Presse
Dernière mise à jour : 24 avril 2008
Articles de presse consacrés au TDA/H et à ses troubles associés.
L'hyperactivité ne s'en va pas avec l'enfance - Le Vif l'Express 4 avril 2008 : cliquez ici
*****
Les additifs alimentaires suspectés d'accroître l'hyperactivité infantile
( Le Monde - 7 septembre 2007 )
Des colorants artificiels et des conservateurs - les célèbres E102 et suivants - pourraient stimuler les troubles de l'attention chez l'enfant, selon une étude britannique
Certains additifs alimentaires, conservateurs ou colorants, peuvent-ils favoriser l'hyperactivité de l'enfant ? L'hypothèse n'est pas nouvelle, mais une publication, jeudi 6 septembre, sur le site Internet de l'hebdomadaire britannique The Lancet, relance les soupçons pesant notamment sur un conservateur, l'acide benzoïque.
Il y a plus de trente ans, le pédiatre américain Ben Feingold évoquait le rôle délétère que les additifs pouvaient avoir sur le comportement des enfants. Les célèbres E110 et autre carmoisine parfois mentionnés sur les pochettes de friandises sont suspectés de favoriser les comportements suractifs, impulsifs et d'inattention, qui composent le tableau clinique du trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Une étude plus récente avait pointé un degré d'hyperactivité plus élevé, évalué par les parents, chez les enfants de 3 ans consommant une mixture d'additifs alimentaires.
Les nouveaux travaux publiés par The Lancet, conduits par une équipe de l'université de Southampton dirigée par Jim Stevenson, concernent des additifs testés " en double aveugle contre placebo ". Dans cette méthodologie, des enfants - un groupe âgé de 3 ans, l'autre de 8-9 ans - buvaient de manière aléatoire un mélange d'additifs, soit une substance neutre, sans qu'eux-mêmes ou les expérimentateurs sachent qui prenait quoi.
Deux cocktails de colorants artificiels ont été testés (A et B), chacun contenant en outre 45 mg d'acide benzoïque (E211). Les enfants ont absorbé cette boisson pendant une semaine, à l'issue de laquelle elle a été supprimée de l'alimentation durant les 6 semaines suivantes.
Les enfants ont fait l'objet d'une évaluation au moyen de trois outils psychologiques, un quatrième étant ajouté pour le groupe des 8-9 ans. L'évaluation globale a été " conçue pour mesurer les différences individuelles d'hyperactivité à partir de différentes sources (enseignant, appréciation des parents, observation directe et test informatisé) et couvrir les composants de l'hyperactivité ", précisent les auteurs.
VARIATIONS INDIVIDUELLES
Parmi les enfants de 3 ans, seuls ceux qui ont consommé le mélange A et l'acide benzoïque présentaient un niveau d'hyperactivité plus élevé que ceux du groupe contrôle. Chez les 8-9 ans, l'élévation par rapport aux sujets contrôles se manifestait dans les deux groupes recevant des additifs, pour peu qu'ils aient consommé au moins 85 % de la dose sans manquer une prise.
Le statut économique ou social des enfants n'avait pas d'influence sur les résultats. Les auteurs ont également constaté d'importantes variations individuelles dans les effets des additifs observés chez les enfants. Ils précisent que leur étude ne permet pas d'identifier précisément les substances en cause.
" Depuis nombre d'années, des soupçons existent sur l'acide benzoïque, constate le docteur Eric Konofal (service de psychopathologie de l'enfant, hôpital Robert-Debré, Paris). Il faudrait les étayer avec des doses plus élevées et des études chez l'animal. L'acide benzoïque pourrait intervenir indirectement en perturbant la production d'acides aminés essentiels et les mécanismes dopaminergiques ", stimulant le système nerveux. Le chercheur exclut cependant que les additifs soient les seuls responsables de l'hyperactivité, qui nécessite selon lui un " terrain " favorable.
Les auteurs de l'étude soulignent que " les implications de ces résultats, concernant la réglementation de l'usage des additifs alimentaires, pourraient être substantielles " . Ils ajoutent que si l'utilisation de colorants paraît superflue, " on ne peut en dire autant de l'acide benzoïque, qui remplit une importante fonction de conservateur ".
