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The New England Journal of Medicine

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The New England Journal of Medicine
Voici les points saillants de l'article "Problems in the management of attention- deficit-hyperactivity disorder" paru le 7 janvier 1999, écrit par Alan J. Zametkin, M.D., et Monique Ernst, M.D., Ph.D.
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NB: j'utiliserai le terme "hyperactivité" en traduction de "attention deficit hyperactivity disorder".
On doit retrouver trois facteurs principaux dans le diagnostic de l'hyperactivité:

1- l'impulsivité
2- L'inattention (concentration)
3- l'agitation


L'hyperactivité est assez commune, affectant environ 4% des enfants. Parfois, les données varient de 3 à 11% et même plus. Les causes de l'hyperactivité demeurent inconnues.

Des recherches au sujet de la structure ainsi que de la fonction cérébrale (11 études utilisant la résonance magnétique cérébrale ainsi que d'autres appareils d'imagerie cérébrale) ont démontrées des différences significatives entre des sujets "en santé" et ceux ayant de l'hyperactivité.
Voir aussi l'article de "The Lancet".

Plusieurs études démontrent que des facteurs génétiques sont impliqués.

L'article rappelle les critères diagnostic qui sont les mêmes que ceux sur mon site en y ajoutant les suivants:

1- ne porte pas attention aux détails
2- a de la difficulté à s'organiser dans ses tâches

On ne peut diagnostiquer l'hyperactivité que sur la base d'un seul test. Il faut consulter les gens qui s'occupent de l'enfant au quotidien (professeur, parents, gardiennes, etc).

Il y a 3 sous-types à l'hyperactivité, selon le "Diagnostic ans Statistical Manual of Mental Disorders":

1- type prédominant hyperactif-impulsif
2- type prédominant inattentif
3- type combiné 1 et 2

Le diagnostic de l'hyperactivité peut être posé dès l'âge de 3 ans et le diagnostic des sous-types sont valides chez les enfants dès l'âge de 4 à 6 ans. Dès que l'hyperactivité devient une probabilité, il est important de considérer des causes médicales potentielles et les diagnostics différentiels (relatif à...). En voici un tableau:

Diagnostiques différentiels de l'hyperactivité

conditions coexistantes: (associées mais avec une symptomatologie distincte)

troubles de la conduite (souvent)
troubles d'apprentissage (souvent)
opposition-provocation (souvent)
syndrome de Gilles de la Tourette
troubles du langage

Troubles affectant l'attention:

troubles de l'anxiété (anxiété de la séparation, anxiété excessive, troubles obsessifs)
troubles de l'humeur (trouble grave de l'affect, manies, dépression)
abus de drogues
schizophrénie ou psychoses
résistance généralisée à l'hormone thyroïdienne, hyperthyroïdie
stress psychosocial (séparation des parents, décès dans la famille, etc)

Il est aussi important de pratiquer un examen médical complet de l'enfant. Un test de vision et d'audition est nécessaire. Aucun test de laboratoire n'est utile (sanguins, etc) à moins que l'on soupçonne un problème du côté de la thyroïde. Une "blessure" à la tête (traumatisme crânien), l'épilepsie ainsi qu'une infection cérébrale peuvent amener à des symptômes d'hyperactivité.

Le diagnostic d'hyperactivité doit être posé seulement si les symptômes ne peuvent s'expliquer par un autre désordre mental (voir diagnostiques différentiels ci-haut). Les troubles de l'humeur (en particulier la dépression) ainsi que les troubles de l'anxiété sont souvent (mal) diagnostiqués comme étant de l'hyperactivité. En ce sens, l'hyperactivité est présente assez tôt chez l'enfant, les symptômes sont continuels et empirent quand les demandes sociales et académiques augmentent. À l'inverse, les troubles anxieux et de l'humeur sont souvent épisodiques et apparaissent plus tard. Parce que ces troubles connexes sont souvent associés à l'hyperactivité, il faut traiter (médicalement) ces troubles en premier lieu et observer à savoir si les symptômes d'hyperactivité diminuent en même temps que les autres symptômes. Une réponse positive ne vient pas nécessairement confirmer le diagnostic d'hyperactivité.

Il est important de faire un historique familial pour déceler si un des deux (ou les deux) parents ont souffert d'hyperactivité (ou souffre encore): pour ces parents, les risques d'avoir un enfant hyperactif sont accrus.

Les filles hyperactives sont perçues comme étant moins impulsives, agitées et inattentives que les garçons. En clinique, ces différences ne sont par remarquées sauf en ce qui concerne l'agitation (les garçons le sont plus). Le ratio garçon/fille du type hyperactif-impulsif est d'environ 4 G pour une F. Le ratio pour le type inattentif est de 2 G pour une F. Les garçons sont référés plus souvent en clinique probablement parce que des conditions coexistantes (opposition-provocation, comportements agressifs) sont plus fréquentes chez ceux-ci.


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Traitements

Les techniques cognitivo-behaviorales (entraîner l'enfant a contrôler leurs propres comportements) inclut un rapport journalier ciblant les comportements inadéquats, avec renforcement positif si amélioration de ceux-ci. Cette technique permet de renforcer des comportements positifs chez l'enfant en minimisant les interactions qui peuvent nuire à son estime de lui. Ces techniques ont été l'objet de beaucoup d'études mais les résultats ne sont pas nécessairement significatifs.

