Les principes
de rééducation sont nombreux, élaborés
avec la collaboration des parents. Ils utilisent des stimuli
de voix humaine ou de musique enregistrés sur bande magnétique,
des stimulations de coordination des rôles respectifs
de chaque hémisphère en donnant la même
information aux deux oreilles avec des filtres différents,
des stimulations grapho-auditives. Une pédagogie spécifique
doit tenir compte de l'incapacité du dyslexique à
prendre des notes écrites et privilégier l'utilisation
du manuel, réaliser un plan écrit du travail,
tenir compte de la difficulté d'abstraction corrigée
par des exercices en équipe sur un thème donné
exploité par des textes de lecture, dictées, récitations,
repris en éducation physique ou en travaux manuels. Une
telle pédagogie nécessite des classes particulières
comportant un petit nombre d'enfants.
La méthode
Borel-Maisonny vise à établir une relation gestuelle
entre le schéma écrit et le phonème correspondant.
La méthode
Chassigny consiste à laisser l'enfant s'exprimer par
écrit, et à l'arrêter à chaque erreur
pour lui dicter sur un mode rythmique une succession de mots
apparentés au mot erroné.
La psychothérapie
est souvent utile.

Nicole
Laporte, vous êtes logopède, spécialiste
de la dyslexie. Quelle est la définition de ce trouble
du langage?
La dyslexie développementale est un trouble de l'apprentissage
du langage écrit, qui n'est pas justifié par un
déficit intellectuel, par des troubles neurologiques
acquis, par des troubles ORL sévères ou un cursus
scolaire inadapté_(auquel cas, il peut y avoir une dyslexie,
mais considérée comme secondaire).
Il
y a principalement deux types de troubles dyslexiques. Le premier
concerne le processus de décodage (transcodage progressif
des unités graphiques en unités phonétiques
correspondantes): on parle alors d'un trouble du processus d'assemblage.
Le second est lié à la reconnaissance globale
du mot (il y a toute une série de mots que l'on reconnaît
directement), signe d'une difficulté au niveau du processus
d'adressage.
Dans
la plupart des cas, les enfants font des erreurs au niveau des
deux processus, bien que ce soit souvent un problème
d'assemblage qui perturbe secondairement l'élaboration
du stock mnésique de mots et donc leur reconnaissance
globale. Les mots sont reconnus, mais confondus avec d'autres
mots proches: cousin/coussin, parlera/parlerait, ...
De
plus rares enfants présentent plus spécifiquement
une perturbation du processus d'adressage: au début de
leur scolarité, tout s'est passé "normalement",
mais vers la 3ème, 4ème année primaire,
leur lecture reste fort syllabée et ils commettent énormément
d'erreurs sur les mots irréguliers, même très
fréquents (le/les, et/est, ...).
- A partir de quel moment les parents doivent-ils s'inquiéter
et consulter?
Les
erreurs de lecture ne diffèrent pas fondamentalement
entre normolecture débutante et dyslexique: certaines
lettres ne sont pas décodées (partir devient patir),
permutées (tur au lieu de tru) ou sont substituées,
les confusions pouvant par ailleurs être phonologiques
( t et d et p et b) ou visuelles (m et le n, p et q).
Les
erreurs seront souvent beaucoup plus nombreuses chez l'enfant
dyslexique et surtout elles perdureront bien au-delà
des premiers mois d'école.
Une
dyslexie peut donc être suspectée dès février,
mars de la première année (et c'est à ce
moment qu'idéalement, il faut consulter). Chez un certain
nombre d'enfants, un déficit dans l'installation des
habilités phonologiques ou métaphonologiques laisse
pronostiquer plus tôt encore un risque important de difficultés
d'ordre dyslexique.
-
Que sont ces habilités métaphonologiques?
Bien
avant l'apprentissage de la lecture, les enfants vont comprendre
que "le mot" n'est pas un ruban sonore indissociable,
mais une suite de sons qu'ils vont apprendre à discriminer,
segmenter, permuter, fusionner. Concevoir les unités
phonétiques et en manipuler l'enchaînement en séquence
constitue l'habileté métaphonologique.