Les autorités sanitaires britanniques ont réagi en recommandant aux parents d'enfants hyperactifs d'éviter les aliments contenant ces additifs. Et elles ont transmis le dossier à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui a entamé une évaluation de l'ensemble des additifs.
Paul Benkimoun
*****
Les maladies du cerveau : l'Hyperactivité reste un sujet hypersensible : La Libre Belgique 21 décembre 2006 - 2ème partie
*****
Tout savoir sur le trouble déficitaire de l'attention CL-070208-CineTelerevue.pdf
*****
Article sur le syndrome de Gilles de la Tourette : SudPresse 10 février 2007
*****
Hyperactivité : évolution de l'enfance à l'âge adulte :
*****
Troubles de l'attention: un mal méconnu bien que répandu
BRUXELLES 25/01 (BELGA) - Les troubles déficitaires de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), dont souffrent environ 5 pc d'enfants et d'adolescents, ont un impact important sur les familles, révèle une étude d'impact menée par l'association TDA/H Belgique. Parce qu'ils sont
trop mal connus, ils provoquent jugement, incompréhension et rejet des enfants et de leur famille.
L'association TDA/H Belgique a révélé jeudi les résultats d'une étude d'impact des TDA/H sur le fonctionnement familial, scolaire et social de
l'enfant. Cette étude est une transposition belge d'un questionnaire international. Il apparaît que ces troubles inquiètent les parents quant
aux possibilités de leur enfant de réussir à l'école et, plus tard, dans leur vie professionnelle. Les parents craignent aussi que ces troubles
détériorent l'ambiance familiale et les relations entre frères et s½urs.
Bien traité, l'enfant souffrant de TDA/H pourra cependant suivre une d'abord être correctement diagnostiqué, ce qui, selon les résultats de l'étude, est loin d'être évident. " 12 pc des familles ont dû attendre minimum cinq ans pour que l'on mette un nom sur les troubles de leur
enfant, c'est évidemment beaucoup trop long! ", relève Nicole Laporte, logopède spécialisée dans les TDA/H.
Ces délais trop longs sont dûs, selon la logopède, au manque de compétences des professionnels. "Les médecins généralistes, les
pédiatres et les médecins scolaires entre autres sont trop peu au courant de ce que sont les TDA/H", déplore Nicole Laporte. "Ils ne
peuvent donc pas en détecter les signes avant-coureurs."
Pascale De Coster, présidente de l'association TDA/H Belgique et maman de deux enfants souffrant de ces troubles, déplore pour sa part
l'inexpérience des acteurs scolaires. "Les enseignants réagissent souvent mal face à un enfant inattentif et qui n'a pas de bons
résultats", explique-t-elle. "On lui reproche alors de ne pas faire assez d'efforts, de ne pas travailler assez pour réussir, alors que
c'est tout le contraire. Un enfant souffrant de troubles de l'attention doit travailler jusqu'à 4 heures tous les jours pour arriver à terminer
ses devoirs."
Il semble que l'hérédité joue un rôle dans le cadre des troubles déficitaires de l'attention. De nombreux parents consultant pour leur
enfant découvrent qu'eux aussi en souffrent ou en ont souffert. D'autres problèmes, comme la dyslexie, la dyscalculie ou un retard dans
l'apprentissage du langage peuvent également être des signaux.
L'association TDA/H se charge d'informer les parents et tous les acteurs qui entourent l'enfant et d'organiser des activités pour les familles
touchées par ces troubles de l'attention. Plus d'infos sur le site: www.tdah.be
25/01/2007 - 16h00. Source : Belga
Education Santé, n° 219, janvier 2007 : Pour une meilleure prise en charge des troubles de l'attention chez l'enfant
http://www.educationsante.be/es/article.php?id=852
Une collaboration indispensable
On parle encore trop souvent, et à tort, d'hyperactivité chez les enfants atteints de TDA/H (trouble déficitaire de l'attention, avec ou sans hyperactivité ). Ce qui signifie en réalité que les enfants que l'on connaît hyperkinétiques, ne sont pas nécessairement les enfants turbulents que l'on imagine.
