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Adeline - Adulte souffrant de DA

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Témoignage d'un adulte souffrant de DA.

Il est tard tout le monde dort et moi je pense, seule d'une certaine façon je souffre.
J'aimerais pouvoir corriger ce que je fais toujours de travers.
Le pire c'est que souvent lorsque je me laisse aller à mes défauts naturels j'entends toujours une petite voix qui dit Adeline arrête toi, mais c'est plus fort que moi je pars toujours sans m'arrêter, il faut que ce soit les autres qui m'arrêtent.
Ce défaut il m'effraie à tel point que parfois je préfère rester chez moi seule à me parler toute seule dans ma tête, comme ça je ne saoule personne, j'évite de croiser les gens pour ne pas leur parler, je pars à la dernière minute comme ça je ne croiserai personne.
Mais j'ai un besoin énorme de parler, alors je canalise tout le temps, jusqu'à ce que j'oublie de faire attention et là, ça ne rate pas on me juge, celle là quelle bavarde, on ne peut pas s'en décrocher, je le lis dans n'importe quel regard, mais je suis incapable d'arrêter, le flot est parti.
Pour moi le déficit d'attention c'est surtout ce défaut là qui m'empoisonne littéralement la vie, j'aimerai pouvoir me taire, pouvoir écouter une question jusqu'au bout sans interrompre toujours les personnes qui me parlent j'arrive parfois à maîtriser, mais si peu que personne n'est capable de le voir.
Et puis quand je parle, impossible de canaliser non plus ça part dans tout les sens j'en oublie parfois le but premier,et en plus les personnes avec qui je parle sont souvent persuadées que je ne les ai pas écoutées alors que tout au contraire j'ai fort bien entendu ce qui m'étais dit .
J'ai toujours été ainsi et depuis le temps j'aurai du m'habituer, et bien pas du tout plus ça va, moins ça va,je me supporte de moins en moins.
Ce n'est pas vraiment moi, car dans ma tête en général c'est aux autres que je pense, mais souvent tout va trop vite dans ma tête.
Encore un truc qui doit faire partie des symptômes qui me gênent en permanence ma tête pense tellement, un peu comme mon bavardage, que je ne peux rien faire d'autre que ne rien faire, seulement penser, pendant ce temps là, la pendule avance et les heures passent, je n'ai rien fait.
Ou, si très active ce jour là je me lance dans les activités quotidiennes pleines de charme et de surprise qui sont les nôtres (ménage rangement etc...) cela donne plein de chose commencées et rien de terminé, mais j'aime terminer, alors en me faisant violence je reviens sur chaque chose faite en me disant le plus facile c'est de terminer, sinon Pierre ne verra que ce que je n'ai pas fait alors que j'ai fait le plus dur.
Ainsi je termine presque, mais je ne parviens jamais à tout finir, et j'ai toujours autant de bonnes raisons (extérieures, pour les autres) que de mauvaises raisons (intérieures, pour moi) de ne pas avoir terminé.
Enfin je trouve que j'ai beaucoup plus de difficultés depuis ces dernier temps, j'aurai tendance a attribuer cela à une petite intervention chirurgicale subie début septembre , je me demande donc à quel point l'anesthésie n'aurait pas eu une influence néfaste à l'égard de ces symptômes.
Pierre lui me trouve plus énergique depuis cette intervention, moi je trouve que j'ai beaucoup de mal à me recentrer, j'ai l'impression de m'éparpiller sans arrêt.
J'ai encore plein de défauts qui ne facilitent pas l'organisation de mes journées, je repousse toujours où presque, lorsque je suis seule, une activité à faire jusqu'à ce que je sois obligée de l'effectuer en courant un marathon.
Exemple, je me lève, je prends mon petit déjeuner, et ensuite, je ramasse la table du petit déjeuner que dans le quart d'heure qui précède, l'arrivée de mon Pierre, où mon départ, dans ce même quart d'heure je suis capable de faire les lits, d'ouvrir les volets et de lancer les lessives, d'entasser le linge sec dans une panière pour qu'il attende un hypothétique repassage.Entre le petit déjeuner et toute ces activités urgentes j'aurai fait essentiellement des choses inutiles: un petit tour sur le net, un peu de cartonnage pour essayer de terminer une oeuvre inachevée, j'en termine tout de même un certain nombre, je peux aussi enlever les toiles d'araignée, lire un article dans une revue, nettoyer les traces de doigt sur les portes, téléphoner pendant une heure à maman, si tu as bien compris les taches non urgentes doivent être faites en priorités car sinon elles ne seront jamais faites puisque non urgentes, l'urgent sera toujours fait mais il peut attendre, voilà comment je fonctionne la plupart du temps, sauf jours exceptionnelles ou je fonctionne normalement pour les autres.
Au fil des années j'ai donc remarqué que plus j'ai de choses à faire, mieux je les fais.
C'est ainsi que je n'hésite pas à m'engager dans des oeuvres humanitaires comme bénévole, ces taches remplissent ainsi mon emploi du temps et me rendent ainsi l'urgent plus urgent.(pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué)
Je suis donc dans l'obligation de m'organiser, et je le fais très bien, mais il faut pour cela que je n'ai pas d'autre possibilité.
Cette description vaux pour les grandes lignes, pour les petits détails du quotidien, mon entourage serait plus objectif, mais c'est plein de petites négligences, oublis du genre j'ai rempli le lave vaisselle j'ai mis la lessive j'ai tourné le programmateur mais j'ai oublié de mettre en marche, pour le linge c'est différent, je trie le linge, je le mets dans la machine, je mets la lessive, et lorsque je veux mettre le programmateur en route je suis obligée de faire un gros effort pour me souvenir de quel type de linge je lave (synthétique, laine, coton, couleurs). Lorsque je mets la table du déjeuner, j'oublie toujours quelque chose, je suis obligée de le faire en deux ou trois étapes.
Lorsque je ne suis pas chez moi, je ne vois jamais les taches ménagères à faire, et si plusieurs personnes s'agitent autour de moi je suis incapable de faire quoique ce soit.
Et lorsque je vais chez des amies, à chaque fois je découvre quelque chose de nouveau qui a toujours existé, je ne vois que très peu de détails.
Ce témoignage est très certainement incomplet mais c'est un peu de moi.