L'article fait aussi mention que les parents et professeurs devraient avoir accès à de la documentation concernant l'hyperactivité. Il est aussi recommandé aux parents de faire partie d'un groupe de soutien. Il y a aussi la possibilité d'intervenir différemment en classe (endroit de l'élève dans la classe, rapport journalier - voir ci-haut - etc) et ajoute que la majorité des enfants seront enseignés dans des classes régulières. On y parle aussi des techniques de modification des habiletés sociales (social-skills training), sans mentionner de quoi il s'agit exactement, disant que ces techniques sont plus profitables lorsqu'appliquées à l'intérieur d'un groupe. Les résultats d'études concernant l'efficacité de ces méthodes sont incohérents. Concernant la thérapie individuelle, les auteurs mentionnent: elle n'est pas recommandée pour traiter l'impulsivité, l'attention ou l'agitation. Par contre, une thérapie peut aider à pallier aux problèmes connexes tels l'estime de soi, les comportements opposants-provocants et les troubles de la conduite.

Les médicaments: la décision de médicamenter un enfant doit être basée sur le degré des symptômes, d'une façon individuelle. Si l'enfant, à cause de son impulsivité, se place en danger physiquement et psychologiquement, une intervention médicale immédiate peut devenir nécessaire. Dans les cas moins sérieux, il est préférable d'intervenir d'abord au niveau des comportements de l'enfant (techniques cognitivo-behaviorales) à l'école et la maison.

Le ratio risque/bénéfice d'utilisation des stimulants (ex: Ritalin) est extrêmement bas, ceci basé sur 50 ans d'utilisation du Méthylphénidate (Ritalin) et la dextroamphétamine (Dexedrine). Les nombreuses études concluent que les stimulants ne remédient pas à toutes les conditions associées à l'hyperactivité. Les stimulants améliorent la concentration sur un travail donné et sur les habiletés à terminer des travaux académiques mais les résultats académiques (amélioration) à long terme ne sont pas documentés. Les résultats sont positifs en ce qui concerne les habiletés sociales et les relations avec les autres enfants, professeurs ainsi que les parents. Le but du traitement par les stimulants devrait être l'amélioration des comportements et non d'avoir de meilleurs résultats scolaires. Il n'y a pas d'études à long terme concernant l'utilisation des stimulants chez les adultes.


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Issues cliniques

Barkley et Biederman ont poursuivis 8 études longitudinales (à long terme) et voici quelques unes de leurs observations:

- 40 à 80% des enfants hyperactifs rencontrent encore tous les critères diagnostiques à l'adolescence
- 8 à 66% à la fin de l'adolescence et au début de l'âge adulte

Risque d'abus de drogues

L'hyperactivité chez l'enfant ne constitue pas en soi un risque accru de consommation de drogues à l'âge adulte. De même, il n'y a pas d'évidence qu'un enfant traité aux stimulants est plus à risque de faire usage de drogues illicites. Quand les stimulants sont utilisés tels que prescrit, il n'y a pas de risque de dépendance. Une étude récente démontre même que le traitement par les stimulants prévient le risque d'usage de drogues.


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Tics chroniques et Syndrome Gilles de la Tourette

Les enfants très affectés par l'hyperactivité ont souvent des tics chroniques ou la Tourette. On estime de 50 à 80% les enfants ayant la Tourette qui souffrent aussi d'hyperactivité. Deux études récentes concernant la sécurité et l'efficacité des stimulants chez les Tourette/hyperactifs supportent l'idée de leur prescrire des stimulants (malgré les contre-indications antérieures). Nous devons savoir que les tics peuvent être exacerbés et par la médication et par d'autres facteurs aussi, exemple: le stress (sans la présence de stimulants). De plus, un trouble des tics peut s'aggraver dans le temps, même sans intervention médicale (médication).

Résultats du traitement par les stimulants

points qui devrait être amélioré:

1- agitation
2- concentration
3- impulsivité et contrôle de soi
4- conformité
5- agression physique et verbale
6- interactions sociales avec les amis (es), parents, professeurs
7- productivité académique et précision (exactitude)

points qui pourrait être amélioré:

1- aptitudes à la lecture (sous étude)
2- habiletés sociales
3- apprentissages (moins d'amélioration dans ce secteur que les comportements)
4- résultats scolaires (sous étude)
5- comportements antisociaux (sous étude)

Études sur l'efficacité des stimulants

Whalen et Henker (1976), Barkley (1977), Adelman et Compas (1977): Réponse positive et immédiate de la perception de l'enfant chez les parents et les professeurs dans 75% des cas traités.

Swanson et al. (1993): suite à l'analyse de 341 articles (review articles), ont découvert que les symptômes sont deux fois plus améliorés que le QI et les résultats scolaires.

Carlson et Bunner (1993): amélioration significative de la concentration sur un travail et aussi sur les apprentissages. Pas de données sur les résultats académiques à long terme.

Hinshaw (1991): grande réduction des agressions (hyperactivité seulement)

 

Texte publié avec l'aimable autorisation d'Elaine Lemire

© Copyright 1996-1999 Elaine Lemire.
Tout droits réservés.
Mise en réseau du site le 17 octobre 1996.

 

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