Cela ne facilite pas le diagnostic, voire la suspicion pour les médecins scolaires ou les enseignants… Pourtant, il est possible pour ceux-ci - à moins de ne pas s'arrêter aux stéréotypes - de reconnaître assez facilement des enfants TDA/H.
Oubliez le mot «hyperactif» ou «hyperkinétique» pour désigner les enfants atteints de troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité . Et l'on pourrait ajouter, avec ou sans impulsivité, autre symptôme que l'on retrouve souvent. Car ces enfants, ou ces adultes TDA/H (on n'en parle pas suffisamment, mais des adultes aussi sont atteints de TDA/H) ne sont pas nécessairement très agités. Tout comme les enfants turbulents ne sont pas nécessairement atteints de TDA/H. «Il faut arrêter de confondre les enfants turbulents avec les enfants qui souffrent d'une hyperactivité pathologique. Et de l'autre côté, il peut y avoir des enfants qui souffrent d'une hyperactivité essentiellement cérébrale qui ne se voit pas dans leur comportement» , explique Pascale De Coster , Présidente de l'association TDA/H Belgique.
Il faut dire que l'appellation française de ce trouble - le terme «hyperactivité» - fausse déjà sa perception, comme le confirme le Dr Xavier Schlogel , neuropédiatre aux Cliniques St-Luc à Bruxelles: « Dans les pays anglo - saxons , on parle plus justement d'ADHDI , à savoir de trouble du déficit de l'attention , avec ou sans hyperactivité , avec ou sans impulsivité ; en français , on a réduit la pathologie à l'hyperactivité . Or , si quasiment tous les enfants qui souffrent d'hyperactivité présentent des troubles de l'attention , l'inverse n'est pas vrai . Parmi quelque 6000 enfants TDA / H qui ont consulté notre service , 40 % présentaient un déficit de l'attention sans hyperactivité .»
Mal nommer le trouble a donc un corollaire: le diagnostic erroné. On peut passer à côté d'enfants atteints de TDA/H parce qu'ils n'ont pas cette composante «hyperactive», tout comme on peut surdiagnostiquer des enfants qui ne sont absolument pas atteints… Des ‘surdiagnostics' qui sont largement dénoncés, tant par les médias que par les spécialistes. « Aujourd'hui , les neurologues s'accordent pour dire que 3 à 4 % des enfants sont hyperactifs et 6 à 8 % souffrent de déficit de l'attention », explique le Dr Schlogel. Des chiffres qui ne semblent pas évoluer dans le temps… « Globalement , on peut dire que l'hyperactivité est sur - diagnostiquée en Flandre et sous - diagnostiquée en Wallonie , mais que les déficits de l'attention sont partout sous - diagnostiqués . La situation de la Wallonie serait due au fait que beaucoup de psychiatres francophones refusent le fait qu'il s'agit d'un trouble qui est organique au départ .» Une autre raison du sous-diagnostic est celui qui frappe les filles: parce qu'elles sont moins turbulentes, on soupçonne encore plus difficilement chez elles le TDA/H.
Enseignants et parents aux premières loges
Les premiers qui sont en contact avec ces enfants TDA/H, ce sont les parents, bien évidemment. Et ils savent combien vivre avec un tel enfant est difficile, surtout pour ceux qui sont en plus hyperactifs ou impulsifs… Pire: ils se heurtent à une véritable incompréhension et ce, à tout moment de l'évolution de l'enfant: « Avant le diagnostic , le comportement de l'enfant dérange l'entourage proche ou les enseignants , que ce soit du fait de l'hyperactivité ou du manque d'attention . L'entourage , les enseignants , la société portent un jugement . Ensuite , vient le moment du diagnostic , qui est également jugé , mis en doute . Ce qui n'est pas justifié , essentiellement chez nous puisqu'il est posé par des professionnels de différentes disciplines , avec des tests fiables d'évaluation . Enfin , si un traitement est prescrit , les gens nous jugent parce que nous donnons un médicament à notre enfant ou que nous l'emmenons chez un psy . Bref , ces culpabilisations à tous les niveaux n'aident ni les parents , ni les enfants », témoigne Pascale De Coster, qui a deux enfants atteints de TDA/H, et qui l'est elle-même ainsi que son mari.