Moi je n'arrive pas à supporter que l'on doute de mes capacités et je me sens toujours obligée de faire la preuve de ce dont je suis capable, je fonctionne à la perfection dans le mode défi et dans le mode urgence.
Pour ce qui est de la psychologie et le reste, je résumerais ainsi, je pense que les gens comme nous fonctionnent en générale de façon droite et sans aucune arrière pensée, ni calcul.
Les gens ont un mal fou à croire que ce que nous disons ou faisons est gratuit sans calcul et totalement désintéressé.
Je discutais il y a peu avec mon père, de qui je tiens ce gène charmant, qui fait de nous ces êtres généreux, une générosité de coeur qui a souvent du mal à passer, en général, le cap de l'âge adulte, nous devons en être les rares rescapés, autant de naïveté est difficilement imaginable pour nos proches.
Nous sommes : intelligents, compliqués, travailleurs, désordonnés, sans organisation, sans anticipation, imprévisibles, jamais contents, jamais satisfaits, perfectionnistes, lents, menteurs parfois, avec des excès d'humeur ou très content, hystériques ou déprimés, coléreux, soupe au lait, oublieux, distraits, gaffeurs etc... et tout ceci sans jamais avoir une seule fois l'envie de nuire ou de faire mal, il n'y a jamais de mauvaise intention derrière chaque mot que nous prononçons, ou geste que nous faisons, en faite nous sommes des anges mais les autres ne le savent pas...

Adeline

*****

Cette suite au témoignage provient d'une discussion sur le forum et voici la réponse d'une amie

Cette discussion, décidément m'enchante le coeur,

c'est tellement beau est vrai ce que tu dis
Nous sommes avec tous les défauts des HA...Mais notre coeur est d'OR ...
ET je vous donne une découverte perso ..
Les autres ont peur facteur 10...
Peur de mal faire, peur de ce que les autres vont en dire, peur d'oser "être "..
ET nous depuis toutes petites nous n'avons pas peur ...
C'est pour ça qu'on nous juge infernaux et infernales ...
Parce qu'on veut tout tester !! Et que vivre , tout simplement vivre...NE NOUS FAIT PAS PEUR.
Et si nous souffrons de dépression plus tard...c'est parce que ce rejet, cette différence du regard des autres c'est inscrit en nous, et que nous ne savons toujours pas gérer cette différence....Car la différence de fonds ...La racine du mal, comme dise les orientaux, vient de ce que nous sommes des esprits libres ...
Ou des anges...Comme tu le dis si bien...
Alors les filles, soignez vos dépressions, mettez du miel sur vos bobos et surtout ne renoncez plus à être vous mêmes, à affirmer votre différence...
Seulement mettez y un peu moins d'énergie...parce que nos frères et soeurs humains comme ils passent leur vie à avoir peur ...Ont une énergie bridée ....Quand on se met des brides partout comment pourrait il en être autrement ??
Donc non seulement d'avoir peur et de craindre des tas de malheurs ...Pour nous...Alors qu'on leur demande pas de nous préservez à ce point !!
Donc nos frères et soeurs en plus sont jaloux de notre belle énergie ...Qui au demeurant les épuise .....Et c'est vrai que nous avons une énergie efffrayamment au-dessus de la moyenne ...
Honnêtement je ne jette la pierre à personne ...Je le constate ....Et je ne fais que vous livrer l'analyse que j'ai pu faire du pourquoi de cette différence..)

Nous n'avons pas peur, pas de craintes, alors nous avançons toujours nus avec notre âme pure et nos petites ailes et à découvert là où tout le monde sort couvert (avec un style, une situation sociale, des certitudes...), alors bien sûre en nous exposant ainsi nous nous rendons nous même beaucoup plus vulnérables, comment croire que nous ne le faisons pas exprès, on se le demande, et nous ne sommes même pas masochiste...
Nous, nous sommes toujours prêt à tout remettre en question, les autres ça les fatigue, les certitudes c'est bien plus rassurant.


 

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