Ces
fonctions sont primordiales à l'apprentissage du langage
écrit et constituent un facteur pronostic d'autant plus
intéressant qu'il peut être objectivé avant
même l'école primaire. Il est regrettable que les
habiletés métaphonologiques ne fassent pas l'objet
de plus d'entraînement ni d'évaluation en classe
de 3ème maternelle.
- Le "zozotage" est-il un phénomène
connexe à la dyslexie?
Non.
Le zozotage n'est pas un problème phonologique, on parle
de dyslalie. L'enfant discrimine bien le son, mais l'articule
mal. C'est différent: il n'y a pas de confusion.
-
Que pensez-vous de l'utilisation de la méthode globale
pour apprendre à lire?
Pour
les enfants qui ont un trouble d'assemblage, la méthode
globale leur permet, au début, de "lire" sans
problème, puisque le principe de la méthode globale
est d'apprendre une série de mots "par coeur".
Tant qu'il y a 10, 20, 30 mots à retenir, cela se passe
en général très bien.
Ensuite,
la seconde étape de cette méthode prévoit
de repasser par une période de décodage, avec
parfois un soutien en classe, mais souvent, en tablant sur une
démarche personnelle des enfants. Cette étape
est fondamentale à la lecture de mots nouveaux.
L'enfant
qui a une faiblesse de codage aurait eu probablement du mal à franchir cette étape avec un soutien pédagogique,
mais laissé à lui-même.... Le problème
n'en est que plus accentué. Et souvent, ces enfants consultent
en fin de la 2ème année primaire, ce qui est déjà fort tard.
- L'aide gestuelle proposée parfois lors de l'apprentissage
de la lecture peut-elle aider?
Cette
gestuelle aide énormément les enfants qui ont
un problème de codage, en particulier si les gestes soutiennent
une relation logique entre le son et la lettre, sa graphie.
-
Devant un enfant dyslexique, quelle est la rééducation
à mettre en oeuvre?
Il
n'existe pas de programme type de rééducation.
Une thérapie concerne toujours un programme individuel
établi très étroitement par rapport à
chaque patient. Reste toutefois des principes fondamentaux et
constants tels l'analyse des erreurs spécifiques et des
fonctions cognitives associées, la recherche d'aides
efficaces, des entraînements ciblés, une gestion
de progression des étapes de complexités, et l'autonomisation
face aux procédés d'aide.
-
Garde-t-on des séquelles de sa dyslexie?
Il
est rare qu'un dyslexique puisse dire: plus aucun mot nouveau,
aucune situation complexe ne me cause problème.
Par
exemple, certains enfants, adolescents ou adultes garderont
des difficultés de lecture de mots rares et complexes,
d'étude de grandes quantités de matière
écrite ou d'apprentissage des langues étrangères.
Ils accumulent souvent un retard en grammaire, en conjugaison,
en orthographe.
Certains
enfants réagissent mieux, car ils sont plus volontaires,
plus patients, plus intelligents. L'association de troubles
associés joue également, particulièrement
le trouble de l'attention et de la mémoire. La dyslexie
dépend de tout un système cognitif, d'où l'importance d'un bilan multidisciplinaire.
- Un enfant dyslexique serait-il plus fort en math?
Il
est difficile de répondre à cette question, tant
les observations cliniques sont variées. Lorsque l'enfant
dyslexique présente des troubles de codage (association
du graphème à son phonème correspondant),
les difficultés de codage des chiffres et signes opératoires
apparaissent de concert.
Dans
d'autres cas, ce codage, la numération et les concepts
opératoires s'installent normalement.
Toutefois,
la plupart des enfants dyslexiques son en difficulté
face aux situations plus complexes impliquant une stratégie
séquentielle de calcul (ex: 8+5 =8+2+3) et des fonctions
cognitives associées, qui peuvent être indispensables
tant aux processus de lecture que de calcul (mémoire
de travail, attention, ...) Sans compter enfin que, pour résoudre
un problème, il s'agit d'abord de pouvoir le lire!
Texte
publié avec l'aimable autorisation de Madame Laporte
- Logopède spécialisée en neuropsychologie