Comment reconnaître un enfant atteint de TDA/H? Le syndrome d'hyperactivité et de manque d'attention (TDA/H) se compose de trois syndromes qui peuvent être associés: Le trouble de l'attention : difficulté, voire incapacité, à se concentrer, tendance à être distrait par tout et n'importe quoi, difficulté à terminer un travail ou même un jeu, oublis permanents et distraction. L' hyperactivité motrice : l'enfant bouge sans arrêt, est incapable de tenir en place quelques minutes, a des activités désorganisées, non constructives et mal coordonnées. Il court et grimpe partout, s'agite en permanence, souvent de façon joyeuse. Il ne peut jouer seul et prend fréquemment des risques. L' impulsivité : il s'agit de la nécessité impérieuse d'exécuter un acte, sans réfléchir aux conséquences, avec impatience, voire avec brusquerie. L'enfant n'est pas capable d'attendre son tour et se précipite, interrompt les autres en classe, abandonne vite une activité pour reprendre immédiatement une autre, ne peut organiser son travail. Et puis, il ne supporte pas les ordres. |
Les enseignants, qui sont les autres personnes en contact avec ces enfants durant de longues périodes de la journée, pâtissent également de leurs comportements. Et trop souvent, parce qu'ils sont mal informés, ils peuvent rapidement tomber dans une spirale négative avec cet enfant dit «turbulent» ou «tête en l'air»… « Trop d'enseignants vont se plaindre aux parents que leur enfant est ‘ lent' ou ‘ paresseux' ou vont leur dire ‘ Madame , si vous saviez comme il nous en fait voir , votre enfant' . Il n'est pas admissible que des professionnels de l'encadrement de l'enfant formulent ces critiques si aucun bilan neurologique et psychologique approfondi n'a été réalisé par un spécialiste », s'insurge le Dr Schlogel.
Et l'incompréhension est aussi importante face à des enfants qui présentent la composante hyperactive de leur trouble: notes dans le journal de classe, punitions, retenues, exclusions sont le lot quotidien des enfants et parents. Des brimades qui ne sont pas en phase avec la manière adéquate d'élever un enfant atteint de TDA/H: « L'une des caractéristiques de ces enfants est le manque de confiance en eux , une dévalorisation : surtout lorsque malgré leurs efforts , les résultats scolaires restent mauvais . Ces enfants ont besoin d'une attitude plus constructive . Ils fonctionnent tout particulièrement à la récompense , à la valorisation des choses positives qu'ils font . C'est essentiel pour eux . Mais lorsqu'ils font quelque chose de mal , les punitions doivent être constructives , comme réparer les erreurs commises ou donner des tâches utiles à exécuter . L'enfant ne le fait pas exprès , mais il faut le faire réfléchir à ses actes » enchaîne Pascale De Coster. L'enfant TDA/H a besoin, plus que n'importe quel autre enfant, de balises fortes, de règles immuables. Et il est vrai que faire respecter ces limites en permanence, l'enfant cherchant plus qu'un autre à les faire vaciller, est un travail éreintant, que les enseignants ne sont pas toujours en mesure de faire, face à des classes de 20 enfants au mieux, sinon 30, qui demandent tous autant d'attention!
Mais que l'on ne s'y trompe pas: Pascale De Coster ne prône certainement pas la compréhension à sens unique, tant de la part des enseignants que des parents. C'est ainsi que certains peuvent avoir tendance à tout excuser par le TDA/H. « C'est un panneau dans lequel il ne faut pas tomber . L'enfant TDA / H est responsable de ses actes , il faut l'éduquer comme tout enfant , mais en mettant de fortes structures , des limites et surtout toujours recommencer , en étant cohérent , structuré , posé . Le TDA / H ne doit jamais rien excuser .» Le TDA/H a des composantes neurologiques, cognitives, mais aussi d'éducation, sociales, familiales, psychologiques (lire encadré)… Il est donc important de jouer sur tous les tableaux de façon adaptée. Et si l'on parle de plus en plus de ce trouble, c'est probablement parce que les barrières sont de moins en moins claires dans l'éducation des enfants, que ce soit au sein de la famille ou de l'école. De telles carences, si elles sont néfastes dans l'éducation de tous les enfants, le sont encore davantage chez ceux qui, comme les enfants TDA/H, en ont encore davantage besoin !
