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TDA/H et Adolescence
Principes d'éducation pour les adolescents souffrant de TDA/H
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Arthur L. Robin
Les ados souffrant de TDA/H constituent souvent un défi même pour les parents les plus expérimentés. Les parents sont souvent tellement pris au dépourvu par le comportement ou l'attitude des adolescents qu'ils ne savent pas comment réagir à ce moment là. En conséquence, les parents peuvent réagir de manière impulsive, viscérale, sur base d'émotions brutes. Une telle réponse peut faire empirer la situation. Le Dr Russell Barklay (1995) plaide pour que les parents disposent d'un ensemble de principes généraux pour garder une ligne de conduite claire à travers le voyage en forme de labyrinthe que constitue l'éducation d'un enfant souffrant de TDA/H. Il a mis en évidence une liste de tels principes basés sur la recherche et l'expérience clinique. J'ai personnalisé et implémenté ces principes pour l'éducation d'adolescents souffrant de TDA/H. Les principes présentés ci-dessous sont des lignes directrices générales pas des règles rigides. Elles fonctionneront parfois mais certainement pas tout le temps. Je vous conseillerais vivement de les prendre en compte quand vous êtes déconcertés par les actes de votre adolescent et de puiser vos réactions dans l'un de ces principes plutôt que de réagir de manière impulsive. Les lecteurs qui souhaitent une discussion plus fouillée sur l'éducation des adolescents souffrant de TDAH peuvent consulter « TDA/H et adolescence : diagnostic et traitement » de Robin (1998). 1. Faciliter la recherche d'une indépendance appropriée. Comme devenir indépendant de sa famille est le rôle premier de l'adolescence et comme les individus souffrant de TDA/H nécessitent un encadrement supplémentaire et des essais d'apprentissage pour acquérir de nouveaux comportements, les parents doivent rechercher des occasions de donner à leurs adolescents plus de liberté en échange de leur capacité à assumer leurs responsabilités. Un parent peut découper un objectif comportemental à atteindre en plusieurs petites unités et formuler chaque comportement passant au suivant lorsque l'adolescent a montré qu'il était capable de prendre ses responsabilités pour l'étape précédente. Par exemple, un objectif peut être pour acquérir de l'indépendance peut être de sortit jusque minuit et de rentrer à l'heure. Le parent peut découper cet objectif final en plusieurs petites unités, par exemple rentrer à 22h30, 23h00, puis 23h30 et enfin minuit. On pourrait demander à l'adolescent de respecter une heure de retour donnée pendant plusieurs semaines avant de passer à l'étape suivante. Si l'adolescent rentre en retard, les parents peuvent revenir à l'heure précédente et raugmenter l'heure après plusieurs semaines de retour en respectant l'heure de consigne. Il est tenant de revenir à la première étape mais cela crée habituellement un ressentiment non nécessaire. Assurez-vous de revenir en arrière d'une étape à chaque fois.
2. Maintenir une structure adéquate et superviser. Les parents demandent souvent quand ils peuvent relâcher l'encadrement accru qu'ils ont mis en place pour suivre le parcours scolaire et le comportement à la maison. La réponse est qu'ils doivent maintenir cette structure plus longtemps qu'ils ne pensaient le faire. Les personnes souffrant de TDA/H doivent être plus encadrées tout au long de leur vie mais nous attendons d'eux qu'ils apprennent à se gérer eux-mêmes et/ou qu'ils s'assurent le soutien de leur conjoint ou d'autres personnes pour contrôler leurs actions à l'âge adulte. Idéalement, les parents doivent faciliter ce transfert de suivi vers l'adolescent tout au long de l'adolescence, la réalité montre que les parents continueront cet encadrement supplémentaire jusqu'à la fin de la scolarité supérieure, voire au-delà. Une part de l'encadrement consiste à suivre activement le comportement de l'adolescent en dehors de la maison. Les parents devraient toujours pouvoir répondre à quatre questions fondamentales : 1) avec qui est l'adolescent 2) où sont-ils ? 3) que font-ils ? 4) quand reviendront-ils ? La recherche a montré que les parents qui ne peuvent répondre à ces quatre questions courent le risque de voir leurs adolescents courir le risque de fréquenter des groupes à risque, d'abuser de substances illicites ou de tomber dans la délinquance. Les parents doivent aussi développer des règles claires du comportement attendu par leurs adolescents dans la communauté en dehors de la maison. Un autre aspect de la structure et du suivi est de prévenir les situations problématiques avant qu'elles n'arrivent. Comme de nombreux conflits parents-adolescent sont hautement prévisibles, il appartient aux parents d'apprendre à anticiper et prévoir de gérer de telles situations. Dans une famille où des conflits relatifs au travail scolaire se produisent tous les jours, les parents devrait établir un contrat concernant les devoirs pour régler tout ce qui concerne le travail scolaire à domicile. Si le respect des heures de retour pose problème fréquemment, les parents devrait prévoir comment ils vont réagir lors d'un retour avec deux heures de retard à 2h00 du matin de Sally. Sans une telle planification, les parents et adolescents réagissent souvent de manière émotionnelle et détériorent leurs relations sous le coup de l'énervement. 