DOCUMENTATION
Les enfants DYS
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Les enfants DYS
(...dysphasies, dyslexies, dyspraxies...)
de la
Difficulté
de la
Reconnaissance
de leur
Trouble
au
Grave Problème
de leur
Orientation
en
France
Lenfant DYS et lEchec Scolaire
- Causes : Des problèmes médicaux induisent des troubles des acquisitions scolaires
- Conséquences : Échec scolaire, Illettrisme, Chômage, Exclusion ...
- Orientation et Devenir de lenfant
- Conclusions : Létat des lieux en France
- Conduite à tenir : Informer, Dépister, Traiter
- Bibliographie
Ce document fait le point sur les troubles dapprentissage scolaires chez
lenfant, données sémiologiques médicales exclues.
Il nest pas une base de données exhaustives mais est une compilation
déléments recueillis dans les compte rendus de conférences,
colloques, publications scientifiques et livres.
Il sinspire de la contribution de Patrice COUTERET (CNEFEI) pour lélaboration
dun rapport sur les troubles du langage chez lenfant par lassociation
CORIDYS.
Une partie de ce qui est écrit ici se retrouve dans un dossier coordonné
par Laurence Vaivre-Douret et Anne Tursz publié dans la revue ADSP (Actualité
et Dossier en Santé Publique) n° 26, Mars 1999, p. 23-66, qui est
la revue trimestrielle du Haut Comité de la Santé Publique. Ce
dossier est consacré aux troubles dapprentissage sous le titre
Les troubles dapprentissage chez lenfant, un problème
de santé publique ? et il est diffusé par la documentation
Française.
Ce document a pour objectif dinformer et de sensibiliser les lecteurs
à un problème qui relève de la Santé Publique, de
lEducation Nationale mais aussi de lAction Sociale.
Dr Lucien CASTAGNERA, Hôpital Pellegrin, C.H.U. Bordeaux
Pour plus dinformations, voir le site de lassociation CORIDYS :
www.coridys.asso.fr
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1 - Causes : Aspect médical du problème
Les troubles qui peuvent nettement perturber voire empêcher toute acquisition scolaire et qui surviennent chez des enfants indemnes de toute pathologie psychiatrique et dont lintelligence est préservée apparaissent dans les codifications officielles de lassociation américaine de psychiatrie et de lOMS via les publications respectives de la 4 ème édition du Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux (DSM IV) et de la Classification Internationale des Maladies et problèmes de santé connexes (CIM 10). Les experts qui ont préparé la CIM 10 et le DSM IV ont travaillé en collaboration étroite faisant que les codes et termes utilisés dans le DSM IV sont tout à fait compatibles avec la CIM 10. Dans le texte, les troubles seront mentionnés selon leur code par (F00.0 ) selon la CIM 10 et de (000.00) pour le DSM IV.
Ces troubles ont été classés au sens du DSM III puis du DSM IV et de la CIM 10 et lon distingue :
- Les troubles des habiletés motrices qui concernent les troubles de lacquisition de la coordination (315.4) nommés aussi trouble spécifique du développement moteur (F82). Ils incluent aussi les troubles spécifiques mixtes du développement (F83) qui associent, selon la CIM 10, le trouble spécifique du développement moteur à un trouble de développement du langage et de la parole et des acquisitions scolaires. Ils sont couramment associés, daprès la DSM IV, à un trouble phonologique (315.39), à un trouble du langage de type expressif (F80.1; 315.31) ou à un trouble du langage de type mixte réceptif-expressif (F80.2; 315.31). Leur prévalence est de 6 % des enfants âgés de 5 à 11 ans.
- Les troubles hyperkinétiques avec les troubles déficitaires
de lattention (F90.0) incluent le déficit de lattention/hyperactivité,
type mixte (F90.0, 314.01), le déficit de lattention/hyperactivité,
type inattention prédominante (F90.0, 314.00) et le déficit de
lattention/hyperactivité, type hyperactivité-impulsivité
prédominante (F90.0, 314.01 ) et enfin les troubles déficitaires
de lattention/hyperactivité, non spécifié qui ne
remplissent tous les critères des troubles déficitaires de lattention/hyperactivité
(F90.9, 314.9).
Selon lOMS, ces troubles saccompagnent souvent dune
altération des fonctions cognitives et dun retard spécifique
du développement de la motricité et du langage. Ils peuvent entraîner
un comportement dyssocial ou une perte de lestime de soi .
Ils saccompagnent dans 50 % des cas de troubles du langage et/ou du langage
écrit.
Si leur prévalence est estimée entre 3 à 5 % de la population
scolaire, on estime à 2 % le pourcentage denfants affectés
qui vont présenter concomitamment des troubles des acquisitions scolaires
ou troubles des apprentissages.
- Les troubles des apprentissages correspondent aux troubles des acquisitions
scolaires selon le DSM III et ils sont nommés troubles spécifiques
des acquisitions scolaires selon la CIM 10 (F81). Les troubles des apprentissages
sont nommés troubles dapprentissage scolaires selon le National
Joint Comittee of Learning Disabilities qui les définit comme un
ensemble hétérogène de troubles causés par une dysfonction,
détectée ou non, du système nerveux central mais nayant
pas pour origine un handicap visuel, auditif ou moteur, une arriération
mentale, un trouble affectif ou un milieu défavorisé. Ils
peuvent cependant coexister avec lun ou lautre de ces problèmes
et Ces troubles peuvent se manifester par des retards dans le développement,
des difficultés au niveau de la concentration, de la mémoire,
du raisonnement, des difficultés au niveau de la coordination, de la
communication, de la lecture, de lécriture, de lépellation,
du calcul, et par des difficultés touchant la sociabilité et la
maturité affective.
Ces troubles sont décrits par lOMS comme des troubles dans lesquels
les modalités habituelles dapprentissage sont altérées
dès les premiers stades du développement. Laltération
nest pas seulement la conséquence dun manque doccasions
dapprentissage ou dun retard mental et elle nest pas due à
un traumatisme cérébral ou à une atteinte cérébrale
acquise .
Ils sont diagnostiqués, selon le DSM IV, lorsque les performances
du sujet à des tests standardisés, passés de façon
individuelle, portant sur la lecture, le calcul ou lexpression écrite
sont nettement au-dessous du niveau escompté, compte tenu de son âge,
de son niveau scolaire et de son niveau intellectuel .
Ils concernent donc les troubles de lacquisition de la lecture (F81.0,
315.00), de lacquisition de larithmétique (F81.2, 315.1),
de lexpression écrite (F81.8, 315.2), de lacquisition de
lorthographe (F81.1), les troubles mixtes touchant le calcul et la lecture
ou lorthographe (F81.3) dans lesquels il existe à la fois
une altération significative du calcul et de la lecture ou de lorthographe,
non imputable exclusivement à un retard mental global ou à une
scolarisation inadéquate .. et les troubles des apprentissages
non spécifiés (F81.9, 315.9) lesquels pourraient inclure les difficultés
dans les 3 domaines. Les troubles spécifiques mixtes du développement
(F83) concernent une catégorie résiduelle de troubles, dans
lesquels il existe à la fois des signes dun trouble spécifique
du développement, de la parole et du langage, des acquisitions scolaires
et des fonctions motrices, mais sans quaucun de ces éléments
ne prédomine suffisamment pour constituer le diagnostic principal.....
ces troubles saccompagnent, mais pas toujours, dun certain degré
daltération des fonctions cognitives....
Leur prévalence est estimée entre 2 à 10 % avec une moyenne
de 5 %.
- Les troubles spécifiques du développement de la parole et
du langage dans la CIM 10 (F80) concernent les troubles de la communication
selon la DSM IV (315.31, 315.39).
Ils sont décrits par lOMS comme des troubles dans lesquels
les modalités normales dacquisition du langage sont altérées
dès les premiers stades du développement. Ces troubles ne sont
pas directement attribuables à des anomalies neurologiques, des anomalies
anatomiques de lappareil phonatoire, des altérations sensorielles,
un retard mental ou des facteurs de lenvironnement. Les troubles spécifiques
du développement de la parole et du langage saccompagnent souvent
de problèmes associés, tels des difficultés de la lecture
et de lorthographe, une perturbation des relations interpersonnelles,
des troubles émotionnels et des troubles du comportement.
Ces troubles incluent, entre autres, le trouble spécifique de lacquisition
de larticulation ou trouble phonologique daprès la DSM IV
(F80.0, 315.39), le trouble de lacquisition du langage de type expressif
(F80.1, 315.31), le trouble de lacquisition du langage de type réceptif
considéré comme de type mixte réceptif-expressif daprès
le DSM IV (F80.2, 315.31).
La prévalence des troubles du langage de type expressif et de type mixte
réceptif-expressif est respectivement de 3 à 5 % et de 3 % des
enfants dâge scolaire. Ils sont souvent associés à
un trouble des apprentissages, à un trouble déficit de lattention/hyperactivité
ou à un trouble de lacquisition de la coordination.