Un dysfonctionnement du cerveau L'hyperactivité est une maladie héréditaire affectant le comportement : perte d'attention, hypermotricité , impulsivité, etc.). « Les personnes atteintes de TDA/H vivent avec un dysfonctionnement majeur du cerveau. S'il ne les rend pas moins intelligents, il les met face à de réelles difficultés, notamment lorsqu'il s'agit de mener à bien un travail intellectuel. Concrètement, le ralentissement de leur cerveau dû à un dysfonctionnement des neuromédiateurs, comme la dopamine, qui gère l'attention, le contrôle de leurs mouvements et de leurs émotions, la capacité à opérer un choix etc., les empêche de se concentrer sur une tâche, même la plus anodine qui soit. Le TDA/H est une maladie biologique, non un trait de caractère ou une erreur d'éducation », précise Pascale De Coster. « Les facteurs psychosociaux ne sont donc pas considérés comme la cause du TDA/H mais plutôt comme des facteurs potentiellement exacerbants. Aussi, il ne faut pas confondre les enfants TDA/H avec des enfants présentant des symptômes similaires mais provenant d'autres pathologies psycho-affectives (dépression, maltraitances, carences affectives.. .). C'est l'ensemble de symptômes - déficit attentionnel, l'aspect évolutif de la maladie, l'impulsivité - qui vont déterminer le diagnostic.» C'est pourquoi il est nécessaire de faire procéder à un examen complet par un spécialiste (neuropédiatre) , avant de décréter que son enfant est «hyperactif» ou non… Le bilan du neuropédiatre va se baser sur différents examens, dont les principaux sont: |
Un diagnostic précoce essentiel
Toutes les personnes qui gravitent dans le quotidien de l'enfant encore non diagnostiqué doivent s'interroger sur les troubles rencontrés par un enfant et alerter qui un médecin, qui un service psycho-médico- social. Mais pour cela, encore faut-il disposer de moyens pour soupçonner un tel trouble. Une difficulté d'autant plus grande que, comme on l'a dit, le TDA/H est trop souvent cantonné dans sa composante d'hyperactivité . Et donc, face à un enfant qui souffre de troubles de l'attention, on se borne encore à se dire qu'il est «tête en l'air»…
Le Dr Schlogel prône un diagnostic précoce, dès 3 ans. Mais cela ne signifie pas que le TDA/H se manifeste automatiquement dès le plus jeune âge: « Nous rencontrons des enfants qui n'ont jamais présenté de difficultés en maternelle ou en primaire , mais chutent dès l'entrée en secondaire . Comme tous les enfants qui franchissent ce cap , ils peuvent présenter un problème d'adaptation . En effet , les capacités d'attention sont nettement plus mises à contribution : prise de notes , changements de professeurs , nouvelle organisation et planification du travail … Mais chez ces enfants , les problèmes peuvent persister et être toujours présents à la fin de la deuxième année . Aussi , une mise au point n'est pas superflue ici non plus , car un tiers de ces enfants en difficulté présentent des déficits neuro - psychologiques sans hyperactivité .»
Premier signe qu'il faut observer à tout âge: les résultats à l'école, comme le conseille le Dr Schlogel: « Face à un enfant qui a des problèmes scolaires , l'enseignant devrait rechercher la présence de troubles de l'attention associés par exemple à une dyslexie ou à une dysphasie , même en l'absence d'hyperactivité . C'est très simple , mais ces signes sont les plus souvent retrouvés chez les enfants TDA / H .» Après une telle constatation, il n'est donc pas inutile de prévenir les parents ainsi que les centres PMS. « Encore faut - il que ces derniers comptent du personnel formé au diagnostic du TDA / H », précise le Dr Schlogel. « Des batteries de tests fiables existent , nécessitant entre 15 et 20 minutes ; elles pourraient être utiles à ces services avant d'approfondir le diagnostic chez un neuropédiatre ».
