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Je suis
belge, j'ai 38 ans (nous sommes en décembre 2001), célibataire
et maman de deux ados Lou 13 ans et Léa 12 ans.
J'ai un travail qui me lait beaucoup et qui me permet d'être souvent
en contact avec des enfants.
Je suis dixit ma
maman née insupportable, aînée de 4 enfants j'ai été
à ce qu'il parait 100 fois plus épuisante à éduquer
que mes trois frères.
Heureusement comme
Papa était diplomate nous avons beaucoup voyagé.
Mes parents étaient et sont d'ailleurs toujours formidables.
J'étais insupportable mais maman n'a pas voulu croire une seule
minute que je le faisais exprès. J'ai donc eu une éducation
basée sur l'encouragement positif ce qui fait que je n'ai jamais
souffert de problème d'estime de moi.
Quand j'ai eu 10
ans j'ai été diagnostiquée hyperactive et mise sous
ritaline.
Maman appelle la
ritaline son ange gardien. En effet je me suis du jour au lendemain transformée
de monstre en enfant sage.
Puis est venue l'adolescence
et les problèmes de révolte vis à vis des parents
(même les plus géniaux). Eux vivaient à l'étranger,
moi je commencais mes études universitaires à Bruxelles.
J'ai décidé que j'étais mature et responsable et
que j'arrêtais de prendre la ritaline et que toute cette histoire
d'hyperactivité, déficit d'attention et impulsivité
n'était que connerie.
Après une années de ratée (au niveau scolaire mais
aussi au niveau sentimental et relationnel) malgré la meilleure
volonté du monde j'ai du reconnaître qu'il y avait un réel
problème.
En septembre j'ai eu une grande discussion avec les parents et j'ai commencé
une thérapie qui m'a permis d'admettre que je n'étais pas
parfaite et que oui j'avais une maladie et que hélas pour avoir
une vie correcte j'avais besoin d'un médicament.
Mon orgueil en a pris un coup mais la thérapeute était efficace
et j'ai donc recommencé la médication.
Avec les années le dosage a diminué de plus en plus et même
si j'ai encore toujours besoin de ritaline pour m'aider à faire
face à mon déficit d'attention, mon hyperactivité
et mon impulsivité je ne prend plus que 2 fois 5 mg par jour ce
qui est vraiment un dosage très faible mais qui est tout à
fait efficace dans mon cas.
C'est à l'université
que j'ai rencontré mon mari.
Homme génial et formidable et bien évidemment hyper comme
moi même si jamais diagnostiqué.
Nous avons eu deux filles qui dès la naissance dixit maman étaient
mon portrait tout craché.
J'ai mis dès le départ en place une éducation valorisante
pour les enfants et basée sur les encouragements tout en de faire
évoluer mes filles dans le cadre le plus structuré possible.
J'ai eu beau faire, la vie avec Lou et Léa était épuisante.
C'est maman qui m'a conseillé de consulter pour les filles (lorsque
Lou avait 5 ans) et avec raison.
Entretemps mon mari était mort dans un accident de voiture et je
me retrouvais toute seule pour élever mes deux filles.
Heureusement que
j'ai toujours pu compter sur mes parents et plus particulièrement
sur maman.
Je ne sais pas comment j'aurais pu tenir le coup sans elle.
J'ai la chance d'avoir une famille formidable mais aussi une famille qui
connaît le problème du TDA/H depuis plus de 20 ans. Je pense
que cela aide.
Mes filles sont toutes les deux médicamentées mais souvent
les profs refusent d'admettre qu'elles souffrent d'une maladie.
Elles ont déjà eu à souffrir de la mort de leur père
et donc il est hors de question que je laisse l'école leur faire
du mal c'est ainsi qu'elles ont changé régulièrement
d'école, à chaque fois que je tombais sur un prof stupide
ou borné et je peux vous dire qu'il y en a un paquet.
Elles sont suivies
depuis qu'elles sont petites et ont la chance d'avoir chacune une psy
formidable. Cela aide aussi beaucoup.
Bref ritaline plus une famille géniale plus une aide psy et si
il n'y avait pas l'école les choses se passeraient au mieux.
Le seul problème
est que je n'arrive pas à trouver un homme qui soit prêt
à s'imposer dans notre petite famille.
Ce n'est pas grave et ne m'empêche pas d'être heureuse.
Amélie
ps : j'ai dit à Pascale qu'elle pouvait laisser les prénoms
que j'emploie sur le forum car ce ne sont pas nos véritables prénoms.
Dans mon travail j'ai toujours évité de dire que j'étais
TDA/H et je préfère donc conserver un certain anonymat y
compris dans le forum.
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