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DOCUMENTATION
TDA: Le point de vue du psychomotricien
Table
des matières

Publié avec
lautorisation de ALBARET Jean Michel, psychomotricien, Directeur de
l'école de Toulouse :
http://www.psychomot.ups-tlse.fr/
Journée
de Neuropédiatrie de l'Association Française de Pédiatrie
Ambulatoire. Toulouse, 27 janvier 2000.
Troubles
de l'attention : le point de vue du psychomotricien
Jean-Michel
Albaret, Directeur de l'Institut de Formation en Psychomotricité
de Toulouse, Faculté de Médecine Toulouse Rangueil, 133
route de Narbonne, 31062 Toulouse cedex 4.
Examen
psychomoteur
L'examen psychomoteur
comporte plusieurs éléments indissociables : un entretien
avec la famille, l'évaluation des capacités motrices et
du développement psychomoteur, la recherche des troubles associés
à l'aide de tests spécifiques. Cet examen est ensuite resitué
dans le contexte plus général d'une évaluation pluridisciplinaire
(examen psychiatrique, psychologique, orthophonique, sans oublier, le
cas échéant, les investigations neurologiques adéquates).
La recherche et la mesure de certains troubles cognitifs (attention, dimension
réflexion-impulsivité) font partie intégrante de
cet examen, principalement mais non exclusivement dans le cadre du trouble
déficitaire de l'attention / hyperactivité ou des incapacités
d'apprentissage (dyslexie). Le diagnostic psychomoteur s'appuiera sur
les manifestations cliniques observées au cours de l'examen et
sur les résultats obtenus à différents tests. Il
en ira de même pour l'évaluation des effets de la thérapie
psychomotrice lorsqu'elle est indiquée.
Manifestations
cliniques
Attention
Au cours de l'examen, les enfants répondent au moindre stimulus
parasite, qu'il s'agisse d'un mouvement de l'observateur, de l'ouverture
d'une porte ou de la sonnerie du téléphone. Le regard a
du mal à se focaliser sur l'exercice en cours, l'enfant papillonne,
passant rapidement d'un coin du bureau à l'autre.
Au test d'imitation de gestes, des réponses inadéquates
ou des positions aberrantes peuvent se rencontrer. Dans les tests graphomoteurs,
les résultats sont souvent médiocres : dessin du bonhomme,
figure de Rey, test de Bender-Santucci.
Les différentes échelles de développement psychomoteur
(LOMDS, WACS, Brunet-Lézine) nous informent sur la façon
dont l'enfant réagit à une consigne et devant une mise en
situation concrète. Elles montrent, outre le niveau d'agitation
de l'enfant en situation structurée, sa capacité à
maintenir ou non son attention sur une tâche pendant un certain
laps de temps. Les consignes doivent être répétées
et il faut fréquemment ramener l'attention de l'enfant sur le matériel.
Impulsivité
Au cours de l'examen, l'enfant répond sans réfléchir,
sans analyser suffisamment les éléments mis à sa
disposition. Dans le test d'orientation droite-gauche de Piaget-Head ou
dans celui d'imitation de gestes, le sujet donne des réponses rapides
mais erronées. Le mauvais résultat obtenu à ces épreuves
n'est pas dû, le plus souvent, à un déficit spatial
ou idéomoteur mais s'avère une conséquence de l'impulsivité
cognitive. Le sujet impulsif sait qu'il est nécessaire de s'accorder
un délai de réflexion devant la difficulté de la
tâche, mais il ne le fait pas.
L'impulsivité au niveau moteur est l'un des éléments
les plus remarquables au cours de l'examen. Le premier mouvement programmé
par le sujet est exécuté quelles qu'en soient les conséquences,
même si elles peuvent s'avérer dangereuses pour lui.
Ainsi, un enfant peut sauter à pieds joints au-dessus d'une corde
dans un sens et, immédiatement, sauter pour revenir à son
point de départ alors même que l'observateur est en train
d'enlever la corde, ce qui entraînera une collision inévitable.