Néanmoins, selon Pascale De Coster, l'école n'est pas encore un lieu où le TDA/H est bien connu et reconnu, aussi bien au niveau des enseignants que des centres PMS. Le plus souvent par manque d'information et de formation. Un dialogue entre enseignants, organisé par la Fondation Roi Baudouin en juin dernier, a fait état de ce manque d'information, dont se sont plaints les participants quasi unanimement. Et même lorsqu'une formation théorique est organisée, les participants, enseignants ou membres des CPMS, se disent souvent frustrés, car elle leur donne peu ou pas d'outils pratiques pour gérer la situation avec ces enfants. « On travaille beaucoup par essai et erreur . On apprend plus avec les autres enseignants qu'avec un formateur », témoigne une enseignante en type 3.
Des classes adaptées
Néanmoins, dans certaines écoles où la prise de conscience s'est produite et où l'information a circulé, un pas a été franchi: « Mes enfants sont dans une école qui a instauré des classes spéciales pour les enfants qui éprouvent des problèmes scolaires pour diverses raisons . L'enseignement y est plus motivant , avec moins d'élèves et un suivi plus rigoureux . Les résultats pour mon fils cadet qui la fréquente sont très bons !», témoigne Pascale De Coster.
Mais toutes les écoles ne peuvent pas nécessairement organiser de telles classes passerelles, que ce soit pour des raisons pratiques (manque de locaux, de professeurs) ou quasi philosophique: « Si vous ne pouvez pas compter sur une équipe enseignante qui s'engage à fond dans un tel projet , il vaut mieux ne pas tenter l'expérience . Dans notre école , les enseignants on pris cela comme un défi , une nouvelle orientation dans leur carrière . Mais cette approche nouvelle demande du temps . L'évaluation différenciée heurte le sentiment d'équité auquel se cramponnent de nombreux profs : chacun est égal devant la loi . Or , nous sommes arrivés à la conclusion qu'il n'était précisément pas équitable de vouloir évaluer de la même manière , en fin de parcours , des enfants qui n'avaient pas eu les mêmes chances au départ . C'est tout un changement de mentalité que nous avons dû opérer », explique la directrice d'une école qui a mis sur pied une classe passerelle, dans la brochure publiée en décembre dernier par la Fondation Roi Baudouin.
T.D.A. quoi? Les troubles déficitaires de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) expliqués aux parents et aux enseignants On entend de plus en plus parler d'enfants hyperactifs ou hyperkinétiques. Nombreux sont ceux qui se posent des questions à ce sujet. La Fondation Roi Baudouin publie une brochure qui aborde le sujet de manière claire et accessible à tous (1) . L'agitation ou la distraction d'un enfant ne sont pas nécessairement un problème grave en soi. Mais il arrive que l'enfant comme son entourage se sentent débordés et impuissants. Qu'entend-on par TDA/H? Qui peut-on consulter? Quels sont les différents traitements? Quelle est l'origine du TDA/H? Voilà autant de questions abordées par cette brochure dans une volonté de clarification du propos mais aussi de rigueur scientifique. Le plus important n'est pas de donner une étiquette, mais de trouver ensemble ce qui aidera l'enfant à s'épanouir. Cette brochure est le fruit d'un travail interdisciplinaire et s'adresse à tous ceux, parents, enseignants, animateurs, médecins généralistes ou pédiatres, etc., qui se posent des questions sur le TDA/H. Elle se veut avant tout rassurante et explicative. La brochure "T.D.A. quoi", de Karin Rondia , est téléchargeable sur le site http://www.kbs- frb.be . Elle peut aussi être demandée par courriel à publi@kbs-frb. be ou par téléphone auprès du centre de contact de la Fondation Roi Baudouin: 070 233 728. (1) Cette brochure clôture un parcours organisé par la Fondation Roi Baudouin autour de ce thème. Suite à l'appel à projets "Mes neurones et moi: troubles du développement neuropsychique chez les enfants et les adolescents" , 13 projets ont bénéficié d'un soutien financier d'un montant total de 130.000 €. Les informations relatives à ces projets sont disponibles sur le site