HYPERACTIVITE
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Sciences - Recherches
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29-Mar-2000
Hyperactivité chez l'enfant : une étude en faveur d'un problème au niveau du putamen L'examen par une nouveau procédé d'IRM (relaxométrie T2) d'enfants souffrant de troubles déficitaires de l'attention/hyperactivité évoque des anomalies au niveau du putamen, structure cérébrale impliquée dans la régulation du comportement moteur. L' HYPOTHESE d'une lésion cérébrale minime comme base physiopathologique du trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité (TADH) a été posée par de nombreux auteurs au fil des temps. On a avancé qu'il pourrait exister un dysfonctionnement portant sur le métabolisme monoaminergique, d'autant que la prescription de produits à base d'amphétamines (en France le méthylphénidate ; aux Etats-Unis, ce produit plus la dextroamphétamine et la pémoline) entraîne indiscutablement des améliorations rapides (les amphétamines augmentent le taux de monoamines). Le travail de Martin H. Teicher et coll. (Boston, Etats-Unis) s'est appuyé sur ces hypothèses pour rechercher un déficit au niveau d'un circuit corticostriatal, et en particulier au niveau des composantes modulées par l'action de la dopamine. La relaxométrie T2 Ils ont
utilisé un nouveau procédé d'imagerie fonctionnelle
par résonance magnétique, intitulé la relaxométrie
T2, qui est à l'étude pour évaluer indirectement
le volume sanguin transitant dans une région spécifique
du cerveau et pour tester les effets d'un traitement. La relaxométrie
s'appuie sur les propriétés paramétriques
de la désoxyhémoglobine mais, à la différence
de la technique d'IRM utilisée habituellement, la relaxométrie
T2 est suffisamment sensible pour détecter l'activité
fonctionnelle neuronale de base, lorsqu'il existe une activité
en continu. Les régions cérébrales ayant
une activité continuelle plus intense sont perfusées
de manière plus importante, avec un plus grand nombre de
molécules de désoxyhémoglobine par volume
de tissu. Des mesures plus élevées Les enfants
souffrant d'un TADH présentent des mesures plus élevées
à la relaxométrie T2 au niveau du putamen, et de
manière bilatérale, que les sujets contrôle.
Les temps de relaxation apparaissent étroitement corrélés
à la capacité de l'enfant à rester assis
tranquille à accomplir à l'ordinateur une tâche
requérant de l'attention. Sous traitement quotidien par
la méthylphénidate, on observe une modification
significative du temps de relaxation au niveau du putamen chez
les enfants ayant le TADH. Au niveau du noyau caudé, on
ne relève qu'une tendance, non significative, de modifications
allant dans le même sens. Au niveau du thalamus, les mesures
à la relaxométrie T2 ne sont pas différentes
d'un groupe à l'autre et elles ne sont pas affectées
par la méthylphénidate (le thalamus a été
évalué par comparaison, mais les auteurs ne s'attendaient
pas à trouver de différence). Dr Béatrice VUAILLE
05-JAN-2000 Paradoxe : comment un psychostimulant comme la ritaline peut-il avoir un effet calmant chez les enfants hyperactifs ? La réponse est donnée par la sérotonine qui s'oppose au comportement agressif et non pas, comme on le croyait, par l'action de la dopamine sur le niveau d'activité. De 3 à 6% des enfants d'âge scolaire seraient hyperkinétiques(photo APPM) Le mécanisme
d'action de la ritaline a été élucidé
par des chercheurs de l'université de Duke (Caroline du
Nord) dans une publication de « Sciences » en janvier
1999. Ce psychostimulant améliore paradoxalement l'attention
et les performances intellectuelles des enfants atteints d'hyperactivité
avec déficit de l'attention. Ce syndrome d'hyperactivité
ou hyperkinétique toucherait de 3 à 6 % des enfants
d'âge scolaire. Diminution de l'impulsivité L'administration d'un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine, la fluoxétine, a aussi considérablement réduit l'activité des souris knock-out, confirmant l'hypothèse d'un mécanisme passant par la sérotonine. Cette étude suggère que les symptômes d'hyperactivité sont autant causés par le manque de sérotonine que par l'excès de dopamine. Il est probable que la ritaline permette un rétablissement de l'équilibre entre ces deux neurotransmetteurs. En augmentant les taux cérébraux de sérotonine qui régule l'humeur et inhibe le comportement agressif, la ritaline redonnerait la possibilité à l'individu de freiner ses impulsions. L'autre résultante de l'étude est bien sûr la synthèse de nouvelles molécules plus ciblées sur les récepteurs de la sérotonine, voire une supplémentation par des précurseurs de la sérotonine comme le tryptophane diététique. Enfin, il n'est pas impossible qu'un autre type d'anomalie génétique puisse donner certaines formes de syndromes hyperkinétiques. Dr Catherine DESMOULINS
