TÉMOIGNAGES

Témoignage d’une maman tardivement diagnostiquée THADA

Liste des témoignages

Aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours eu un mal être et j’étais rejetée des autres.
A l’école victime de toutes les moqueries, considérée comme débile et nulle, je suis restée le souffre douleurs des autres enfants jusqu’en 6 ième, où là je me faisais carrément taper dessus.

A la maison, mes parents ne comprenaient pas mes difficultés scolaires et encore moins mon comportement.
Je me rappelle parfaitement que le médecin de famille, disait que j’avais un sale caractère, aucune volonté et qu’il n’y pouvait rien.
Mon père ma toujours reproché d’être nulle et différente, ma mère disait que je faisais que des châteaux en Espagne, que je m’intéressais qu’au luxe.
Moi j’aimais l’art, les belles choses, et je lisais énormément sur tout. C’était la façon que j’avais trouvée de m’évader de ce monde ou j’étais la nulle de service qui ratait tout.

J’ai toujours appris mes leçons et fais mes devoirs, sans que rien ne rentre et je n’avais aucune aide. La plupart des enseignants ou profs que j’ai eu au fil des années m’ont toujours rejetée et souvent insultée.
A l’adolescence, mon mal être n’a fait qu’empirer, je me suis mise a fumer et a traîner avec des voyous, je me suis souvent prise des bonnes cuites.
Au moins j’avais enfin des amis, je faisais partie d’un groupe et ma scolarité était de toute façon au point mort, on m’a mise dans un circuit voie de garage puis en CAP de vente ce que je détestais, moi j’ai toujours voulu être médecin, le reste ne m’intéressait pas du tout.
Je voulais faire des études, apprendre un maximum des choses, cette chance m’a était enlevée dès l’entrée au collège, car avec un CM2 avec 12/20 de moyenne, le directeur a estimé que je devais aller en 6 ième allégée, cela m’a coulé illico, je me suis retrouvée dans une classe d’élève en grandes difficultés, certains mentalement très déséquilibrés.
Le niveau de la classe étant très faible et les cours ennuyeux, je n’ai pu que subir ce sort.

Je me suis intéressée à la psychologie vers 16 ans, et à partir de là j’ai toujours essayé de comprendre ce qui ne collait pas chez moi.

J’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari a 17 ans, cela m’a coupé de mes anciens amis, et étant déscolarisée j’ai passé la majorité de mon temps à lire et à déprimer, tout en sortant le WE en boite ou autres.

Je n’ai jamais eu l’aide des médecins, qui n’ont fait que me donner des calmants divers, en disant a mes parents que je n’avais pas de volonté, et toujours mauvais caractère.

Je suis partie de chez mes parents a 18 ans pour vivre avec mon copain, j’ai travaillé 3 mois comme caissière dans une grande surface et cela fut un échec épouvantable pour moi, je ne faisais que des erreurs, d’un jour à l’autre je ne savais même plus me servir de la caisse enregistreuse, je ne supportais pas les remarques désagréables des clients, je ne pouvais accepter d’être insultée juste parce que j’était une débutante.

Je me suis mariée a 19 ans, et je n’ai jamais été d’une réelle efficacité dans mon appartement, c’était le bordel et je ne m’en sortais pas vraiment dans le ménage, mais mon mari ayant des horaires cool on faisait tout ensemble.

Notre fille est née 2 ans après, et c’était un adorable bébé qui ne posait pas de problème.
J’ai continué d’avoir du mal à gérer la maison, les repas et ce n’était pas toujours facile de faire face aux besoins de ce bébé, j’avais des moments de déprime mais j’étais très entourée par la famille et beaucoup d’amis.

Notre deuxième enfant est né 2 ans après, et là tout est devenu vraiment compliqué puisque bébé était très difficile, il m’a épuisée moralement et physiquement.

Tout l’entourage me critiquait, j’étais encore la nulle incapable de bien entretenir sa maison et de s’occuper des enfants.

Malgré les difficultés et les nombreuses catastrophes dans notre vie, nous avons fait un petit troisième 7 ans après le N° 2.