Lensemble des troubles décrits est lié à une altération
du système cognitif impliquant parfois un dysfonctionnement cérébral
minime concernant la transmission des informations mais nest pas lié
à une affection psychiatrique ou un trouble dordre psychologique.
Ces troubles ne sont pas le résultat direct de déficience mentale,
de déficits neurologiques, de troubles de lacuité visuelle
ou auditive non corrigés, perturbations affectives mais peuvent leur
être associés. Ces troubles se manifestent par des difficultés
spécifiques et significatives des apprentissages scolaires. Ils peuvent
être massifs et perturber les processus attentionnels, la mémoire
immédiate verbale puis les aptitudes phonologiques, visuo attentionnelles,
gestuelles mis en jeu dans lacquisition du langage oral, de la lecture,
de lorthographe et du graphisme. Latteinte de telles compétences
peut avoir pour conséquences des troubles de lattention avec ou
sans hyperactivité, des troubles dysphasiques, dyslexies, dysorthographie,
dysgraphie. Ces troubles peuvent être spécifiques et ne toucher,
par exemple, que lapprentissage de la lecture : cest la dyslexie.
Quoi quil en soit, il y a toujours un trouble de la conscience phonologique
accompagné ou non de troubles attentionnels. Il y a un consensus international
qui consiste désigner ces troubles comme des troubles primaires dont
l'origine est supposée essentiellement "développementale"
(donc indépendante de l'environnement socioculturel) et, d'autre part,
d'en faire une catégorie à part qui représenterait environ
un quart des enfants en échec scolaire.
Par commodité, nous nommerons les enfants affectés par de tels
troubles les enfants Dys . Ces enfants présentent
des difficultés persistantes dans lacquisition des stratégies
dapprentissage qui les empêchent de sadapter à un environnement
scolaire standard. Ceci constitue un véritable handicap qui a conduit
à créer partout dans le monde des écoles et universités
ouvertes à ce type de pathologie, car il sagit bien là dune
pathologie source dun handicap compromettant la vie future de lenfant.
Ce trouble est intrinsèque à la personne et peut influer sur lapprentissage
et le comportement de tout individu possédant aussi bien un potentiel
intellectuel moyen quune intelligence supérieure. Léchec
scolaire guette ici en permanence : la maîtrise du langage oral et écrit
peut aller jusquà être quasiment nulle et le calcul nêtre
pas intégré. Les mêmes situations déchec se
retrouveront en apprentissage professionnel ou au poste de travail. Sur un plan
comportemental, il est noté un état dépressif réactionnel
plus ou moins sérieux, des conflits avec le milieu familial et avec lenvironnement
scolaire et social.
On estime à 8-10 % le nombre denfants Dys
dans le monde et à 4 à 5 % le nombre denfants présentant
des formes sévères. La France est exclue de ces données
épidémiologiques faute davoir étudié ce problème.
On sait cependant que, pour lannée 1989-1990, et daprès
les statistiques fournies par lEN, 849 417 enfants ont intégré
le CP. Si lon se base sur ce qui est publié au JO, 5 % dentre
eux vont présenter des formes graves de troubles du langage sources de
Troubles dApprentissage durables et seront en échec précoce
faute dune prise en charge appropriée. Une autre partie présentera
des troubles modérés nécessitant aussi une prise en charge
spécifique, alors que la dernière partie présentera des
formes mineures ne nécessitant pas une telle prise en charge. On peut
ainsi estimer à plus de 60 000 le nombre denfants entrant en CP
et nécessitant une prise en charge spécifique médico-éducative.
Le devenir social de tels enfants est inconnu en France et lon estime
ce devenir à partir denquêtes réalisées à
létranger.
Les troubles spécifiques du développement de la parole et
du langage, sous-groupe des Dys , sont actuellement
bien répertoriés et sont reconnus en France depuis 1989. Ils rentrent
en effet dans le cadre de larrêté du 9 Janvier 1989, publié
au BO de lEducation Nationale, qui fixe la nomenclature des déficiences,
incapacités et désavantages à laquelle ils appartiennent.
Cette nomenclature, inspirée étroitement de la classification
internationale des handicaps - CIDIH - proposée par lOrganisation
mondiale de la santé, elle en suit les principes généraux
et, en particulier, lorganisation selon trois axes : laxe des déficiences,
laxe des incapacités, laxe des désavantages,
le désavantage étant la traduction française du terme anglo-saxon
handicap. Chaque terme est bien défini et ainsi, la
déficience correspond à laspect lésionnel du
handicap, lincapacité correspond à laspect
fonctionnel du handicap et le désavantage correspond à
laspect situationnel du handicap. Les déficiences du langage
et de la parole sont une déficience des modes de communication
(dont la communication orale ou écrite) lorsquelle nest pas
due à une déficience intellectuelle. Le cadre des déficiences
du langage et de la parole est défini au chapitre 3. Il comprend
les troubles du langage écrit et oral (rubrique 31) comprenant
les déficiences de lexpression verbale, de la compréhension
du langage écrit et verbal, de lutilisation verbale voire gestuelle
et la déficience de lapprentissage du langage écrit ou parlé
(rubrique 32) comprenant les troubles instrumentaux ou cognitifs ....,
mais pas les troubles intellectuels. Ainsi, un trouble du langage
est une déficience qui peut être responsable dune incapacité,
lincapacité de communication, pouvant entraîner un désavantage
(traduction de handicap) tel une situation de non-intégration sociale.
Les enfants présentant des troubles langage oral et/ou écrit étaient
donc reconnus par lEducation Nationale comme des enfants désavantagés
cad handicapés : en 1975, la loi n° 75-634 précisait
que les enfants et adolescents handicapés sont soumis à
lobligation éducative. Ils satisfont à cette obligation
en recevant soit une éducation ordinaire, soit, à défaut,
une éducation spéciale, ..., la décision du
type déducation étant prise par une commission créée
à cet effet dans chaque département : la Commission Départementale
dEducation Spéciale (CDES). Cette loi du 30 juin 1975 affirmait
donc sa priorité en faveur des personnes handicapées. Les principes
et les modalités de la politique dintégration qui en découlait
étaient précisés dans la circulaire n° 82/2 et n°
82-048 du 29 Janvier 1982 mise en oeuvre dune politique dintégration
en faveur des enfants et adolescents handicapés et dans la
circulaire n° 83-082, 83-4 et 3/83/S du 29 Janvier 1983 relative à
la mise en place dactions de soutien et de soins spécialisés
en vue de lintégration dans les établissements scolaires
ordinaires des enfants et adolescents handicapés, ou en difficulté
en raison dune maladie, de troubles de la personnalité ou de troubles
graves du comportement, tout en insistant sur limportance
des mesures de prévention dans le système intégratif
et précisant, en outre, que Les services de protection maternelle
et infantile sont également en mesure dapporter une contribution
essentielle sur le plan médical et social. Par la suite, la loi
dorientation sur léducation n° 89-486 du 10 juillet 1989
consacrait un chapitre relatif à lintégration scolaire des
enfants handicapés et prévoyait la création, à partir
du 1 / 09 / 1990, dInstituts Universitaires de Formation des Maîtres
(IUFM) dont les missions, domaines dactivités et compétences
étaient bien définis et prévoyaient la mise en oeuvre
de stratégies denseignement ou daides adaptées ou
différenciées où lon attendait que lenseignant
maîtrise les données actuelles concernant la connaissance
des difficultés, atteintes, déficiences ou handicaps... comprenne
les répercussions, sur le plan pédagogique, des difficultés,
atteintes ou déficiences dans les domaines relationnel et cognitif, sache
évaluer les capacités de lélève (au plan cognitif,
moteur, affectif), ses stratégies dapprentissage, ....conçoive
des stratégies dapprentissage adaptées ....
Outre cette mission denseignement spécialisé, lenseignant
devait prévenir les difficultés dapprentissage et dadaptation
scolaires, promouvoir lintégration scolaire et linsertion
sociale et professionnelle et enfin avait une mission de relation tant avec
lenfant et / ou les familles quavec dautres professionnels.
Tout ce qui précède ne fût probablement pas appliqué
puisquune note de service (n° 90-023 du 25 Janvier 1990) fût
publiée au BO (n°6 du 8 février 1990) qui portait sur les
Recommandations et mesures en faveur des élèves rencontrant
des difficultés particulières dans lapprentissage oral et
du langage écrit. Il y est clairement indiqué le type de
prise en charge à adopter, la mise en place dactions de formation
continue en direction du personnel enseignant.
