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DORIS - 37 ans
C'est en regardant une émission sur les troubles du comportements ou j' ai vu une famille dont chaque membre est atteint de TDA/H que j'ai eu comme une révélation !!!!
Je me suis vraiment reconnue dans ce témoignage, peut-être était-ce enfin la réponse à toutes mes questions, mes interrogations, mes errances , mes frustrations..
Toutes ces heures passées à réfléchir, à me torturer l'esprit à me demander pourquoi je me sens si différente.
Aujourd'hui j'ai 37 ans, je suis mariée et maman d'un gamin de 10 ans .
On m'a tout trouvé : dépression ,cyclothymie, bipolarité , maniaco-dépression, hyper-émotivité ...la totale , mais jamais le TDA/H et pourtant je m' y retrouve tellement dans les témoignages divers que l'on peut trouver concernant ce trouble.
Bien évidement , les ennuis ont commencé à l'école ou en famille, je me suis toujours sentie rejetée, "à part", on m'appelait "la nunuche" car je n'osais rien , j'étais complexée et angoissée . Je rentrais en pleurant à la maison...je vivais dans ma bulle , les profs me demandaient tout le temps "il y a des éléphants roses dans la cour " ?
Fille unique mes parents me disaient capricieuse, nerveuse, sensible etc ...je passais mon temps à leur dire que je m'ennuyais, j'ai consacré tout mon temps d'enfant seule devant la télé .
Vers l'age de 11 ans j'ai commencé à faire des hallucinations( bourdonnement dans ma tête) lorsque je devais me concentrer sur les maths, je cassais tous mes crayons , je mordillais tout ce que j'avais sous la main, j'étais angoissée.
J'ai toujours eu des difficultés à intégrer la matière, je n'ai jamais eu de "méthode" pour étudier.Je me rappelle que ça ne "rentrait" que lorsque j'étais en mouvement !
Mes parents n'ont pas voulu voir mes problèmes ...sans doute qu'à cette époque, c'était tabou ! En plus ils étaient enseignants ....mais points n'étaient pas trop mauvais .
Je faisais semblant d'étudier pour rassurer mes parents, mais je restais couchée dans ma chambre à rêvasser...
Mes difficultés scolaires essaient plutôt ciblées sur les matière scientifiques , pas moyen de calculer normalement et cela me handicape encore maintenant ...par contre je suis très littéraire , je peux pondre des textes en un rien de temps !
A l'adolescence, j'ai choisis des études artistiques qui me permettait d'être plus "créative" ,de pouvoir être en mouvement, j'ai doublé deux années mais j'ai fini mes humanités, les profs m'appréciaient pour ma vivacité d'esprit et mon humour , nous étions "égaux" , je ne ressentais pas d'autorité de leur part, on se respectaient simplement.
J'ai eu une adolescence très pénible ( pour les autres !), j'étais " indomptable" et ma mère était dépassée, on a mis ce comportement sur le compte d'un divorce mal vécu.
Lorsque j'ai voulu entreprendre des études sup. , je me suis complètement plantée et j'ai très mal vécu cette période , vu que je n'arrivais pas à synthétiser les infos qui me parvenaient et que les cours se donnaient de manière "Ex cathedra" c'était vraiment trop pénible et lors des examens oraux j'étais complètement pétrifiée.
Je me suis alors décidée à travailler comme vendeuse, alors ont commencé la danse des boulots ,l'instabilité professionnelle et affective ...c'était la galère !!!!
Mes difficultés résidaient surtout dans le refus de l'autorité , je ne tenais pas en place, j'avais tjs des remarques sur mon comportement , ma "spontanéité " excessive , mon agressivité parfois que je qualifierais plus d'arrogance .
Très susceptible et extremement indépendante également, je refuse encore de suivre les consignes car j'estime que "peu importe la façon dont on s'y prends , tant que l'on y arrive c'est tout ce qui compte " ...
Les seuls jobs ou j'ai tenu le coup étaient ceux ou je travaillais seule.
Pas surprenant !!! ni maître ni esclave !
Dans ma vie affective , j'ai une certaine stabilité depuis 12 ans, souvent je doute , je me révolte mais mon mari est patient et calme.
Mon fils est aussi "agité " ...nous sommes en questionnement par rapport à lui , nous envisageons de le faire dignostiquer également.
Actuellement je suis en arrêt maladie ,le boulot ou je suis ne me convient pas du tout, ça se passe très mal pour toutes ces causes là ajoutées a un problème interne à la boite .
J'ai craqué ...j'avais choisis le social en me disant que ce serait plus "humain" je me suis bien trompée ...pffff
C'est alors que je me suis dis qu'il fallait comprendre ce qui se passe en moi .
Tous ces échecs me minent et je me culpabilise terriblement d'être en difficulté alors je suis depuis peu en démarche de diagnostique.
Je tiens à ajouter que lors du premier groupe de parole à l'association je me suis vraiment sentie permis "Les miens" et que ça m'a fait un bien fou.
Mes enthousiasmes me font peur et me fascinent à la fois car ils sont terriblement "porteurs" j'aime vivre dans l'intensité, l'urgence , la nécessité... sans doute est ce cela se sentir " Vivant " !!! Mes découragements ont hélas là même intensité...détruire est parfois tellement plus simple que de construire....
Peut-être qu'enfin je vais voir le bout du tunnel ...avec une médication et un soutien psychologique adaptés et surtout m'accepter telle que je suis aujourd'hui.
Merci de m'avoir lue
Courage et force à ceux qui se retrouvent dans mon témoignage
Doris
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