Liens
concernant la dyslexie :
Bases
neurologiques des troubles spécifiques d'apprentissage
Exercices
pour aider son enfant dyslexique
Dépister
la dyslexie dès la maternelle
Décrypter
la dyslexie
Conseils écrits et éclairés d'un dyslexique
Guide
des bonnes pratiques pour la prise en charge d'un dyslexique
La
méthode Tomatis
Voici une adresse en Belgique
ou alors vous pouvez demander des infos à : Tomatis.International@wanadoo.fr
Veuillez contacter Madame
Van Ballaer : tel (32) 25 67 10 60
Centre de la Vois et de
la Communication
Kraanstraat 9 1703 Dilbeek
Les
logiciels rééduc
Mon
expérience de la dyslexie- dysorthographie par Alain
Lennuyeux
37
Signes révélateurs de la Dyslexie
Troubles
psychomoteurs et dyslexie

Quelques
dyslexiques célèbres :
Albert
Einstein - Hans Christian Anderson - Sir Winston Churchill -
George Patton -
Leonardo
da Vinci - Nelson Rockefeller - Walt Disney - George Washington
- Thomas Edison - Albert Einstein - Henry Winkler - Whoopi Goldberg
- Tom Cruise - Alexander Graham Bell ... et pourquoi pas un
jour mon fils Grégoire ou alors votre enfant?

Bibliographie
concernant la dyslexie :
- Le
don de dyslexie : Ronald D.Davis - avis perso sur le livre
: Très bien
- Vive
la dyslexie ! : Béatrice Sauvageot, Jean Métellus
Pour les 12 % de dyslexiques que compte la population française,
leurs difficultés à maîtriser le langage
sont sources de difficultés tout au long de la vie :
échecs scolaires et professionnels ne sont pas rares,
ce qui n'est pas normal lorsqu'on sait qu'un dyslexique est
intelligent et très créatif. Plutôt que
les obliger à apprendre à lire de façon
traditionnelle une méthode inefficace et rebutante
les deux auteurs, tous deux spécialistes du langage,
proposent une approche différente, ludique et épanouissante.
Partant du principe que les dyslexiques font des associations
d'idées suivant une logique très différente
de celle des non-dyslexiques, leur rééducation
fait appel à leur mode de pensée si particulier.
Si la méthode Sensonaime aborde le monde de l'écrit
par des approches artistiques créatives chants,
danses, théâtre, jonglage, art martial, etc.
c'est que la créativité des dyslexiques est inépuisable.
Aux dires des auteurs, les résultats sont encourageants
: non seulement les dyslexiques ne perdent rien de leurs talents
artistiques mai en plus, ils apprennent à manier la langue
française comme une seconde langue !
- Dyslexie,
où est la différence ? :
M. Klees - Ed. I.P.E.J. asbl. Ouvrage où alternent B.D.
et textes. Avis perso : Facile et agréable à lire,
mon fils dyslexique a beaucoup apprécié . Disponible
chez M. Klees 02/343 90 39. (250FB)
Cette bande dessinée n'est pas commercialisée.
Elle a été réalisée à l'intention
des enseignants et distribuée dans les écoles
de la communauté française de Belgique. C'est
un outil de sensibilisation à la prévention de
la dyslexie. Il est magnifique. L'histoire raconte les aventures
de deux enfants dyslexiques. C'est également un bon outil
de base pour les parents, car il est très simple et très
positif.
- Les
dyslexies : Simon L. - Editions Masson - isbn 2.294.00961.4
Cet ouvrage traite du problème des dyslexies, l'un des
thèmes abordés au cours des XXXes Entretiens de
médecine physique et de réadaptation de 2002.
Après un chapitre sur les aspects théoriques de
cette pathologie, les différents intervenants et auteurs
présentent les outils de dépistage et d'évaluation
clinique et les résultats de l'imagerie cérébrale
fonctionnelle. Les auteurs répondent par ailleurs à
la question de la prise en charge des dyslexiques, tant au niveau
médical que scolaire et abordent les aspects psychologiques,
le devenir des enfants dyslexiques et le rôle joué
par le réseau associatif dans ce domaine.

La
dysorthographie :
Ce terme
désigne les erreurs orthographiques qui font suite à
la dyslexie. Elle se manifeste non par l'ignorance d'une règle
grammaticale mais par la difficulté ou l'impossibilité
de considérer la phrase comme un ensemble organisé.
Ainsi, on peut distinguer chez l'enfant dysorthographique :