La vue de l'obstacle n'a pas été prise en compte et n'a
pas inhibé le mouvement comme cela aurait été le
cas chez un enfant non impulsif.
L'échelle de développement psychomoteur de Lincoln-Oseretsky,
avec ses nombreuses mises en situation, mettra en évidence l'impulsivité
à plusieurs reprises. Le sujet répond rapidement mais n'exécute
qu'une partie de la consigne ou bien s'interrompt rapidement pour demander
ce qu'il faut faire.
Il éprouve aussi une difficulté à contrôler
l'exécution d'une tâche qui doit être accomplie lentement.
Si on demande à l'enfant de mettre des allumettes dans une boîte
le plus lentement possible, la consigne de lenteur n'est pas respectée.
L'enfant impulsif utilise souvent le contact pour communiquer, il privilégie
le canal cutané ce qui peut expliquer certaines manifestations
jugées agressives par l'observateur, mais également expliquer
le rejet dont il peut faire l'objet de la part de ses pairs à un
âge où les distances interpersonnelles augmentent avec la
prise en compte du canal visuel dans les interactions sociales.
Evaluation
des processus attentionnels
Cette évaluation est centrée sur l'attention sélective
et sur l'attention soutenue.
Attention
sélective : test de Stroop
L'attention sélective peut être définie comme
la capacité à maintenir l'attention sur une cible quand
des distracteurs sont présents, ou encore à tenir compte
d'une des dimension d'un stimulus tout en ignorant les autres. Dans le
cas présent, il s'agit de mettre les sujets dans une condition
d'interférence, où ils doivent inhiber une réponse
automatique, la lecture, pour donner une réponse moins évidente
qui est la dénomination de couleurs, ce qui met en jeu d'une part
l'attention sélective et d'autre part les processus inhibiteurs.
Le test de Stroop (Albaret & Migliore, 1999) se compose de trois
feuilles de format A4 (21x30 cm). La première, carte A comporte
4 noms de couleurs (vert, jaune, rouge, bleu) écrits en noir/blanc,
et disposés en 10 rangées de 5 mots (soit 50 mots). La deuxième,
carte B, est composée des mêmes noms de couleur, agencés
d'une autre manière que la première feuille et imprimés
d'une couleur différente que la couleur qu'ils expriment. Les séquences
de 5 mots diffèrent selon les cartes. La troisième, carte
C, comporte 10 rangées de 5 rectangles de couleurs (vert, jaune,
rouge, bleu).
Lors de la passation, un temps fixe de 45 secondes est donné pour
lire ou dénommer les items de chaque carte. Dans la première
épreuve, le sujet doit lire les mots de la carte A. La deuxième
épreuve consiste à lire les mots de la carte B sans prendre
en compte les couleurs d'impression. Puis, la personne doit nommer les
couleurs des rectangles de la carte C. Enfin, l'examinateur place une
nouvelle fois devant l'enfant la carte B, et lui demande de nommer les
couleurs d'impression (couleur de l'encre) en prenant garde de ne pas
lire les mots eux-mêmes (condition d'interférence).
Attention
soutenue : épreuves de barrages
Il s'agit de la capacité à soutenir pendant un temps
relativement long son niveau d'attention, qualifié encore de niveau
de vigilance. Les tests de barrages remontent à Bourdon (1895,
in Zazzo, 1972) et consistent à discerner rapidement et à
barrer certains éléments (lettres, chiffres, signes, formes
géométriques) à l'exclusion des autres avec lesquels
il peut y avoir confusion. Il peut y avoir un ou plusieurs signes à
barrer ou encore comparaison entre deux colonnes. Deux types d'erreur
sont possibles : celles par omission où un signe à barrer
ne l'est pas et celles par substitution, encore appelées confusion
ou addition, où un signe est barré à tort.
Différents tests sont utilisés selon l'âge : le
test de Corkum et al. (1995), le test des deux barrages de Zazzo (1972),
le test d2 (Brickenkamp, 1969).