Les troubles du langage oral et/ou écrit, reconnus comme une affection
handicapante, peuvent, depuis 1993, donner droit à lattribution
de lAllocation dEducation Spéciale (AES). Celle-ci est fixée
selon le taux dincapacité déterminé daprès
un Guide-Barème pour lévaluation des déficiences
et incapacités des personnes handicapées publié
à cet effet par le CTNERHI via la circulaire (n°93/36-B du 23 novembre
1993) dapplication du décret (n° 93-1216 du 4 novembre 1993)
relative au guide-barème pour lévaluation des déficiences
et incapacités des personnes handicapées et dont la date dapplication
devait être effective le 1er décembre 1993. Il donne les instructions
relatives à la mise en oeuvre du nouveau guide-barème à
lusage des CDES et des COTOREP en sappuyant sur les
concepts proposés par lOrganisation Mondiale de la Santé
: déficience, incapacité, désavantage. Ce guide se
décrit comme un guide méthodologique dont le mode dentrée
se fait par type de déficience qui correspond à toute
perte de substance ou altération dune fonction ou dune structure
psychologique, physiologique ou anatomique.... Il précise ailleurs
quil a été recherché la prise en compte des
difficultés que cette déficience engendre dans la vie quotidienne
ou professionnelle car ceci conduit directement à la notion
dincapacité développée dans la Classification Internationale
des Handicaps .... Il définit les troubles au chapitre IV dans
le sous-chapitre 2 intitulé Troubles du langage et de la parole
congénitaux ou acquis avant ou pendant lacquisition de lécriture
et de la lecture. Il fixe un taux dincapacité est selon le
degré de gravité de la déficience. La déficience
légère concerne des déficiences telles quune
dysarthrie mineure sans autre trouble neurologique ou un retard simple du langage,
la déficience moyenne concerne les déficiences du langage
écrit ou oral perturbant les apprentissages notamment scolaires mais
pas la socialisation, la déficience importante concerne les
troubles importants de lacquisition du langage oral et écrit perturbant
notablement les apprentissages et retentissant sur la socialisation, la
déficience sévère concerne des troubles sévères
et définitifs de lacquisition du langage oral et écrit
rendant celui-ci incompréhensible ou absent.
Ces déficiences
sont appréciées à des taux, respectivement, inférieur
à 15 %, de 20 à 45%, de 50 à 75% et de 80 à 95%,
lesquels permettent lattribution de diverses prestations selon le décret
n° 93-1216 du 4 novembre 1993. Le seuil de 50% peut ouvrir droit à
lattribution, sous conditions, de lAllocation dEducation Spéciale
(AES).
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2 - Conséquences
Léchec scolaire
Une étude
de recherche INSERM / CHU de 1994 portant sur le langage et le comportement
de 2059 élèves âgés de 3 ans 5 mois à 3 ans
8 mois révèle que les difficultés affectaient 13,9 % des
cas. Elles étaient probables dans 6,3 % des cas et certaines dans 7,6
% des cas et 9,4 % des enfants étaient à surveiller.
En Gironde,
le service de PMI du service des actions de santé de la Direction Solidarité
Gironde (DSG) a effectué, de Janvier 1997 à Décembre 1997,
un test de dépistage des troubles du langage (ERTL 4) qui a été
appliqué à des enfants nés en 1993 afin de repérer
les troubles du langage. Les résultats révèlent que sur
12427 enfants évalués, 1481 soit 11,9 % présentent des
ce qui a été nommé troubles du langage, sans
autre précision. Ces résultats ont-ils été suivis
deffets ?
Dans le Lot
et Garonne, ce même test a été effectué de Janvier
à Juin 1998 par les médecins de PMI. Ainsi, 1449 enfants de moyenne
section maternelle ont été évalués : 131 soit 9
% ont eu une prescription de bilan orthophonique à but diagnostic et
/ ou rééducatif.
Des études
longitudinales ont été appliquées à des sujets suspectés
de troubles du langage oral et/ou écrit pour évaluer le niveau
auditif, les capacités mnésiques et perceptives, lorientation
et la structuration spatio-temporelle et les performances de parole et de langage.
Elles concernent des enfants de 9 à 11 ans (testés par le TDP
81 alors quils avaient de 3 ans 6 mois à 5 ans 6 mois), des collégiens
de classe de 6 ème en cycle dobservation CO3 et des jeunes adultes
âgés de 18 à 25 ans, réputés illettrés.
Les résultats montrent que:
- Seuls, 8 à 10 % des enfants dépistés
en difficulté ont bénéficié dune
prise en charge orthophonique et/ou psychopédagogique. Aucun de ces enfants
na redoublé malgré, pour certains, un rendement scolaire
moyen ou faible.
- Les autres, dépistés mais non traités,
se retrouvent 4 à 5 ans plus tard, en échec scolaire patent. Ces
derniers enfants présentent un tableau clinique particulier mais homogène
avec de mauvaises perceptions visuelles et / ou auditives, des difficultés
de mise en mémoire et dévocation, des erreurs ou maladresses
de lorientation et de la structuration dans le temps et lespace,
un déficit langagier (lexique réduit, syntaxe peu expansée,
récit mal structuré), une lecture difficile voire très
mauvaise, une expression écrite perturbée, une communication verbale
maladroite et une adaptation socioculturelle difficile.
Ainsi, les collégiens de classe de 6 ème en cycle dobservation
CO3 tout comme les adultes réputés illettrés présentent
le même tableau clinique avec les mêmes carences sur lesquelles
se sont greffés des problèmes dordre psychoaffectif, social
et familial. La conclusion générale émise était
que ces divers sujets présentaient des carences structurales cognitives
et linguistiques comparables et que, malgré la scolarisation obligatoire
et les apports des divers milieux informatifs et culturels, ces carences semblaient
se figer à un certain moment sans espoir apparent de les voir se compenser.
Dans un compte-rendu
publié aux Entretiens de Bichat en 1991, léchec scolaire
touche 30 % de la population scolarisée et, alors que 10 % dune
classe dâge redouble le CP, 93 % des redoublants natteignent
jamais la seconde. On retrouve 50 % des élèves de fin de cinquième
qui ont au moins une année de retard sur lâge normal, et
on constate que 13 % de collégiens abandonnent lécole sans
qualification ni diplôme. Dans le même compte-rendu, il apparaît
que lillettrisme concerne 5 à 6 millions de Français
et 20 à 25 % denfants entrent en sixième et ne savent pas
lire. Notons surtout que 7 à 13 % dune classe dâge
nacquièrent jamais le langage écrit et se retrouvent en
totalité dans le groupe des chômeurs de moins de 24 ans (travaux
du groupe permanent de lutte contre lillettrisme, 1984-1990).
Dans les documents de l'UNESCO, de l'OCDE et de la Commission Européenne,
l'expression qui tend à se généraliser comme l'équivalent
international de la notion française "d'échec scolaire"
est "Besoins Éducatifs Spéciaux". Une enquête
récente de l'European Association for Special Education effectuée
à partir des statistiques fournies par chaque pays de l'Union Européenne
estime que 4 à 6 % de la population scolaire présentent des désordres
ou des déficiences des apprentissages et relèvent de besoins
éducatifs spéciaux. Inspirée par la classification
américaine DSM 4, l'étude utilise l'expression : "troubles
développementaux spécifiques des apprentissages " et les
termes de "dysphasie", "dyslexie", "dyspraxie".
Les troubles spécifiques du langage représenteraient 1/4 de l'échec
scolaire.
Plus encore qu'au niveau international, les enfants Dys
sont insuffisamment et mal diagnostiqués en France. Seuls les
enfants atteints de troubles sévères du langage, ou du moins la
plupart d'entre eux, ne restent pas dans le circuit ordinaire, mais même
dans ce cas ils sont trop souvent mal diagnostiqués et ne sont donc pas
pris en charge de façon adaptée. De plus, la plupart des enfants
présentant des troubles spécifiques du langage, notamment des
dyslexies, ont des difficultés dont la sévérité
n'a pas imposé le placement dans un circuit spécialisé.
C'est en prenant en compte ces enfants que dans certains pays on estime que
près de 5 % de la population scolaire est concernée.
Depuis 1989 la majorité des élèves bénéficient
d'évaluations en lecture et en calcul à l'entrée du cycle
3 de primaire (CE2) et en 6e des collèges. Daprès la Direction
de l'Evaluation et de la Prospective (maintenant Direction de la Prospective
et du Développement) du Ministère de l'Education Nationale qui
traite et analyse les résultats, une proportion reste à peu près
constante : de 5 à 8 % des élèves de 6e sont en grande
difficulté scolaire et ne maîtrisent les bases ni en lecture ni
en calcul. Comme la majorité des élèves accueillis dans
le système spécialisé ne participe pas à ces évaluations,
on peut ajouter environ 2 % à cette fourchette, ce qui donne un pourcentage
de 7 à 10 % d'élèves ne maîtrisant pas, selon les
critères du Ministère de l'Education Nationale, les connaissances
de base à lentrée en sixième. Des pourcentages un
peu plus élevés sont observés en CE2.
Si l'on se rappelle que ces chiffres concernent l'échec scolaire toutes
origines confondues et si on les compare et aux données précédentes
et à la littérature spécialisée il apparaît
qu'un pourcentage d'environ 1 % de la population scolaire serait plausible
pour les troubles du langage gravement invalidants pour la poursuite
d'une scolarité proche de la normale. En comptant des déficits
plus "légers", mais pouvant également obérer
les apprentissages scolaires notamment dans un environnement familial et/ou
pédagogique n'assistant pas suffisamment l'enfant on pourrait atteindre,
voire dépasser les 5 % évoqués plus haut.
