|
Romain
était le troisième d'une famille de 6 enfants.
Jusqu'à 1 an, c'était un enfant sage qui se laissait vivre.
Les choses ont commencé à devenir plus difficile lorsqu'il
a atteint l'âge d'un an.
A 2 ans, Romain est rentré en classe et la situation c'est très
vite dégradée puisque 6 mois après sa scolarisation,
il fut déjà renvoyé de l'école.
En tout avec Romain, nous avons côtoyé 14 écoles,
public, privé, en France comme en Belgique.
Entre le psychologue, le pédopsychiatre, l'orthophoniste et le
neuropédiatre, il restait peu de temps pour le reste.
Romain a été diagnostiqué Hyperactif à l'age
de 6 ans.
Pendant 5 ans il a été traité sous ritaline, malheureusement,
il supportait très mal le traitement, perte d'appétit, perte
du sommeil, et surtout une impression grandissante d'être différent
des autres.
De plus, l'état second dans lequel il se trouvait après
la prise de ritaline l'insupportait au plus haut point.
Romain était un enfant plein de vie, affectueux et qui avait un
grand besoin d'amour. Malheureusement il était tellement épuisant
qu'il n'y avait plus beaucoup de place pour les câlins.
Ce qui était le plus dur à vivre c'était le sentiment
que nous avions parfois à ne plus savoir le supporter.
Dans ces moments là, effectivement nous nous sentions seuls, et
nous étions dans l'incapacité d'en parler de peur d'être
jugés parents indignes.
Très vite la famille nous a demandé de placer Romain dans
un établissement pour enfants caractériels ou "débiles",
en fait Romain dérangeait par son instabilité.
A 14 ans, après s'être fait renvoyer du collège, où
il fut enfermé dans un placard, car trop perturbant pour la classe,
s'être fait battu par l'ensemble des élèves, sous
l'il du principal, pour lui "prouver que les autres pouvaient
faire preuve également d'agacement", nous l'avons inscrit
dans un établissement, non reconnu par l'éducation nationale,
qui fonctionnait sur les bases du scoutisme. Ce fut le seul établissement
qui accepta Romain. 6 mois plus tard, nous avons retrouvé Romain
pendu à l'école.
Aujourd'hui, l'impression qu'il nous reste est de ne pas avoir fait le
nécessaire pour lui, ne pas l'avoir compris, et surtout de l'avoir
abandonné en l'inscrivant dans cet établissement qui fonctionnait
en internat.
Peut être que si l'hyperactivité avait été
mieux connu par le s enseignants, il n'aurait pas souffert autant de son
échec scolaire, et nous aurions pu essayer de reprendre le dialogue
avec lui.
A l'heure actuelle, il nous reste qu'un grand vide et une envie effroyable
de faire bouger les institutions, et de dire aux parents "vous n'êtes
plus seuls, oser parler" .
Il faut instaurer un programme avec les enfants et les parents qui soit
coordonnées, afin que les différents intervenants travaille
dans la complémentarité et non de manière individuelle.
Cordialement Isabelle

|