Evaluation
de l'impulsivité
Il est
extrêmement difficile de séparer, dans les résultats
des examens pratiqués, les effets liés à l'impulsivité
et ceux qui ont pour origine un déficit d'attention. D'une part,
les épreuves mesurant l'impulsivité font partie d'un ensemble
de tâches qui demandent également un degré d'attention
élevé pour une réalisation optimale. De plus, les
tests d'attention continue montrent que les erreurs par substitution sont
significatives des enfants considérés comme impulsifs.
Le test d'appariement d'images (Marquet-Doléac et al., 1999)
dont le principe est similaire à celui du test de Kagan (et al.
1964 ; 1966) est certainement la mesure de l'impulsivité la plus
utilisée. On présente une image et le sujet doit trouver
parmi 6 autres celle qui est identique à la première. Les
cinq autres images ont subi des modifications légères (cf.
figure 1). La notation tient compte du temps mis à donner la première
réponse et du nombre d'erreurs. Le but est de la trouver le plus
vite possible sans commettre d'erreurs. Plusieurs mesures sont effectuées
:
- le temps de réflexion précédant la
première réponse
- le temps total mis pour l'ensemble de l'épreuve
- le nombre total d'erreurs sur l'ensemble de l'épreuve
- le nombre total de réussites dès la première
réponse.
Par manipulation de ces mesures, on peut alors obtenir deux index :
- un index d'exactitude qui détermine le nombre de
réussites à la première réponse en une minute
- un index d'impulsivité ou rapport du nombre d'erreurs
commises sur le temps total.
L'analyse des résultats permet de mettre en évidence le
type de fonctionnement cognitif utilisé par le sujet, selon les
deux dichotomies : lent ou rapide, précis ou imprécis.
La
thérapie psychomotrice (Extraits de Corraze et Albaret)
Exercices
d'attention
Les exercices d'attention portent sur les données sensorielles
visuelles ou auditives et cherchent à favoriser la focalisation
et l'exploration du champ perceptif. Pour le champ visuel, chaque fois
que le matériel s'y prête, on insistera sur l'organisation
du balayage visuel qui s'effectue, comme pour la lecture, de gauche à
droite et de haut en bas. De la même façon, la focalisation
sur les différents détails d'une image ou d'une posture
(jeu du sculpteur) sera envisagée méthodiquement pour s'assurer
qu'aucun élément n'est oublié. On peut ainsi aller
de la forme générale (position de l'axe du corps, attitude
d'ensemble) vers les différents éléments (position
de chacun des membres) en respectant un ordre défini.
Lorsque l'on demande à l'enfant de donner des instructions
permettant au thérapeute ou à un autre enfant de refaire
un dessin, une construction à l'aide de cubes ou un parcours d'obstacles
dans une salle, le résultat obtenu fournira un ensemble d'informations
pour les séances ultérieures. Dans ce type d'exercice, l'enfant
nous montre, en partie, les processus cognitifs qui sont à la base
de ses comportements ainsi que les perturbations qui les rendent inefficaces.
Nous avons là une éventuelle base de départ et/ou
un moyen d'évaluation de la thérapie en cours, si nous nous
intéressons aux consignes fournies, à l'ordre de réalisation,
au rythme, aux erreurs, corrections et oublis, au nombre de retours vers
le modèle, etc.
Parmi les exercices suivants, certains s'adressent à tous, d'autres
sont plus attractifs à un âge donné. Tous peuvent
être modifiés dans une multitude de dimensions, laissant
libre et ouverte la créativité de chacun.
Labyrinthes
Ces exercices comprennent, en premier lieu, des labyrinthes qui
permettent l'apprentissage de stratégies générales
pouvant pallier dans un premier temps le défaut d'attention. En
organisant la direction des déplacements au sein du labyrinthe,
le sujet associe la réussite de l'exercice à un effort d'organisation
et d'attention, ce qui peut le motiver à généraliser
ce type de stratégies à d'autres situations.
