, il n’en reste pas moins un facteur d’inquiétude, notamment pour les parents.

Toxicomanie

Si l’abus chronique de méthylphénidate chez l’adolescent peut entraîner une accoutumance marquée et une dépendance psychique liées à sa parenté avec les amphétamines, aucune pharmacodépendance n’a été rapportée chez l’enfant. Le problème de la toxicomanie, lors du passage à l’adolescence, semble plutôt lié à la coexistence fréquente de troubles des conduites. Par ailleurs, les patients traités par psychostimulants pour une hyperactivité ne paraissent pas plus enclins à une toxicomanie que les hyperactifs non traités par stimulants. Le THADA est en lui-même un facteur de risque. Des chercheurs américains ont récemment comparé la pharmacocinétique et la distribution dans le cerveau humain du méthylphénidate et de la cocaïne. Si ces deux substances ont la même affinité pour les transporteurs de la dopamine, il existe une différence fondamentale au niveau de leur pharmacocinétique cérébrale. La cocaïne entraînent des changements rapides de concentrations synaptiques en dopamine ce qui facilite ses administrations répétitives alors que la clairance du méthylphénidate dans le cerveau est beaucoup plus lente que la cocaïne. La persistance du méthylphénidate dans le cerveau expliquerait le faible taux de toxicomanie au méthylphénidate par rapport à la cocaïne [53].

CONTRE-INDICATIONS

Le méthylphénidate est contre-indiqué en cas de manifestations d’angoisse ou de manifestations psychotiques (car ce produit est susceptible d’augmenter l’intensité de ces symptômes). Ce médicament est contre-indiqué si l’enfant présente des tics moteurs, si ses frères et soeurs en présentent, s’il y a eu des antécédents familiaux de tics moteurs ou un diagnostic de maladie de Gilles de la Tourette dans la famille. L’action sympathomimétique du méthylphénidate peut aggraver un glaucome. Ce produit est donc contre-indiqué dans ce cas. Il est de même contre-indiqué en cas d’hyperthyroïdie, d’affections cardio-vasculaires sévères, chez l’enfant de moins de six ans (la sécurité et l’efficacité n’ayant pas été établies dans cette tranche d’âge) et chez les jeunes filles en âge de procréer. Il ne doit pas être administré pendant la grossesse et l’allaitement. Selon les données de sécurité pré-cliniques, il est vraisemblablement sans effet sur la fertilité, mais le potentiel tératogène n’a pas été clairement établi. Le méthylphénidate ne doit pas être utilisé en cas d’hypersensibilité aux amphétaminiques.

CONCLUSION

Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité est une pathologie relativement fréquente chez l’enfant et peut engendrer de sévères problèmes scolaires, sociaux ou professionnels si aucune prise en charge n’est réalisée.Parmi les traitements médicamenteux, le méthylphénidate constitue le traitement de choix. Outre son activité directe sur les principaux symptômes du THADA (inattention, hyperactivité et comportement impulsif), la médication se révèle également efficace pour améliorer le comportement social ainsi que les performances scolaires. Les effets indésirables sont pour la plupart mineurs et réversibles à l’arrêt du traitement. Même si le mystère de son mécanisme d’action n’est pas totalement élucidé, tout danger de son utilisation à long terme chez l’enfant semble écarté. Si son efficacité ne fait plus de doute à court terme, un doute subsiste toujours quant à sa réelle efficacité à long terme. Le méthylphénidate ne sera prescrit:
- que si l’enfant présente des troubles sévères qui le handicapent dans sa vie de tous les jours,
- qu’avec le consentement des parents et de l’intéressé,
- qu’après un bilan clinique neuropédiatrique et neuropsychologique..

La Ritaline est un stupéfiant, disponible en pharmacie de ville et nécessitant une prescription initiale hospitalière annuelle, réservée aux spécialistes et/ou aux services spécialisés en neurologie, psychiatrie et pédiatrie.

source : http://www.google.fr/search?q=cache:P7uXsKYuYvA:ispb.univ-lyon1.fr/lyon-pharma/LYON1-01/PDF/revue.pdf+&hl=fr

 

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