Il n'en reste pas moins que les enfants qui n'acquièrent jamais le langage écrit (entre 5 et 10 % de population scolaire) se retrouve en quasi-totalité au chômage et que globalement les personnes qui ont les plus faibles capacités de lecture et d'écriture sont de 4 à 12 fois plus exposées au chômage que les autres.
Le coût de ces carences (rapport Andrieu, conseil économique et social, 1987) frôlerait 100 milliards de francs par an avec : Environ 60 milliards par an sont consacrés aux 200 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire et qui sont orientés vers des formations diverses. Par ailleurs, 25 milliards par an sont consacrés au seul redoublement et 8 milliards de francs correspondent au surcoût entraîné par les prolongations de scolarité et lensemble des formations.
Lillettrisme
Lillettrisme est un concept créé
par la France et pour les Français défini comme le fait de
ne pas savoir assez lire, écrire et calculer, par rapport à un
minimum estimé indispensable . LUNESCO appelle illettrés
les adultes et jeunes qui ont été scolarisés
et qui nont pas acquis la lecture ou en ont perdu la pratique au point
de ne plus pouvoir comprendre un texte simple en rapport avec leur vie quotidienne
.
Lillettrisme
touche 21,8 % de la population, exposant 4 à 12 fois plus lindividu
au chômage que les autres et par là, à lexclusion
: les illettrés sont exclus parce quils ne peuvent pas lire
mais aussi, ils ne peuvent pas lire parce quils sont exclus (rapport
au Premier ministre sur les illettrés en France, 1984). Lécole
Française produit un illettré sur six, ...elle produit plus dillettrés
que de diplômés de lenseignement supérieur,
écrivait F. Bayrou précisant que sur 10 enfants redoublant
lécole primaire, 34,4 % sont en échec dès le CP,
et 53 % CP et CE1 réunis.
Lillettrisme
reconnaît des causes médicales : des enfants présentant
des troubles du langage écrit deviendront des adultes illettrés
faute dune prise en charge adaptée. En effet, une étude
publiée dans Santé Publique en 1998 fut pratiquée
de décembre 1996 à avril 1997 en Indre et Loire sur une population
de jeunes de 16 à 25 ans, totalement scolarisés et fréquentant
des organismes dinsertion et de formation partenaires de lIRSA (Institut
Régional pour la SAnté). Les 89 jeunes évalués présentaient
une intelligence normale, étaient indemnes de toute tare visuelle ou
auditive ou te trouble affectant la production de la parole. Les résultats
montrent que 32 jeunes soit 36 % sont des lecteurs habiles et que les 57 autres
soit 64 % étaient en difficulté de lecture sans que lon
ne note de différence sur le mode de vie. Les résultats aux épreuves
phonologiques et aux tests de lecture ont montré que la dyslexie de développement
expliquait le retard dacquisition pour 32 soit 56 % des jeunes en difficulté.
Ainsi, 32 jeunes soit 36 % de la population étudiée ici
présentait une dyslexie de développement avec un déficit
de lecture patent, lâge dacquisition moyen étant de
8 ans 9 mois en déchiffrement et de 8 ans 10 mois en compréhension.
Lanamnèse scolaire révèle chez eux une fréquence
significativement plus importante de redoublements en CP (51,7%). Ce constat
était à rapprocher, pour ces jeunes, dantécédents
de difficultés dapprentissage de la lecture significativement plus
important que le reste de la population. Par ailleurs les pourcentages de scolarisation
en classe spéciale (SEGPA) étaient superposables à ceux
des redoublements en CP (53,1 %). Ces difficultés spécifiques
dapprentissage du langage écrit constituent un déterminant
fondamental de la précarisation et sont un puissant producteur de handicap
socio-économique : un âge dacquisition lexique moyen de 9-10
ans compliquent terriblement les tâches de la vie quotidienne et plus
encore celles liées à la recherche dun emploi.
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3 - Devenir de lenfant
Dans bien
dautres pays, les enfants ou adolescents présentant ces troubles
bénéficient de structures et daménagements particuliers
tout au long de leur formation et pour la passation de leurs examens. Dans notre
pays, il nen est pas de même et la situation des enfants Dys
y est catastrophique malgré un consensus international qui consiste à
faire de leurs troubles une catégorie à part.
Ces enfants étant, dans leur grande majorité, non diagnostiqués-reconnus
comme tels, on peut conjecturer qu'ils se répartiront tant dans le secteur
spécialisé hors et dans l'Education nationale que dans le circuit
ordinaire ou adapté où ils feront sans doute partie des élèves
"qui ne suivent pas bien ou "qui ne sont pas bons" dans
telle(s) ou telle(s) matière(s) ou que l'on trouve dans le "petit
groupe d'élèves (qui) résiste à l'entrée
dans les apprentissages malgré les interventions des membres du réseau
et/ou les aides extérieures" (IGEN : "Les réseaux d'aides
Spécialisées aux élèves en difficulté. Examens
de quelques situations départementales" CNDP Paris 97 ; p 42).
En effet, il nest pas prévu de centres dévaluation
ni de structures médico-rééducatives adaptées tout
simplement parce que ces troubles ne sont pas identifiés. Quand un enfant
est en difficulté scolaire, lorsquil présente
des troubles du comportement qui dérangent la classe, linstitutrice
ou la directrice peuvent sadresser au Réseau dAide Spécialisé
aux Élèves en Difficulté (RASED) dont relève lécole.
Un maître spécialisé ou un psychologue
scolaire intervient pour concevoir avec linstitutrice, lenfant et
ses parents quelle aide spécialisée est souhaitable, avant de
la mettre en oeuvre dans lécole même. Le RASED peut également
conseiller la consultation par lenfant dune structure extérieure,
dun CMP (Centre Médico Psychologique) ou dun CMPP (Centre
Médico Psycho Pédagogique) dont 70 % du recrutement vient de lEducation
Nationale ou peut saisir la Commission Départementale de lEducation
Spéciale (CDES) à la recherche de la meilleure prise en charge
possible.
La C.D.E.S. a été créée via le décret N°
75-1166 du 15 décembre 1975 et les circulaires ministérielles
du 22 avril 1976 et du 13 mai 1976 relatifs à la composition et au fonctionnement
de ces commissions, ainsi que par la circulaire technique de la CNAM du 15 juin
1976 relative à la mise en place des CDES. Elle peut orienter un enfant
ou un adolescent en difficulté dapprentissage sur une des structures
mises en place par lEducation Nationale. Cette commission peut déléguer
pour partie ses compétences à la C.C.P.E. (Commission de Circonscription
de lenseignement Pré-scolaire et Élémentaire) ou
à la C.C.S.D (Commission de Circonscription du Second Degré).
Dans chaque département, il existe une telle commission qui est compétente
à légard de tous les enfants handicapés physiques,
sensoriels ou mentaux de leur naissance jusquà leur entrée
dans la vie active ou au moins jusquà lâge de 20 ans.
Son rôle est double :
1) Orienter les enfants et adolescents vers les établissements ou les
services dispensant léducation spéciale correspondant à
leurs besoins tels les SES (Sections dEducation Spéciale) dun
établissement scolaire voire vers les IMP (Institut Médico Pédagogiques)
avant 14 ans ou les IMPro (Instituts Médico-Professionnels) après
14 ans.
2) Statuer sur lattribution de lAllocation dEducation Spéciale
(AES) par les CAF. Cette AES est attribuée selon les données du
certificat médical sur lequel figure, à la page 2, au chapitre
déficiences le sous chapitre déficiences du
langage de la parole et de lécrit. La CDES utilise donc les
termes du Guide-Barème pour lévaluation des déficiences
et incapacités des personnes handicapées et doit en appliquer
les directives.
Rappelons que chaque commission comprend 12 membres. Léquipe
technique de la CDES comprend un psychiatre, un psychologue, un pédiatre,
un médecin conseil de la Sécurité Sociale, un enseignant
spécialisé, un éducateur spécialisé, une
assistance sociale. Cette équipe instruit les dossiers et prépare
les décisions de la commission plénière. Celle-ci comprend
3 personnes proposées par le directeur DAS (dont lui même et au
moins un médecin), 3 personnes proposées par linspecteur
dacadémie (dont lui même), 3 représentants des organismes
dassurance maladie et AF, 1 personne responsable dun ou plusieurs
établissements privés accueillant des enfants handicapés,
2 personnes qualifiées, sur proposition des associations de parents délèves
et des associations de familles denfants ou adolescents handicapés.
Le pouvoir de décision est seulement relatif. Le recours contre les décisions
de la CDES est possible par les parents de lenfant en matière de
placement en établissement : recours gracieux dabord puis recours
contentieux devant les juridictions du contentieux technique de la Sécurité
sociale, adaptées pour ce faire par les décrets n° 76.493
et 76.494 du 3 Juin 1976.