La première stratégie consiste, face à une intersection,
à toujours commencer son exploration par une même direction
(à droite, par exemple) et à marquer d'un point la partie
choisie avant de s'engager dans la voie ainsi déterminée.
Si le chemin se termine en cul-de-sac, le sujet revient au point, barre
la voie et passe à celle qui est située immédiatement
à gauche. S'il tombe sur une nouvelle intersection, il renouvelle
la procédure.
Le suivi du labyrinthe peut se faire à l'aide d'un crayon ou visuellement,
ajoutant de ce fait une composante mnésique supplémentaire.
Il est nécessaire d'insister sur la lenteur d'exécution
et sur le suivi rigoureux de la méthode employée qui peut
être fastidieuse si le labyrinthe est complexe. L'adaptation du
degré de difficulté aux capacités de l'enfant permet
d'en conserver le côté attractif.
Recherche
de différences
D'autres exercices peuvent être envisagés comme la
recherche d'une différence entre deux arrangements d'objets dans
la salle avec déplacement du sujet (modification des rapports spatiaux,
du nombre ou du type d'objets), ou entre deux séries d'objets sur
un tapis ou une table pour arriver à la recherche de détails
différents sur deux images apparemment semblables. Dans un premier
temps, les déplacements du sujet peuvent constituer des éléments
de facilitation pour la recherche des différences. Aux éléments
perceptifs, s'ajoute une composante motrice qui apporte des indications
supplémentaires si l'on a pris soin de modifier l'emplacement des
objets.
La recherche des différences ou des erreurs peut être
faite à l'aide d'images ou de dessins réalisés par
le thérapeute, ce qui offre l'avantage de permettre une progression
ajustée à l'évolution de l'enfant.
L'appariement d'images à replacer sur une carte qui en regroupe
plusieurs (principe du loto) ou les complètements de dessins en
fonction d'un modèle ou d'une consigne verbale sont intéressants.
Au niveau auditif, nous utilisons la recherche de détails sonores
sous la forme d'instruments particuliers à reconnaître (tambourin,
triangle) dans un ensemble musical plus ou moins complexe ou la reproduction
de structures rythmiques en variant le nombre des supports : parties du
corps, instruments de percussion. A partir des structures étudiées,
des exercices de reconnaissance sont ensuite ajoutés. L'exécution
de consignes successives dont la longueur et le nombre augmentent progressivement
permet d'associer la mémoire immédiate à la focalisation
de l'attention.
Jeu
de Kim et Memory
Le jeu de Kim fait aussi appel à la mémoire, grandement
facilitée par l'effort initial d'attention. L'enfant, après
avoir regardé un certain nombre d'objets (3 ou 4 suffisent au départ)
puis s'être détourné, doit retrouver les modifications
apportées par le rééducateur à l'ensemble.
Le temps d'observation est de 15 à 30 secondes durant lesquelles
le thérapeute souligne un certain nombre de détails, nombre,
positions relatives, couleurs, familles d'objets afin d'en faciliter la
mémorisation puis le rappel.
Les jeux de type Memory® nécessitent, tout comme le jeu
de Kim, mémoire et attention auxquelles se surajoute la nécessité
d'attendre que l'autre ou les autres joueurs aient fini leur tour, difficulté
supplémentaire non négligeable avec ce type d'enfants. Le
jeu est constitué de paires de cartes qui sont disposées
faces contre la table et que les joueurs doivent reconstituer en retournant
deux cartes à la fois. On peut, pour débuter, demander d'apparier
les cartes face visible.
Extraction
de détails dans un fond confus
Nous utilisons le procédé suivant : l'enfant est
invité à dessiner ce qu'il veut, sur une feuille ou au tableau.