3. Etablir les règles de vie pour la maison et les faire respecter de manière cohérente. En ce qui concerne la discipline, les parents doivent définir ce qui peut être négocié et ce qui ne peut pas l'être. Il y a une grande différence entre ce qui peut être géré de manière démocratique et ce qui ne peut pas l'être. Chaque parent a un petit nombre de points relatifs aux règles de bases de la vie en société civilisée, aux valeurs, à la morale et à la loi qui ne sont pas négociables. Ces points concernent habituellement la drogue, l'alcool, certains aspects de la sexualité, la religion et parfois certains autres. Les parents doivent clairement lister et présenter aux adolescents ces points non négociables. Ils doivent alors appliquer les règles autour de ces points de manière cohérente et juste à travers une utilisation juste des conséquences. 4. Négocier avec les adolescents pour les points non cruciaux. Les parents doivent impliquer leurs adolescents dans les décisions qui concernent des points négociables. C'est le seul critère extrêmement important pour élever un adolescent et c'est une méthode de base pour élaborer des comportements responsables et indépendants. Les adolescents respectent plus facilement les règles qu'ils ont contribué à élaborer. Ils peuvent de plus apporter une dimension nouvelle et créative pour certains points en raison de leur jeunesse et de leur place privilégiée dans la famille. Souvent, leur point de vue les conduits à suggérer d'autres solutions. Les parents doivent se souvenir que l'implication des adolescents dans les prises de décision ne signifie pas que les adolescents sont des partenaires sur le même pied d'égalité qu'eux et ils ne doivent certainement pas dicter aux parents ce qu'ils doivent faire. Dans certains cas, les parents doivent mettre leur véto pour certaines décisions. Les parents doivent augmenter graduellement le degré d'implication des adolescents dans les prises de décision à travers un processus de mise en place progressif. 5.Gérer les conséquences avec sagesse. Les parents doivent devenir des experts dans la gestion des comportements de façon à renforcer les règles de base, suivre et structurer de manière efficace et sanctionner de manière cohérente. Barkley (1995) a mis en avant différents aspects de la gestion des conséquences pour les enfants souffrant de TDA/H.
6.Donner à l'adolescent un retour immédiat et sanctionner de suite. Les adolescents ayant une capacité attentionnelle limitée et déficiente ont plus de chance de rester concentré sur une tâche quand on leur donne un retour immédiat et positif suite à la réalisation d'une tâche longue et fastidieuse couplée avec une sanction modérée en cas d'arrêt du travail. Les punitions données longtemps après un comportement non souhaité sont inefficaces. - Donner à l'adolescent un retour plus rapide. Les adolescents souffrant de TDA/H tirent bénéfice d'entendre fréquemment des remarques positive sur leurs actions et leurs performances mais aussi de recevoir des retours fréquents et des corrections pour leurs erreurs. Il y a tellement de choses négatives dans la vie d'un adolescent moyen souffrant de TDA/H que cela détruit son estime de lui qu'il ont vraiment besoin d'entendre régulièrement qu'ils ont bien fait. Il est parfois nécessaire d'apprendre à des parents fort occupés une façon créative de se souvenir de donner des retours fréquents à leurs adolescents. - Garder à l'esprit la perspective d'un handicap et pratiquer le pardon. Les parents doivent se souvenir que leurs adolescents souffrant de TDA/H ont un handicap basé sur un trouble neurobiologique et qu'il y a une composante « ne peut pas faire » et « ne fera pas » dans leur actions irréfléchies. Les parents doivent se retenir de réagir de manière exagérée avec haine quand leurs adolescents font inévitablement des erreurs. Une part du fait de considérer la perspective d'un handicap inclus de se retenir de personnaliser les problèmes ou les troubles des adolescents. Les parents doivent se retenir de culpabiliser ou de perdre l'estime d'eux-mêmes à cause des problèmes de leurs adolescents. Ils doivent aussi pratiquer le pardon. Les parents doivent se pardonner pour les erreurs qu'ils commettront immanquablement en élevant un adolescent TDA/H et pardonner les adolescents pour leurs erreurs. Les adolescents doivent toutefois être tenus responsables de leurs actes et les punitions doivent être appliquées de la manière prévue mais après il ne faut pas en garder de la rancune. - Focaliser sur les points positifs. Quand les parents sont en proie avec la gestion de conflit avec des adolescents très opposants, il est très difficile pour eux de penser au positif. Il est cependant important de rappeler aux parents qu'ils doivent être le meilleur soutien pour leur adolescent. Les adolescents souffrant de TDA/H ont besoin d'un regard positif inconditionnel de leurs parents et de moments consacrés à des choses positives. Des études portant sur le suivi d'adultes souffrant de TDA/H qui fonctionnent bien montrent qu'il avait un parent ou au moins un adulte dans leur entourage qui croyait dans leur potentiel de réussir. Les adolescents d'enfants souffrant de TDA/H ont besoin de parents qui croient en eux, qui applaudissent chaque réalisation positive et qui sont d'une manière générale leur meilleur soutien. Ils ont aussi besoin que leurs parents passent du temps spécifiquement avec eux, des parents fort occupés n'ont pas toujours beaucoup de temps à consacrer mais, c'est la qualité plutôt que la quantité de temps passé avec aux qui compte vraiment. Références : Barkley (1995) Taking charge of ADHD. New-York : Guilford Press Robin (1998) ADHD in adolescents: Diganosis and treatment. New-York : Guilford
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