Labsence de professionnels des troubles du langage au sein de cette commission peut sexpliquer : quand les CDES ont été créées, ces troubles nétaient pas connus en France. Ainsi, quand un enfant présentait un trouble du langage, celui-ci était mis sur le compte dune déficience intellectuelle et / ou dune affection psychiatrique, et lenfant était orienté vers des structures qui apparaissaient adaptées à lépoque.
Quand un enfant Dys est en situation déchec scolaire, il peur être orienté dans le secteur éducatif ou médico-éducatif, parfois même aussi vers le secteur sanitaire (hôpitaux de jour des secteurs de psychiatrie infanto-juvénile).
Les filières
proposées par lEducation Nationale et visant à faciliter
lintégration scolaire des élèves handicapés
sont multiples : pour le primaire, le RASED, les CLIS; pour le secondaire des
SEGPA, des EREA, des UPI. (Unités Pédagogiques dIntégration),
ces derniers sadressant aux adolescents présentant un handicap
mental.
Les RASED (Réseaux dAides Spécialisés aux Élèves
en difficulté) nés en 1990 (circulaire n° 90-082 du 9 avril
1990), comprennent des intervenants spécialisés ayant pour mission
une action daide à dominante pédagogique ou
à dominante rééducative. Les personnels qui
participent à lactivité dun réseau sont des
psychologues scolaires, des instituteurs chargés de rééducations
et titulaires du CAPSAIS, option G, des instituteurs spécialisés
chargés de lenseignement et de laide pédagogique auprès
des enfants en difficulté à lécole préélémentaire
et élémentaire, titulaires du CAPSAIS, option E, lorsquils
exercent leurs fonctions dans une des classes dadaptation (15 élèves
au maximum) ou sont responsables de regroupements dadaptation. Peut-être
faudrait-il intégrer une orthophoniste à ce réseau ?
Les RASED sont les descendants directs des GAPP qui avaient pour objectif déviter
que les enfants naccumulent des retards scolaires en les conduisant en
classe de perfectionnement avec un diagnostic, discutable, de déficience
intellectuelle. Dans un rapport de lInstitut de Recherches sur lEconomie
de lEducation datant de 1987, leur efficacité fut nettement mise
en cause, lauteur concluant : cette étude permet de douter
des vertus des rééducations GAPP en CP dans la dimension des carrières
scolaires. Elle permet aussi dillustrer de façon manifeste les
effets détiquetage véhiculés par linstitution
de rééducation.
Les CLIS (CLasses dIntégration Scolaire) sont nées de lapplication
de la circulaire n° 91-304 du 18 novembre 1991. Elles accueillent un maximum
de 12 enfants dont le handicap a été reconnu par une commission
de léducation spéciale. Le handicap peut être moteur,
sensoriel (visuel, auditif) ou mental et laction pédagogique
entreprise dans les CLIS a pour objectif le développement optimal des
capacités cognitives, de la sensibilité, du sens de la coopération,
de la solidarité et du civisme.
Il nest pas prévu de CLIS pour les enfants Dys, leur
trouble étant pourtant reconnu par lEducation Nationale depuis
1989. Cest dire que ces troubles nont probablement pas été
dépistés ni diagnostiqués ou plutôt diagnostiqués
autrement.
Les SEGPA (Section dEnseignement Général et Professionnel
Adapté) sont issus de la circulaire n° 96-167 du 20 juin 1996. Ils
accueillent des élèves qui, à la fin de lécole
élémentaire connaissent des difficultés graves et
persistantes et qui, sans relever du retard mental, selon les critères
définis par lOrganisation mondiale de la santé (OMS), se
traduisent par des incapacités et des désavantages tels quils
peuvent être décrits dans la nomenclature des déficiences,
incapacités et désavantages (arrêté du 9-1-1989).
Les enseignements sont assurés principalement par des spécialisés
ou professeurs décole spécialisés, titulaires de
loption F du CAPSAIS, et par des professeurs du lycée professionnel.
Les élèves des SEGPA et des EREA (Établissement Régional
dEnseignement Adapté) sont, dune manière générale,
de mauvais lecteurs ou des non lecteurs. On peut se demander comment un
instituteur même spécialisé peut rééduquer
à lui seul dauthentiques troubles du langage qui nécessitent
une rééducation spécifique.
Les UPI (Unités Pédagogiques dIntégration) permettent
les regroupements pédagogiques dadolescents présentant un
handicap mental (circulaire n° 95-125 du 17 mai 1995).
Les établissements
médico-sociaux comprennent les IMP, les IMPro, les IME (instituts
Médico-Educatifs) qui réunissent en un seul établissement
les 2 catégories précédentes, les IR (instituts de Rééducation)
destinés aux enfants présentant des troubles du caractère
et du comportement, susceptible dune rééducation psychothérapeutique
sous contrôle médical, les CAMSP et les CMPP. Leurs objectifs sont
dassurer une prise en charge globale, cohérente et convergente,
pour mettre en oeuvre tous les moyens pédagogiques, éducatifs
et thérapeutiques contribuant à lépanouissement,
lautonomie sociale et professionnelle, la réalisation de toutes
les potentialités (intellectuelles, affectives, corporelles), lintégration
dans la vie active .... Les conditions techniques dagrément
et de fonctionnement de ces établissements et services sont actuellement
régies par les annexes XXIV, XXIV bis, XXIV ter, XXIV quater et XXIV
quinquies du décret du 9 Mars 1956 modifié par le décret
du 27 octobre 1989 et la circulaire du 30 octobre 1989.
1) Lannexe XXIV concerne les établissements et services prenant
en charge les enfants et adolescents présentant des déficiences
intellectuelles ou inadaptés éventuellement avec troubles associés
: troubles de la personnalité, troubles comitiaux, troubles moteurs et
sensoriels, troubles graves de la communication, maladies chroniques compatibles
avec une vie collective. Sont aussi concernés par cette annexe les enfants
et adolescents aux capacités intellectuelles normales ou subnormales
mais qui présentent des troubles du comportement et qui relèvent
alors des IR.
2) Lannexe XXIV bis concerne les établissements et services prenant
en charge les enfants et adolescents présentant une déficience
motrice congénitale ou acquise
3) Lannexe XXIV ter concerne les établissements et services prenant
en charge les enfants et adolescents polyhandicapés, présentant
un handicap grave à expression multiple associant déficience motrice
et déficience mentale sévère ou profonde
4) Lannexe XXIV quater concerne les établissements et services
prenant en charge les enfants et adolescents présentant une déficience
auditive grave
5) Lannexe XXIV quinquies concerne les établissements et services
prenant en charge les enfants et adolescents présentant une déficience
visuelle grave ou une cécité.
Les CAMSP
(Centre dAction Médico-sociale Précoce) et les CMPP sont
des structures de dépistage et de soins ambulatoires pour enfants inadaptés
et handicapés. Les CAMSP ont pour objet le dépistage, la cure
ambulatoire et la rééducation des enfants de 0 à 6 ans
présentant des déficits sensoriels, moteurs ou mentaux. Ils sont
souvent rattachés aux CMPP qui continuent la prise des enfants après
6 ans et ils peuvent fonctionner dans les mêmes locaux.
Le CMPP a
des conditions techniques dagrémént et de fonctionnement
définies par lannexe XXII du décret du 9 mai 1956. Il a
pour rôle le diagnostic et le traitement des enfants inadaptés
mentaux dont linadaptation est liée à des troubles neuropsychiques
ou à des troubles du comportement, susceptible dune thérapeutique
médicale, dune rééducation médico-psychologique
ou dune rééducation psychothérapique ou psycho-pédagogique
sous autorité médicale. Les décisions de prise en charge
en CMPP relèvent des avis émis par par les médecins conseils
au niveau des centres de Sécurité sociale concernés. Le
rôle des CMPP nest pas, daprès les textes, dévaluer
et de traiter les enfants et adolescents NON inadaptés mentaux et présentant
des dysfonctionnements neuropsychologiques à lorigine de troubles
du langage oral et écrit, reconnus comme troubles dorigine neurologique
(JO n° 34 A.N., 13 Octobre 1997), engendrant des Troubles dApprentissage
Scolaires et regroupant des affections classées par lOMS dans le
CIM 10. Certains CMPP, cependant, semblent sattacher à proposer
un schéma thérapeutique en rapport avec laffection.
Parmi les structures proposées en formation professionnelle, il existe le CFA, les APP et des structures professionnelles : Latelier protégé, le CAT.
Dans les textes, tout semble être prévu mais la grande majorité des enfants Dys nont pas de diagnostic en tant que tel et vont être orientés de manière inadéquate. Pourtant, les troubles spécifiques dapprentissage étaient déjà connus dès 1987 (cf infra). Nous sommes en 1999 et nous en sommes toujours au même point : absence de dinformation et de formation des professionnels concernés, errements ou absences de diagnostic, échec scolaire, orientations hasardeuses et inadaptées des enfants affectés, illettrisme, chômage, exclusion ...
Il existe donc un grave problème de santé publique :
- Qui affecte chaque année 4 à 6 % de la population denfants
qui nécessitent des besoins éducatifs spéciaux voire une
prise en charge médico-éducative spécifique.
- Qui est encore méconnu par les professionnels concernés.
