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The Lancet
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Voici quelques extraits d'un article parut dans The Lancet du 7 février 1998, intitulé "Attention-deficit hyperactivity disorder and hyperkinetic disorder", écrit par J.M. Swanson, J.A. Sergeant, E. Taylor, E.J.S. Sonuga-Barke, P.S. Jensen et D.P. cantwell.
Les auteurs écrivent qu'il se peut que les mauvais diagnostics deviennent de l'histoire ancienne grâce à l'imagerie cérébrale ainsi que par des études génétiques, deux méthodes qui supportent la théorie d'une physio-pathologie en regard d'un dysfonctionnement cérébral dans les lobes frontaux et la glande "basale" (basal ganglia). Voir aussi l'article du New England.
Des études à long terme d'enfants hyperactifs démontrent que, bien que les symptômes d'hyperactivité/impulsivité décroissent avec l'âge, les symptômes d'inattention/concentration ne décroissent pas. De même, les symptômes "associés" tels l'anxiété et les troubles de la conduite augmentent avec l'âge. Le tiers des enfants hyperactifs auront toujours les mêmes symptômes à l'âge adulte et, de ce tiers, 20% auront une personnalité antisociale.
Contrairement à l'article du New England, ici les auteurs écrivent que des comportements d'hyperactivité et d'opposition/provocation peuvent être trop vite "catalogués" comme de l'hyperactivité, spécialement chez les enfants de moins de 5 ans. En bas de cet âge, il peut être préférable de poser un diagnostic "temporaire" (ex: pour l'instant, les comportements ressemble à de l'hyperactivité. On verra avec les années si le diagnostic se confirme).
À propos des
stimulants: ils réduisent les symptômes de façon significative
chez 80% des enfants et, malgré les effets secondaires, la médication
est "sécuritaire". Chaque dose de stimulant a un effet
à court terme avec très peu d'effets secondaires à
long terme. Une tolérance à long terme est rare puisque
l'augmentation du dosage n'est pas nécessaire pour maintenir les
bénéfices cliniques. Une récente
étude démontre que l'efficacité des effets (positifs)
cliniques persistent si le traitement aux stimulants est maintenu pendant
un an et plus. 20% des enfants ne bénéficient pas des effets positifs des stimulants et certains ont des effets secondaires carrément dangereux (prohibitive). Pour ces enfants, nous recommandons l'essai d'antidépresseurs tricycliques (ex: Tofranil®) qui se sont montrés efficaces. D'autres médicaments (ex: Clonidine, carbamazepine, venlafaxine, risperidone) sont quelquefois prescrit bien que peu d'études démontrent leur efficacité. Certains médicaments peuvent causés, très rarement, des effets secondaires graves tels des problèmes cardiaques avec l'imipramine (Tofranil) et la clonidine, problèmes hépatiques avec la pémoline (Cylert) ce qui demande une surveillance plus intensive qu'avec les méthylphénidate (Ritalin) ou les amphétamines.
50% des enfants hyperactifs souffriront aussi de troubles associés tels l'opposition/provocation et l'agressivité.
Au début des années 1990, une variété de techniques d'imagerie cérébrale ont démontrées que le réseau neuronal de la glande basale frontale (frontal basal-ganglia) était plus petit et moins actif que chez des sujets "normaux". Je vous reproduit ici le tableau qui accompagne ce texte. Je l'écris en anglais parce que je ne connais pas les termes français, je traduis seulement ceux dont je suis sûre. appareil utilisé: ERP conclusions: decreased
amplitude of ND wave appareil utilisé: SPECT conclusions: decreased
regional blood flow (réduction du flot sanguin) appareil utilisé: PET conclusions: decreased
glucose metabolism Pour résumer un peu les données très techniques de cet article, voici: la résonance magnétique cérébrale a aussi démontrée qu'il y avait des "anomalies" (moins d'activité) au cerveau, surtout dans les lobes frontaux (dorsolateral prefrontal cortex and anterior cingulate), dans la glande basale et aussi au niveau du corps calleux qui relie les régions frontales et pariétales du cerveau. (On va finir par être savants!) Les recherches dans le domaine moléculaire génétique on étudiés le "chemin" de la dopamine (neurotransmetteur) qui module et intègre l'activité neuronale dans ces régions du cerveau (voir ci-haut). Ces données (anomalies neuro-anatomique et bio-chimique) sont de bonnes bases pour comprendre la source "biologique" de l'hyperactivité.
Même si la thérapie médicamenteuse (stimulants) s'avère efficace dans la majorité des cas, chaque enfant répond différemment à celle-ci et certains verront leurs troubles associés (ex: Tourette) s'aggraver. Ils ajoutent: trouver la bonne médication est un peu comme jouer à la loterie!
Ça c'est intéressant: il n'est pas clair que de vouloir faire "entrer" un enfant dans un diagnostic est cliniquement aidant. Il serait préférable de décrire, d'analyser les différents aspects des difficultés de l'enfant, autant à la maison qu'à l'école, et de décider qui a un problème et où.
L'enfant hyperactif
sera mieux pris en mains (et traité) par une équipe qui
s'intéresse de près à l'hyperactivité. De
plus, le traitement de l'hyperactivité devrait plus souvent se
pencher sur l'enfant et son environnement que sur la médication.
Texte publié avec l'aimable autorisation d'Elaine Lemire ©
Copyright 1996-1999 Elaine Lemire. |
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