http://www.kbs- frb.be . Médicalisation des troubles de comportement: instrument de contrôle social A l'automne 2005, à la veille de ce que les médias français ont appelé la "crise des banlieues", l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) publiait un rapport intitulé "Troubles des conduites chez l'enfant et l'adolescent" . Un certain nombre de comportements y sont considérés comme des symptômes caractérisant le trouble des conduites, lequel aurait des conséquences suffisamment importantes au niveau de l'individu et de la société pour que soit envisagée une politique de prévention axée sur le dépistage et la prise en charge précoce psychothérapeutique et médicamenteuse. La publication de cette expertise avait suscité un tollé en France; en Belgique aussi, des voix s'étaient élevées contre les propositions qu'elle contenait. Le service éducation permanente de l'asbl Question Santé a réalisé une brochure qui fait le point sur les propositions du rapport de l'Inserm et sur les réactions qu'il a provoquées. Le but étant de susciter le débat en abordant des questions comme "la bonne ou la mauvaise conduite des enfants peut-elle ou doit-elle être médicalement définie?", "le médecin ne risque-t-il pas de devenir un instrument de contrôle social?", "s'agit-il de 'remettre dans le droit chemin' ou de soigner?" La brochure "Médicalisation des troubles de comportement: instrument de contrôle social" est téléchargeable à l'adresse http://www.question sante.be/ outils/medicalis ationComportemen t.html Pour tout renseignement, vous pouvez aussi contacter le service éducation permanente de Question Santé, rue du Viaduc 72, 1050 Bruxelles. Tél.: 02 512 41 74. Fax 02 512 54 36. Courriel: education.permanent e@questionsante. be |
Le défi est donc de savoir comment permettre à ces enfants de ne pas décrocher complètement, de se retrouver dans des filières qui ne leur conviennent pas. Une pédagogie adaptée, les moments de remédiation, la détection des problèmes à temps, des classes spécifiques: voilà autant de pistes qui peuvent être suivies, si direction, enseignants et parents sont prêts à chercher une solution ensemble.
Et pour ce qui concerne les autorités, ce trouble est-il reconnu? « Aujourd'hui , il est clair que du fait du remboursement des traitements médicamenteux , le TDA / H est effectivement reconnu . Néanmoins , il y a un problème fondamental : le remboursement est autorisé si la prise en charge est pluridisciplinaire , sous contrôle du médecin - conseil ; cela implique qu'il y ait également des mesures sociales et éducatives ainsi qu'un suivi psychologique . Or , chacun sait que les psychothérapies ou les visites chez un psychologue ne sont pas remboursées . De même pour poser le diagnostic : la consultation de psychologues est indispensable , mais ne bénéficie pas du remboursement … On peut donc dire que le gouvernement a donné des conditions que n'importe quel patient ne peut pas nécessairement se payer … Le pas suivant serait de mettre en place des centres d'évaluation financés correctement et veiller à avoir des soignants des différentes disciplines reconnus pour obtenir un remboursement et une prise en charge correcte des enfants en souffrance », conclut le Dr Xavier Schlogel.
Carine Maillard
Association TDA/H Belgique, rue de la Glacière 24, 1060 Bruxelles. Permanence téléphonique le jeudi de 9 heures à 16 heures hors vacances scolaires au 0484 177 708. Internet: http://www.tdah. be
Article paru dans la Libre Belgique de ce mercredi 31 janvier 2007
TDA/H "Je pensais être fou, bête et méchant"
Laurence Dardenne
La souffrance des enfants atteints de trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité est continuelle.
Celle des parents aussi, comme le montre l'enquête de l'association TDAH.
Mal connu, ce trouble toucherait 5 pc des enfants.
Etre parent d'un enfant atteint de trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), c'est un défi. Présidente de l'association TDA/H Belgique, maman de deux garçons diagnostiqués TDA/H et elle-même atteinte du syndrome, ce n'est pas Pascale De Coster qui contredira cette réalité.