1) Aucun enseignement concernant les troubles du langage chez lenfant
nest dispensé à ce titre tant dans facultés de Médecine
que dans les Instituts de Formation des Maîtres décole (IUFM).
Les enseignants ne sont ni formés ni informés, les médecins
généralistes, les pédiatres nont jamais entendu parler
de tels troubles au cours de leurs études, les psychiatres et psychologues
assimilent, dans leur grande majorité, ces troubles à des problèmes
socio-affectifs, les orthophonistes ne sont pas tous compétents dans
ce domaine. A loccasion du troisième Colloque international de
lUNFD (Union Nationale France Dyslexie), en janvier 1991, au Ministère
de la Santé, est publié un manifeste demandant la reconnaissance,
dans léducation spécialisée, des troubles spécifiques
neuropsychologiques et la création dun certificat détudes
complémentaire abordant la neuropsychologie de lenfant pour les
professionnels de la santé et de léducation. Pour les enseignants,
une formation est demandée dans les IUFM, et une formation intégrée
au cursus universitaire pour le corps médical et paramédical.
Ce Manifeste naura pratiquement pas de suites.
En janvier 1994, a lieu le 4e Colloque international européen de lUNFD
( Troubles dapprentissage, langage oral et écrit, reconnaissance
et prise en charge précoce ), au Ministère de la Santé.
Il apparaît clairement que, si les troubles du langage sont bien connus
par un certain nombre de praticiens et de chercheurs, ils sont toujours ignorés
par la plupart des enseignants, psychologues et médecins, ainsi que par
les responsables politiques et administratifs.
2) Le dépistage systématique de troubles du langage à lâge de 4 ans par les médecins de PMI ou plus tardivement, à lâge de 6 ans par les médecins scolaires est encore trop peu développé.
3) Les familles ne savent quel chemin suivre. Il faut en moyenne 3,5 ans à une famille pour obtenir un diagnostic de trouble du langage, quand cette famille fait effectivement leffort de recherche du diagnostic, car cest un véritable parcours du combattant . Lenfant pourra alors espérer avoir une prise en charge plus ou moins adaptée. Sinon, on se trouve dans le cas des enfants qui peuplent les CMPP ou autres institutions où ils nont rien à faire, cohabitant avec des enfants et adolescents atteints de pathologies lourdes psychiatriques, déficients intellectuels, polyhandicapés...
4) Il faut de 3 à 6 mois pour obtenir un diagnostic à lhôpital par manque dunités de consultation
5) Il y a carence de structures médico-éducatives adaptées à ce type de trouble. Une fois le diagnostic fait, se pose le problème de lorientation pour laquelle lEducation Nationale ne propose rien, malgré les textes, faute de moyens et de compétences.
6) Il existe de nombreuses associations qui se préoccupent des troubles du langage et des troubles apparentés. Certaines sont regroupées en fédérations (APEDYS, FLA, UNFDD), dautres entretiennent, entre elles, des liens plus informels. Elles essayent dagir depuis longtemps et, malheureusement, comme cela a été le cas dans dautres domaines du Handicap ou de la Santé, elles narrivent à se faire entendre. Les enfants souffrant de troubles dapprentissage rencontrent aujourdhui lincompréhension quont rencontré les sourds (autre handicap invisible ), pendant de longues années.
La grande majorité des enfants Dys nont pas de diagnostic en tant que tel et vont être orientés de manière inadéquate.
En ce
qui concerne lEducation Nationale, des enfants sont orientés
vers des CLIS. Ces CLIS répondent certes à un souci dintégration
scolaire denfants handicapés mais les CLIS 1 (déficiences
mentales) sont de véritables classes fourre-tout accueillant
aussi bien des enfants sans retard scolaire mais avec des troubles du comportement
que des enfants trisomiques, voire des enfants psychotiques ou des enfants ne
maîtrisant pas bien le Français.
Le Résumé du rapport sur laccès à
lenseignement des enfants et adolescents handicapés
publié conjointement en Mars 1999 par lIGAS (Ministère
de lemploi et de la solidarité) et par lIGEN (Ministère
de lEducation Nationale, de la recherche et de la technologie) révèle
de grandes insuffisances dans le fonctionnement des institutions et dans
la prise en charge des enfants et adolescents handicapés. On note
un retard dans le dépistage des troubles et ces enfants dont
le handicap sera véritablement pris en compte quand ils auront douze
ans ou plus, poursuivent une scolarité ordinaire
dont on ne peut dire quelle constitue une bonne intégration scolaire.
et La compréhension de limportance numérique
de lintégration scolaire est également faussée par
le mauvais emploi de catégories administratives (comme celui des CLIS) auquel
sajoutent des défauts dans la collecte des informations .
Il est de plus noté que le développement de lintégration
scolaire est souhaitable avec le soutien des services médico-sociaux.
Le constat fait sur lintégration scolaire révèle
que lintégration scolaire est encore aujourdhui
peu développée sur lensemble du territoire. Dans les pratiques,
elle napparaît pas comme un droit, mais plutôt comme une
tolérance qui nest pas répandue uniformément
dans lensemble des établissements scolaires. Freinée
par les préjugés, les peurs et le refus des responsabilités
quelle entraîne, lintégration scolaire se développe
dans certains établissements, notamment ceux qui accueillent des dispositifs
spécialisés, les Classes dIntégration Scolaire (CLIS)
dans le premier degré, et les Unités Pédagogiques dintégration
(UPI) dans le second degré. Cependant dautres établissements
restent prudemment en dehors de cette évolution
et continuent à opposer des refus aux demandes émanant des parents
ou des établissements spécialisés. Par ailleurs,
lintégration scolaire reste un processus fragile soumis
à la bonne volonté des directeurs détablissements
ou des enseignants et qui entraîne des ruptures
de scolarité pour des jeunes déjà intégrés
et la non-accessibilité des bâtiments scolaires multiplie
les occasions dexclusion du milieu scolaire ordinaire . Il
est ensuite noté que laugmentation qualitative et quantitative
de lintégration scolaire nécessite que les cloisonnements
qui perdurent entre les deux administrations concernées soient levés
et quil soit porté remède aux nombreux dysfonctionnements
au sein des dispositifs .
Concernant les niveaux des enseignants, il apparaît que la
formation des enseignants est régulièrement mise en cause. Lorsquil
sagit des enseignants accueillant les élèves handicapés
en intégration dans les classes ordinaires, elle est notoirement insuffisante
pour les maîtres exerçant dans le premier degré et quasi
absente pour les professeurs du second degré. Cette observation vaut
également pour les directeurs décole, les chefs détablissements
et les corps dinspection, notamment, pour les inspecteurs qui interviennent
dans le second degré. La formation des personnels exerçant dans
les classes, structures et établissements spécialisés présente
des caractéristiques légèrement différentes mais
révèle également des insuffisances . Il
est noté ensuite quil faut un développement quantitatif
des formations spécialisées car il existe une situation difficilement
acceptable de carence en maîtres spécialisés
mais quil faut aussi une amélioration qualitative de la
formation des enseignants ces formations présentent des insuffisances
et ne paraissent pas toujours adaptées aux besoins réels des jeunes
handicapés .
Sagissant de lorientation des enfants et adolescents handicapés
il est noté que la CDES est une simple chambre denregistrement
de décisions prises en amont. Laudition des parents est statistiquement
exceptionnelle, les parents qui le demandent étant reçus au préalable
par les équipes techniques . Par ailleurs, dans certains départements
les dossiers narrivent devant la CDES quaprès
que les enfants ont déjà été admis dans un établissement
et presque partout, les décisions sont prises par bordereaux
ou signées par liste sans vérification, dossier par dossier,
de ladéquation de lorientation aux besoins des enfants .
La suite de ces constations est surprenante et la mission a constaté
sur le terrain des cas de dysfonctionnements graves : retour à
la maison denfants handicapés sans solution de prise en charge,
déscolarisation dadolescents atteints de troubles de la conduite
et du comportement, inadéquations dans les placements en établissements
médico-sociaux, absence ou extrême faiblesse de la scolarité
dans certains établissements sans que le handicap des enfants accueillis
puisse le justifier, internat denfants handicapés, loin de leur
domicile, en établissement dans des cas où la rupture avec le
milieu familial nest pas recherchée à des fins de protection
du mineur. Les CDES sont par ailleurs dans lignorance des prises en
charge denfants handicapés dans des établissements sanitaires
.. dans la mesure où elles nexaminent pas les admissions
dans ces établissements et quaucune procédure formalisée
de transmission dinformations de cette nature na été
observée dans les départements visités.
Suivent une série de recommandations dont la relance de la politique
dintégration scolaire, un état des lieux exhaustif de la
situation des élèves handicapés et des dispositifs daccompagnement
spécialisé, une clarification de la situation des CLIS, une amélioration
des conditions de lenseignement général et professionnel
passant par un développement de la formation initiale des enseignants
à tous les niveaux et par la révision des formations spécialisées,
lexamen individuel des besoins éducatifs spécifiques
de chaque enfant handicapé et le rôle central de la CDES en
matière dorientation, la responsabilité de létat
en la matière devant être assumée .