Là ce fut un grand bonheur, un bébé adorable et tellement simple. Notre vie au quotidien était tout de même très perturbée par notre N°2, ayant d’importants troubles du comportement malgré une prise en charge qui ne changeait rien, j’ai passé beaucoup de temps en déprime et je ne supportais plus d’être rejetée de partout.
Je me suis mise à lire tout ce que je trouvais sur la psychologie de l’enfant, sur des méthodes d’éducation et je continuais ma recherche pour me comprendre. Je me suis reconstruite et je me suis fait moi-même ma psychothérapie puisque aucun médecin n’a voulut m’aider et me comprendre.

J’ai dépassé des tas de blocages, et j’ai commencé a vraiment me sentir mieux à 35ans et j’ai continué de progresser mais il restait de nombreuses choses que je m’expliquais pas. Et pour les enfants rien n’était simple, l’aînée qui malgré un travail acharné se retrouvait en difficulté scolaire, mon N°2 en institut sans aucune évolution et le petit dernier en CP avec des difficultés lui aussi ainsi que de plus en plus de rejet de la part de ses camarades.

Je crois bien que j’en serais a ce stade sans de réelle solution, si mes 38 ans juste passé, une aînée de 17 ans en grande difficulté scolaire alors qu’elle voulait vraiment réussir, le N° 2 ayant atterrit en famille d’accueil spécialisée 1an ½ au avant et en souffrance morale et le petit dernier en difficulté dès les premières semaines de CE2 et pas toléré par l’enseignante.
Il fallait que quelque chose bouge, j’était hyper mal, je n’arrivais plus a rien.
C’est un magazine fin sept 01 qui m’a ouvert la porte de la solution, tout au moins la porte d’un site sur l’hyperactivité ou j’ai en quelques heures de visite trouver toutes les réponses à mes questions, là d’un coup tout ce que je ne m’expliquais pas chez moi mais aussi chez mes enfants, était clairement écrit et j’ai pu mettre un nom sur notre différence : THADA

Pourtant hyperactivité, je connaissais et j’en avais parler aux nombreux médecins qui suivaient mon N° 2 depuis 8 ans et qui m’avaient clairement dit que « l’hyperactivité était un truc d’américain et que le problème de mon fils, c’était moi »

Jamais la piste neurologique ne m’a été indiquée, ni pour mon fils, ni pour moi.

Je n’étais certes pas au bout de mes peines, mais en visitant le forum de Pascale, j’ai compris le plus important : je n’étais pas seule au monde avec mes problèmes de fonctionnement, mes enfants en difficultés et mes différences.

A partir de là, j’ai été guidée vers un médecin et conseiller pour mieux vivre avec les troubles. J’ai eu des passages difficiles, j’ai du admettre en premier que je venais de passer plus de 38 ans, concernée par des troubles neurologique sans le savoir et sans jamais avoir eu de l’aide, j’en ai payé le prix fort puisque je n’est pas pu faire d’études et que je ne serai jamais médecin mais en plus les enfants ont fait les frais de tout mon mal être.
Au moins en agissant vite et bien, mes enfants eux pouvaient être aideés, avant qu’il ne soit trop tard.

Et surtout mon N° 2 allait pouvoir, en étant diagnostiqué et médicamenté, revenir vivre chez nous même si pour cela nous devions passé par une bagarre juridique.

Nous avons étés diagnostiqués en février (l’aînée en mai), et médicamentés en mars (l’aînée en juin).

Notre vie a changée, notre quotidien plus simple agrémenté de bulletins scolaires avec des notes en hausses.

Moi la nulle, déprimée, sans volonté, moi qui ratait tout, qui commençait tout sans jamais finir, moi qui n’a pu faire « médecine », j’ai repris confiance en moi grâce aux amis (ies) rencontrés sur le forums, j’ai repris en main l’avenir de mon N°2 qui vit maintenant avec nous avec le sourire et le projet de faire des longues études, j’ai sur-motivité les enfants, je leur ais appris à apprivoisé leurs troubles, je leur ai transmis ma confiance pour qu’ils réussissent à croire en eux.

Passionnée par la médecine, j’étudie les troubles pour mieux comprendre, mieux expliquer, mieux informer et mieux gérer.

Complètement interpellée par le déficit d’attention et les conséquences qui peuvent être graves en sous-estimant ce trouble qui n’est que trop caché par « l’hyperactivité elle étant très voyante ».
Moi j’ai choisi de faire avec la ritaline pour les enfants et moi-même, car au-delà d’être moins impulsif et de pouvoir se concentrer, cela nous permet d’avoir une meilleure mémoire, et surtout d’éviter les nombreux accidents dûs a cette « attention » qui se défile sans prévenir, sans que l’on s’en aperçoive. En début de traitement vous n’imaginez pas comme j’ai apprécié de ne plus me cogner partout, et de ne plus voir les enfants se percuter plusieurs fois par jour dans la maison.