" C'est un défi affectif. Il y a la souffrance de l'enfant qui vous dit "je pensais que j'étais fou, bête, méchant". Les difficultés de vie familiale, scolaire, relationnelle. La souffrance des parents, déçus de ne pas avoir l'enfant parfait, des parents continuellement inquiets. Va-t-il se faire écraser ? Se faire rejeter ? Il faut apprendre à vivre avec cet enfant, accepter la réalité, affronter les jugements, supporter l'incompréhension, le stress permanent, conserver de l'énergie. Il y a beaucoup de souffrance avant le diagnostic, mais aussi après. Ces enfants demandent une attention de tous les instants. Les parents se sentent isolés, les enfants aussi.
A cela s'ajoute le défi médical, la difficulté de trouver des professionnels de la santé capables de diagnostiquer et de prendre en charge le TDA/H.
Il faut encore relever le défi d'éducation et d'organisation quotidienne : accepter de changer son mode d'éducation. Répéter encore et encore, mais aussi apprendre à son enfant à s'accepter tel qu'il est et à se construire une image positive.
Enfin, il y a le défi financier ..."
Encore trop mal connu ou en tout cas mal compris, selon l'association, le TDA/H est pourtant de plus en plus souvent diagnostiqué. Ce déficit de l'attention, qui se caractérise notamment par des difficultés persistant au moins six mois à soutenir son attention, écouter, se conformer aux consignes, mener à terme certaines tâches, organiser ses activités, toucherait en effet 5 pc des enfants et adolescents, dont trois fois plus de garçons que de filles, et 2 pc des adultes.
C'est précisément pour mieux faire connaître ce trouble que l'association TDA/H a répliqué, en Belgique auprès de 260 familles francophones, une enquête internationale intitulée "Withour Boundaries".
De cette enquête, il ressort un problème de compétence et de délai au niveau du diagnostic, d'après les parents. Alors que 59 pc déclarent que " le médecin de famille ou le pédiatre ne semblait pas en savoir beaucoup sur le TDA/H ,", 71 pc estimaient que le médecin d'école n'en savait guère davantage. Pour 61 pc, le PMS n'était pas mieux informé et pour 56 pc, le renvoi à un médecin spécialiste fut lent et difficile. L'établissement du diagnostic chez un médecin spécialiste a pris trop de temps, d'après une famille sur cinq. D'ailleurs, 39 pc des parents interrogés déclarent que leur enfant a d'abord été mal diagnostiqué avant de recevoir le diagnostic de TDA/H. Une personne sur deux est cependant satisfaite de la façon dont son enfant a été diagnostiqué. L'association déplore toutefois un manque de compétences des professionnels de première ligne; une orientation vers des professionnels compétents difficile; un manque de spécialistes et des délais trop longs.
Question traitement
Au niveau des traitements, plus de la moitié des personnes interrogées estiment avoir été pleinement informées par leur médecin des diverses options et près des trois quarts (74 pc) disent avoir participé à la décision sur le type de traitement. Reste qu'un répondant sur cinq demeure insatisfait de la façon dont le TDA/H de son enfant a été traité. Et si plus des trois quarts estiment que le traitement médicamenteux aide leur enfant à mieux se concentrer à l'école, 62 pc qu'il facilite les relations sociales, 57 pc qu'il rend leur enfant plus heureux, pour 53 pc, il ne gère pas bien les symptômes à toute heure du jour. Ainsi pour plus de la moitié, il n'y a aucun contrôle tôt le matin avant l'école et pour 36 pc à l'heure du coucher.
Article paru dans le généraliste du 20 avril 2006 : TDA/H et abus de substance
Article paru dans le généraliste du 20 avril 2006 : TDA/H au delà des enfants hyperactifs
Article paru dans le généraliste du 06 avril 2006 : le TDA/H une affaire d'adultes aussi
Suite à la conférence de L'ASBL TDAH Belgique du 21 septembre 2005 , le journal "le Généraliste" a publié deux grands articles, un sur l'ADHD enfant, l'autre sur l'ADHD adulte, dans son édition du 6 octobre 2005 (pp.34-35). Vous les trouverez ci-dessous.
Un pas de plus dans la reconnaissance du trouble!