En conclusion, les auteurs se réfèrent à la charte de Luxembourg
de Novembre 1996 qui est le fondement de la politique européenne en matière
dintégration scolaire des enfants handicapés. Ils préconisent :
- une double démarche, générale dans une lutte
contre lexclusion, et individualisée tendant à mettre en
uvre Lécole pour tous et pour chacun .
- une adaptation de la société scolaire aux besoins éducatifs
spécifiques de lélève et non linverse ;
- le centrage du projet éducatif sur la situation individuelle de lélève
handicapé et ladoption dune démarche positive visant
à reconnaître les aptitudes de lélève plutôt
quà mesurer ses capacités
- la création dune étroite cohésion de la communauté
éducative, grâce à la mise en place de centres
de ressources et à la formation initiale et continue des
enseignants .
En ce
qui concerne le secteur médico-social, des enfants sont orientés
vers des CMPP, des IME ou des IR.
Les CMPP ont des objectifs louables, mais les remplissent-ils ?
Les IME, IR relèvent de lannexe XXIV et ont des rôles sus-définis
tout à fait louables. Cependant, nombre denfants et adolescents
accueillis dans ces institutions le sont de manière inadéquate.
En effet, une étude transversale et descriptive, portant sur
3726 enfants et adolescents fréquentant les établissements
relevant des annexes XXIV, a été réalisée en 1997,
à léchelon régional, par le service médical
de la Caisse Nationale dAssurance Maladie et par la Direction Départementale
des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS).
Les résultats mentionnés ici sont tirés dun document
de travail et portent sur la gironde.
Il est dabord noté que grand nombre denfants (46%) entrent en institution entre 5 et 7 ans où linternat est un mode daccueil très développé (alors que léloignement familial est le plus souvent peu souhaitable).
* Concernant les 25 IR, lanalyse porte sur 25 établissements
comprenant une population de 1394 enfants et adolescents dont la CDES
est responsable des orientations dans 91,4 % des cas. Il est noté que
36 % denfants entrent directement en IR sans avoir eu aucun
suivi médical préalable: rappelons que relèvent des
IR les enfants et adolescents aux capacités intellectuelles normales
ou subnormales mais qui présentent des troubles du comportement. La prise
en charge ambulatoire est quasi inexistante ici. Ces établissements ont
un profil de population très divers (48,6 % de troubles de la personnalité
hors névrose et psychose, 23,8 % de troubles névrotiques, 16 %
de psychose, 8,7 % de retard mental léger).
Le temps moyen de scolarité hebdomadaire est de 18 heures, le retard
scolaire varie de 2 à 6 ans selon les établissements pour
les enfants ayant 15 ans, ce retard scolaire ne faisant par ailleurs que
saccroître.
A la sortie de ces établissements, il faut noter labsence de suivi
des jeunes (ce qui est pourtant prévu par la réglementation) et
seuls 20 % des jeunes âgés de 18 ans et plus ont une fin de prise
en charge.
On peut sinterroger sur la cohabitation denfants structurés
sur un mode psychopathique ou de perversion avec des enfants psychotiques. On
peut aussi sétonner de la présence denfants présentant
un retard mental dans ces établissements. Les rythmes de prise en charge
éducative et pédagogique sont alors très différents
et rendent difficile pour ces établissements laccomplissement dune
de leur mission essentielle quest la réintégration des enfants
dans un milieu scolaire ordinaire. Il faut noter la présence de 228 enfants
(16,3%) ne présentant quun trouble léger du comportement
mais surtout la présence de 141 enfants (10,1 %) qui ne présentent
aucune déficience ni psychose ni retard mental .........
* Concernant les IME (enfants et adolescents présentant
des déficiences intellectuelles ou inadaptés éventuellement
avec troubles associés : troubles de la personnalité, troubles
comitiaux, troubles moteurs et sensoriels, troubles graves de la communication,
maladies chroniques compatibles avec une vie collective), lanalyse porte
sur 24 établissements comprenant une population de 1309 enfants
et adolescents.
On retrouve, entre autres, 42 enfants polyhandicapés (3,2 %), 293 enfants
psychotiques (22,4 %) et 82 autistes (6,2 %) chez lesquels un retard mental
était fréquemment noté, 187 enfants (14,2 %) présentant
des pathologies organiques dont 122 ont une affection chromosomique...
On peut sinterroger sur le nombre considérable denfants ne présentant ni déficience mentale ni déficience motrice : 194 enfants (14,8 % de la population) ont intégré ces structures (1/3 dentre eux est entré directement dans cette structure, alors que 26 proviennent dIR) uniquement parce quils présentaient un retard scolaire important, ne dépassant quavec difficulté le niveau de CP.
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4 Conclusions
Bien des
réunions internationales se sont tenues en France sur les thèmes
lecture, illettrisme, dyslexie et, à chaque fois sous le
haut patronage des ministères de la santé (1986, 1988, 1991),
du ministère de léducation nationale, de la jeunesse et
des sports (1991). Ces réunions nont débouché sur
aucune mesure concrète. Elles nont débouché, semble-t-il,
que sur une prise de conscience - cela dure au moins depuis 1984 - des problèmes
posés et sur la publication dun manifeste demandant (i) la reconnaissance,
dans léducation spécialisée, des troubles neuro-psychologiques
(ii) la création dun certificat détudes complémentaires
abordant la neuro-psychologie de lenfant (iii) quune formation soit
prévue tant pour les enseignants au sein des IUFM que pour le corps médical
et paramédical, cette formation étant alors intégrée
au cursus universitaire.
Il existe
bien un Groupe interministériel Permanent de Lutte contre lIllettrisme
(GPLI) dont la mission naquit en 1984 avec une volonté affirmée
de prévention, dimpulsion et de coordinations des actions de lutte
contre lillettrisme.....
Il existe
bien un Centre Ressources Illettrisme et Emploi.....
Il existe
bien un nouveau contrat pour lécole avec création dun
Observatoire National de la lecture....
Il existe bien un nouveau contrat pour lécole dont la généralisation
était prévue pour la rentrée 1995 et qui précise
que la prévention de la difficulté scolaire est une mission
fondamentale de lécole...... assurer la détection précoce,
le dépistage et le suivi des enfants en difficulté. Pour chaque
élève concerné, ils proposent des réponses individualisées,
en liaison avec les familles et les enseignants.
Mais les objectifs que se sont fixés tant lEducation Nationale que les structures médico-pédagogiques nont pas abouti. La majorité des enfants et adolescents Dys pourraient intégrer le circuit scolaire normal si leur pathologie était diagnostiquée et traitée en temps opportun et si leur handicap était connu et reconnu. En effet, les démarches éducatives ne sont pas en adéquation avec le handicap en question, probablement du fait dun diagnostic initial erroné, dune absence de diagnostic, dune absence de reconnaissance du trouble ......
Pourtant, il suffirait :
1) De faire adopter, en la modifiant quelque peu, la proposition de loi (n°1044) tendant à la reconnaissance et à la prévention des difficultés spécifiques dapprentissage qui avait été déposée à la première session ordinaire de lAssemblée Nationale de 1987-1988 par les membres du groupe socialiste et apparentés (dont E. Hervé, L. Jospin, E. Cresson, G. Dufoix, R. Dumas, C. Trautmann...). Lexposé des motifs précisait que plus de 10 % des enfants scolarisés supportent un handicap qui les conduit vers léchec scolaire puis, souvent, vers léchec social. Ces quelques 250 000 enfants, intelligents comme les autres, de toutes les composantes de la société, souffrent dun mal qui ne se voit pas.... leur handicap est de supporter des troubles spécifiques dapprentissage...... Les auteurs précisaient, entre autres, que devaient être instauré un dépistage pour déceler lexistence de facteurs de risques dès la maternelle, au cours du primaire, en secondaire, quil fallait prendre des mesures de soutien pédagogique adaptées, personnalisées pour les dyslexiques après établissement dun diagnostic précis par un médecin compétent et conduisant à lélaboration pluridisciplinaire dun traitement rééducatif en cohérence avec lenseignement dispensé en milieu scolaire. Ils préconisaient une formation continue des maîtres sur les difficultés spécifiques dapprentissage ainsi que létude de techniques pédagogiques adaptées, un cadre spécifique dappréciation du niveau des élèves affectés, un allongement de la limite dâge pour certains examens, un allongement du temps de composition dun tiers selon les dispositions en vigueur pour les candidats handicapés physiques, moteurs ou sensoriels. Cette loi ne sera pas votée pour défaut de constitution dune commission spéciale dans les délais prévus. Quoi quil en soit, on peut se demander pourquoi leurs auteurs nont pas réitéré leur demande.
2) Dappliquer à ces enfants les dispositions prévues
par des circulaires parues au B.O. de lEducation Nationale ( n° 82/2
et n° 82-048 du 29 Janvier 1982 et n° 83-082, 83-4 et 3/83/S du 29 Janvier
1983).