18-Jan-1999 Chez les enfants hyperactifs avec déficit de l'attention, les psychostimulants comme la ritaline ont paradoxalement un effet calmant. Des chercheurs, grâce à une étude chez la souris knock-out, ont éclairci le mécanisme d'action de ce médicament : la ritaline agit en augmentant les taux de sérotonine dans le cerveau. Si ces résultats sont confirmés chez l'homme, ils pourraient déboucher sur de nouveaux traitements pour ce trouble qui affecte de 3 à 6 % des enfants d'âge scolaire. De 3 à 6% des enfants d'âge scolaire ont une hyperactivité avec troubles de l'attention (photo Louis Monier) C HEZ les enfants atteints d'hyperactivité avec déficit de l'attention (ou syndrome hyperkinétique), les psychostimulants comme la ritaline ou la dexadrine ont paradoxalement un effet calmant ; ils réduisent l'hyperactivité et améliorent les performances intellectuelles, mais on ignore pourquoi. Des chercheurs
montrent maintenant que la ritaline agit en augmentant les taux
cérébraux de sérotonine qui régule
l'humeur et inhibe l'agression et le comportement impulsif. Donc,
elle n'agit pas, comme on le présumait, directement sur
la dopamine, dont les actions comprennent la régulation
de l'activité et de la locomotion. La dopamine intracérébrale Ils ont
observé que ces souris knock-out ont des taux extracellulaires
cérébraux de dopamine cinq fois plus élevés
et sont hyperactives. Insuffisance de sérotonine Ces résultats
chez ces souris knock-out suggèrent, d'un part, que leurs
symptômes sont autant causés par l'insuffisance de
sérotonine dans le cerveau que par l'excès de dopamine
et, d'autre part, que le rétablissement de l'équilibre
entre les deux neurotransmetteurs permet de contrôler le
comportement hyperactif. Dr Véronique NGUYEN
Les mécanismes de la maladie restent aussi obscurs que ses origines. Cependant les effets des médicaments utilisés dans le traitement de l'hyperactivité mettent en évidence un trouble biochimique quantitatif, comme dans d'autres troubles tels que la dépression. Les neurotransmetteurs (la dopamine, la sérotonine en particulier) échangés par les neurones sont perturbés dans la maladie. Des dizaines de molécules se trouvent pour le moment au stade de recherche dans les firmes pharmaceutiques pour remplacer le méthylphénidate, dont tout le monde convient qu'il n'est pas la panacée. Aucun, n'a été jusqu'ici accepté comme étant supérieur à ce qui existe déjà. Le ritalin (nom générique méthylphénidate) travaille en freinant le transporteur de la dopamine. La chose la plus importante que l'on ait trouvé ces derniers temps est que le transporteur de la dopamine ne se trouve pas dans le synapse mais en dehors, ce qui change l'interprétation d'un certain nombre d'expériences qui ont été faites avant. Une chose
est sure ; il est absolument faux de dire, ce que l'on entend
encore de temps en temps, que l'on ne sait rien sur le mode d'action
du Ritalin dans le cerveau ; peu de molécules ont été
autant étudiées. Depuis, tout cela a été décortiqué jusqu'au niveau moléculaire. Ainsi on sait maintenant les différences d'activités entre le méthylphénidate(Rilatine), les amphétamines(dexédrine) et la cocaïne. Ces 3 produits se fixent sur le transporteur de la dopamine. Ce transporteur est une grosse protéine qui sert à réintroduire dans le neurone dopaminergique la dopamine qui a été éparpillée en sortant du synapse après une décharge de la cellule. A cette occasion, la dopamine, qui est un peu alcaline, entraîne avec elle un peu d'acidité pour rétablir le pH. L'action des 3 produits est la suivante :
Il est scandaleux qu'ils se trouvent des pédopsychiatres qui ignorent tout cela et continuent à faire peur aux gens avec leurs comparaisons entre la Rilatine et les stupéfiants. Il est connu depuis quand même quelques années qu'un enfant sur 4 ADHD ne réagit pas ou très peu ou même mal à la Ritaline. Il y en a aussi 1 sur 4 qui réagit peu, pas ou mal à la pémoline (stimul, cylert). Par contre 97 enfants ADHD sur 100 réagissent bien à au moins un des deux. Parlez en à votre médecin!
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