A la suite de quoi, nous recopions, à côté de sa production,
quelques-uns des traits qui la composent en évitant qu'ils représentent
trop ouvertement un détail significatif. Nous demandons alors à
l'enfant d'identifier ces traits et de les indiquer sur sa feuille. Il
doit donc opérer un détachement à l'égard
de ce qu'il a dessiné et qui est porteur de signification pour
y chercher un élément qui en est dépourvu. A l'opposé
on peut lui demander de chercher à placer un ou plusieurs traits
dans un dessin déjà réalisé, ou de construire
un dessin à partir de quelques traits.
L'exploration rationnelle du champ perceptif visuel se fait par la
recherche de détails dans une photo ou un dessin, la recherche
de formes simples, dont la nature est définie par avance, au sein
d'un ensemble confus et leur poursuite avec le doigt ou un crayon en insistant
sur les endroits où les lignes s'entrecroisent. Les livres de la
série Où est Charlie ? (Handford, 1988) constituent un grand
classique dont l'intérêt ne se dément pas et dont
le degré de complexité peut varier considérablement
selon les consignes données. Dans les recherches de ce type, il
est souvent utile de se servir d'un cache qui masque une partie de la
figure et limite le champ d'exploration. Le cache est déplacé
au fur et à mesure et permet de balayer peu à peu l'ensemble
de l'image.
Une variante consiste à disposer sur un tableau magnétique
des formes géométriques de couleurs différentes,
puis de demander à l'enfant d'enlever toutes les formes ayant des
caractéristiques précises (carré rouge par exemple).
On peut partir d'un nombre réduit d'éléments de même
couleur, puis faire intervenir des couleurs différentes et enfin
multiplier le nombre de pièces.
Puzzles
Les puzzles sont utilisés à tout âge en insistant
sur la méthode de classement des pièces. Rechercher les
angles, les bords, puis trier les autres pièces selon certains
critères : forme de la pièce, couleurs, motifs. Le degré
de difficulté varie avec le nombre de pièces et leur forme.
Changer fréquemment de modèle et choisir des thèmes
comportant de nombreux détails et des couleurs variées est
souhaitable pour les plus jeunes. Le puzzle peut être refait sur
le modèle, puis à côté.
Pour les plus jeunes, la technique du puzzle inversé est utile
et augmente le caractère gratifiant que constitue pour l'enfant
la vue du puzzle achevé. Il s'agit, pour le rééducateur,
de faire presque totalement le puzzle en omettant une puis plusieurs pièces.
Le sujet est alors invité à finir.
Déplacements
L'observation d'un déplacement effectué par le thérapeute
ou un autre enfant suivie de sa reproduction de manière motrice
ou graphique sur un plan de la pièce peut trouver sa place dans
ces exercices d'attention, en variant la diversité et la complexité
des déplacements. Tout parcours réalisé avec différents
objets (cerceau, banc suédois, chaises, plots, etc.) peut servir
de support à cette activité. On commence par des exercices
très courts avec reproduction motrice (marcher sur le banc, slalomer
entre les cerceaux, s'arrêter sur le plot) pour finir par des trajets
comportant des changements de direction avec passage répété
à un même endroit, complétés d'actions à
réaliser avec les membres supérieurs (lancer, attraper,
exécuter un mouvement à un signal donné) ou des parcours
comportant des distracteurs que l'enfant doit ignorer alors même
qu'il est habituellement très intéressé par eux.
Le schéma général peut être le suivant :
- parcours réalisé par le thérapeute,
reproduit par l'enfant de façon motrice
- idem mais reproduction au tableau sur un plan
- parcours dicté par le thérapeute, réalisé
immédiatement, puis en différé
- parcours dessiné au tableau, réalisation
motrice
Les différentes étapes des programmes d'auto-instruction
(verbalisation faite par le thérapeute, puis par l'enfant à
voix haute, et enfin à voix basse ou en langage intériorisée)
peuvent être appliquées à chacune des mises en situation.