Et qu’elle joie de pouvoir parler sans emballement et de bien comprendre une conversation dans son intégralité. Et au fil des semaines que de surprises inattendues, suppression des maux de tête, plus de sensation de malaise, plus besoin de ma dizaine de café et de doliprane/ jour. Plus de lumières allumées en continu, des activités qui s’enchaînent et surtout qui se terminent.

Une conduite en voiture tellement simplifiée et tellement moins dangereuse, je perçois mieux les distances, je n’ai plus besoin de partir une heure à l’avance, je réagis plus vite et mon attention n’est que sur la route. Comment peut-on sous estimer à ce point le diagnostic attentionnel, alors qu’une bonne attention est aussi importante.

Aujourd’hui je me sens bien avec un cerveau qui fonctionne dans le bon sens, cela me permet d’avoir des projets ce qui ne m’était jamais arrivé. Cela me permet d’accomplir mon travail au bureau pour l’entreprise de mon mari, sans faire des grosses erreurs, de ne plus perdre des heures à chercher un papier égaré. J’écoute mieux les demandes des enfants, je peux les aider pour leurs devoirs sans agacement, et eux me comprennent du premiers coup, plus besoin de répéter 10 fois ou +.

Ma tête s’en trouve être reposée, je n’ai plus cette fatigue mentale comme avant, ni d’ailleurs cette horrible impression de cerveau engourdi. Ce n’est pour moi que le début d’un long parcours, tout n’est pas évident, il faut continuer d’apprendre à toujours mieux gérer d’autant que la ritaline ce n’est pas 24H/24H, alors que les troubles eux sont là tout le temps.

Donc le matin, je continue d’avoir beaucoup de mal a me lever et ce n’est pas rare que le bol de déjeuner se renverse, que le lait se verse à coté du bol, ou que je sois là à rêvasser devant une tartine en attente d’être croquée. Avec les enfants idem, tout ne va pas toujours dans le bon sens, et il reste des emportements, des gestes impulsifs, des inattentions qui fâchent. Mais, comparé au début d’année sans traitement, c’est au moins 80% de complications chaque jour en moins. Alors pour moi cela s’appelle le bonheur, c’est un avenir pour notre famille sous le signe du progrès et de la réussite des enfants, pour la première fois de ma vie j’ai de l’espoir et j’ai envie de profiter de chaque minute après avoir perdu 38 ans de rejet, de mal être.

Mais cela reste regrettable d’avoir passé tant d’année sans qu’un seul médecin soit capable de poser un diagnostique d’autant que ce soit pour les enfants ou moi-même, sur plusieurs années on a vu un certain nombre dont des spécialistes pour enfants.

Je n’ai pas mon diplôme de toubib, mais moi j’ai trouvé alors qu’eux avec leurs années d’études non jamais étés capables de proposer des tests qui correspondaient à nos déficits, pire ils ont nié se bornant à me rendre responsable.

Alors que si on avait seulement gagné quelques années pour être pris en charge, nôtre vie en aurait étée vraiment meilleure.

Je finirai en disant que cela vaut vraiment le coup de se battre, et de se faire confiance même quand les autres vous font douter.

Merci a ceux qui m’ont soutenue et aidée.

J’ai choisi de me battre pour changer notre destin, pour que nos enfants puissent réussir leur avenir avec leurs différences.

Une maman en colère

 

Les devises en France :

Pourquoi être tout simplement en difficulté, quand avec l’aide de professionnel vous pourriez être carrément en souffrance.

Pourquoi prendre un médicament qui aide, alors que sans votre vie est un enfer.

Pourquoi faire des tests pour établir un diagnostique, puisque de toute façon les pros savent de suite que vous êtes de mauvais parents et que un diagnostique ne changera rien.

Pourquoi donné de la ritaline a un enfant, alors que sans il est détestable et que l’entourage est ravi de pouvoir vous critiquer.

Pourquoi prescrire un médicament efficace alors que sans, vous remplissez les salles d’attentes des détracteurs.

Pourquoi vouloir a tout pris être accepté avec vos différences, alors que l’entourage a tellement de plaisir à vous rejeter.


 

 

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