Entraînement
haptique
La recherche d'une meilleure discrimination haptique au niveau
manuel a des effets positifs sur la focalisation de l'attention et permet
de diminuer l'impulsivité. Les travaux de Butter (1979) et Locher
(1985) montrent ainsi une amélioration des performances au MFFT,
avec une diminution du nombre d'erreurs et une augmentation du temps de
latence avant de fournir la réponse, et au HMT (haptic matching
task), variante haptique du MFFT dans laquelle le sujet doit reconnaître
par le seul toucher, parmi trois formes décagonales, celle qui
est différente des deux autres. Les sujets réalisent, sans
la vue, des puzzles, des encastrements et s'exercent à la discrimination
d'objets et de formes de complexité croissante. Les matériaux
utilisés varient selon la taille, la forme et la texture. Les manipulations
de l'enfant sont accompagnées de consignes de lenteur, d'aide manuelle
pour améliorer les stratégies exploratoires et limiter la
vitesse de manipulation. Des démonstrations sur les façons
optimales de procéder sont également fournies par le thérapeute.
Parmi les exercices proposés, on demande de vérifier si
deux éléments présentés sont identiques ou
différents, ou encore de déterminer l'intrus dans un groupe
de plusieurs objets.
Dans le même ordre d'idées, on peut utiliser des exercices
comme le sac aveugle. Différents objets, connus ou non de l'enfant,
sont placés dans un sac de toile. L'enfant y introduit sa main
et doit nommer, avant de le sortir, l'objet qu'il a saisi. Il peut, au
contraire, rechercher un objet désigné par son nom, sa forme,
la matière.
Une autre possibilité consiste à classer, les yeux fermés,
des objets ne différant que par la taille : sphères (de
la bille en plomb à la balle de tennis), cubes, etc. Apparier des
vis et des boulons de diamètres différents, utiliser un
loto tactile sont autant de situations ludiques qui peuvent s'avérer
intéressantes.
L'utilisation de mise en situations motrices dans lesquelles l'enfant
à les yeux bandés ou fermés, qui semblent dans certains
cas être positives pour l'enfant agité et distrait, pourrait
relever des mêmes mécanismes de limitation des informations
visuelles.
Les exercices d'équilibre utilisant un matériel comme les
planches d'équilibre, le rouleau ou la boule d'équilibre
permettent aussi cette centration sur les informations haptiques et peuvent
être, à ce titre, intégrés dans les séances.
Jeux
sur ordinateur
De nombreux jeux sur ordinateur peuvent être utilisés
soit comme renforçateur, soit comme exercice d'attention. Tous
les logiciels dont la base est un labyrinthe en deux ou trois dimensions
sont intéressants. De la même façon les logiciels
de résolution de problèmes sont nombreux :
- jeux d'aventure avec recherche d'indices faisant
intervenir l'attention ;
- puzzles et jeux d'assemblage ;
- appariement de formes ;
- jeux de réflexion.
On privilégiera les jeux dont les parties sont courtes, possédant
différents niveaux de difficulté, sans oublier que la présence
du thérapeute est un préalable indispensable.
Bibliographie
Albaret, J.M., &
Migliore, L. (1999). Manuel du test de Stroop. Paris : Editions du Centre
de Psychologie Appliquée.
Corkum, V., Byrne, J.M., & Ellsworth, C. (1995). Clinical assessment
of sustained attention in preschoolers. Child Neuropsychology, 1, 1, 3-18.
Corraze, J., & Albaret, J. M. (1996). L'enfant agité et distrait.
Paris : Expansion Scientifique Française.
Corraze, J. (1999). Les troubles psychomoteurs. Marseille : Solal.
Kagan, J. (1966). Reflection-Impulsivity : the generality and dynamics
of conceptual tempo. Journal of Abnormal Psychology, 71, 1 : 17-24.
Kagan, J., Rosman, B.L., Day, D., Albert, J., & Phillips, W. (1964).
Information processing in the child : significance of analytic and reflexive
attitudes. Psychological Monographs, 78, 578.
Marquet-Doléac, J., Albaret, J.M., & Bénesteau, J. (1999).
Manuel du test d'appariement d'images. Paris : Editions du Centre de Psychologie
Appliquée.

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