Tout était ici prévu et, à la lecture de ces textes, on
note que des intervenants extérieurs non enseignants personnels
médicaux, paramédicaux, sociaux et éducatifs peuvent
intervenir au sein de létablissement et associés aux
enseignants dans le cadre déquipes multidisciplinaires, apportent
aux élèves handicapés ou en difficulté des soins,
des rééducations ou des soutiens spécialisés
et ces personnels peuvent être mis à la disposition des établissements
scolaires par des administrations, des services hospitaliers ou des associations,
interviennent auprès des élèves handicapés dans
le cadre de conventions passées entre létablissement scolaire
daccueil et leur organisme employeur qui continue à assurer leur
rémunération. Par ailleurs lintégration peut
être individuelle, collective, partielle individuelle ou en petits groupes
et cest dans lintérêt de lenfant que la
décision dintégration scolaire est prise, après accord
des familles et des autres parties concernées.
On note en outre quil peut être envisagé lintervention
des spécialistes auxquels les familles, à leur initiative, ont
recours en particulier lorsquaucun service existant nest susceptible
dapporter son concours à létablissement scolaire et
que la création dune nouvelle structure ne se justifie pas, compte
tenu, par exemple du nombre trop faible denfants concernés....
Tout est ici prévu quant au financement, de lassistance particulière,
de ladaptation des locaux, du matériel, des transports, de lhébergement,
des repas ...
A cette époque, lon navait pas encore assimilé, semble-t-il,
le dysfonctionnement neuropsychologique à un handicap ou à une
pathologie. De nos jours, ceci est fait et les enfants souffrant de dysfonctionnement
neuropsychologique sont reconnus comme handicapés et pourraint donc bénéficier
de lapplication de cette circulaire.
Quen est-il aujourdhui ?
1) Nous savons que les enfants Dys sont des enfants normalement intelligents mais qui ont un problème d'ordre "technique" = cognitif sur lequel se sont parfois greffés des problèmes psychologiques secondaires. Ils sont indemnes de toute déficience intellectuelle, visuelle, auditive ou autres tares sévères qui nécessitent la prise en charge en milieu médical spécialisé. Leur problème est donc quils sont à la fois trop handicapés pour suivre un cursus scolaire normal ou aussi rapide que le reste de la population, et à la fois pas assez handicapés pour être reconnus comme tels et sont alors dirigés vers des structures inadaptées à leur état. Les troubles du langage oral et écrit sont connus depuis 1989 et reconnus comme affection handicapante depuis 1993, date de la publication du Guide-Barème pour lévaluation des déficiences et incapacités des personnes handicapées par le CTNERHI où ils sont décrits en terme de Troubles du langage et de la parole congénitaux ou acquis avant ou pendant lacquisition de lécriture et de la lecture. De ce fait, ils donnent droit à diverses prestations. Ils sont reconnus en France comme une affection neurologique depuis 1997 (JO n° 34 A.N., 13 Octobre 1997). En effet, en réponse à la question posée par Mr. J.C. LENOIR portant sur la situation des personnes souffrant de troubles sévères du langage oral et écrit, le secrétaire détat à la santé considère que Les troubles du langage oral et écrit (Dysphasie, Dyslexie principalement) toucheraient entre 5 et 10 % de la population française, dont 4% très gravement. Les conséquences sociales de ces troubles sont très importantes (illettrisme, mauvaise orientation des enfants dans des établissements pour déficients mentaux, etc.) . Lenquête, menée conjointement par le service médical de la CNAM, région Aquitaine, et par les DDASS et effectuée dans des centres accueillant des enfants / adolescents relevant, à priori, des annexes XXIV vient confirmer ce qui précède et nous amène à suggérer louverture urgente de structures adaptées à ces enfants, car ... dépistés précocement, ces troubles dorigine neurologique peuvent parfois être corrigés (pour les cas modérés) par une rééducation appropriée.....
2) Il existe des textes relatifs à la prise en charge denfants et dadolescents présentant des troubles du langage oral et écrit et destinés à lintégration des enfants handicapés quil suffirait dappliquer à ceux-ci, une fois dépistés. Le dépistage systématique de tels troubles, bien que leur reconnaissance soit maintenant officielle, se heurte au problème de léventuel surcoût occasionné par cette mesure. Or, cette vision à court terme ne tient pas compte des colossales économies que lon pourrait réaliser.
3) Il est toujours dactualité que 5 % de la population débutant sa scolarité a une forte probabilité daller vers léchec scolaire puis vers lexclusion. Cela représente un coût non négligeable pour la société. Par référence aux études des pays étrangers, la majorité de ces populations est absente du système économique avec un taux de chômage très élevé et de très longue durée et les jeunes ne trouvent parfois pas dautre voie que la délinquance. Il est toujours dactualité que les troubles dapprentissage scolaires sont un véritable problème de santé publique affectant au moins 1 enfant sur 10, les troubles étant sévères dans 4 à 6 % des cas. Ces troubles ne sont pas mortels, certes, et tout au plus peuvent-ils engendrer une certaine morbidité, précipiter parfois vers la délinquance... Par comparaison avec d'autres affections bien plus médiatisées, l'autisme affecte 1 enfant sur 2000, le risque de transmission virale après transfusion sanguine affecte 1 personne sur 112 000 pour lhépatite B, affecte 1 personne sur 217 000 pour lhépatite C et affecte 1 personne sur 800 000 pour lHIV....
4) Heureusement, quelques équipes ont permis louverture
dunités spécialisées dans le diagnostic de troubles
du langage, mais uniquement sur initiative personnelle.
Citons Les Lavandes à Orpierre (05), Maison denfants
à Caractère Sanitaire Spécialisé (M.C.S.S.),
géré par une association loi 1901 qui sest orienté
vers le traitement intensif des troubles importants des apprentissageset dont
lobjectif est la réintégration des enfants en circuit scolaire
normal. Les enfants sont pris en charge par une équipe pluridisciplinaire
dans le cadre dun internat et pour une période de 2 ans.
Les résultats de la prise en charge denfants présentant
des troubles de degré moyen à sévère montrent une
réduction moyenne des troubles Dyslexie, Dysorthographie, Dyscalculie,
Dysphasie respectivement de 63,16 %, 32,5 %, 36,3 %, 36,8 %. A lévidence
il apparaît aujourdhui quaucun de ces enfants naurait
pu évoluer de la sorte dans le cadre existant.
5) Un groupe dexperts bénévoles travaille actuellement sur les troubles du langage oral et écrit en relation avec le CTNERHI et le CNEFEI dans le cadre de lassociation CORIDYS. Une revue scientifique, lA.N.A.E. (Approche Neuropsychologique des Apprentissages chez lEnfant), sattache spécifiquement à ces problèmes.
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5 - Conduite à tenir
Les enfants Dys relèvent dabord dun
problème médical qui devient éducatif puis social. En clair,
le problème est médico-socio-éducatif mais, non perçu
comme tel par les différents professionnels concernés, lon
en reste globalement au même niveau de méconnaissance et de mauvaise
orientation thérapeutique.
Il apparaît nécessaire quune solution soit apportée
en impliquant de façon interactive les professionnels concernés
(Santé, Éducation Nationale, Affaires sociales et Emploi). Le
financement de ce problème pourrait provenir dune partie des économies
réalisées par la Sécurité Sociale. En effet, la
part du budget de la CAM consacrée à la prise en charge denfants
orientés vers des IR, IME, IMPP ou des CMPP pourrait être allouée
de façon spécifique avec un bien moindre coût. Parmi les
enfants sortant du système scolaire, le tiers dentre eux présentent
des troubles dapprentissage scolaires qui pourraient être rééduqués
efficacement. Cela permettrait ainsi de diminuer significativement le taux important
déchec scolaire retrouvé dans notre pays et de réaliser
de substantielles économies tout en créant des emplois productifs.
Il apparaît alors nécessaire de mener une campagne dinformation généralisée et de mener en urgence une action coordonnée de sorte à, dans un premier temps :
- Dépister systématiquement même avant lâge de 4 ans les enfants atteints de dysfonctionnements neuropsychologiques. Des tests existent qui permettent de repérer lenfant à risque dès lâge de 6 mois et qui, mis à la disposition du médecin de lenfant, devraient permettre de distinguer cette population denfants. Dans la 3 ème et 4 ème année, des tests existent à lusage des médecins (ERTL 4) et des enseignants (DPL 3 et questionnaire de Chevrie-Muller) qui doivent permettre soit de suivre ou dentrainer lenfant jusquà la phase diagnostique vers 5,5 ans, soit de prescrire alors un bilan diagnostique précoce dans certains cas (Dysphasies).
- Informer et Former médecins et paramédicaux. Une formation doit être intégrée au cursus universitaire pour le corps médical et para-médical aboutissant à la création dun certificat détudes complémentaires abordant la Neuropsychologie de lenfant. Une formation peut être accomplie au sein dun centre de ressources, lieu de formation et dinformation des professionnels des sphères médico-socio-éducatives mais aussi du public et des familles et qui contient les outils indispensables à linformation, la formation et les prises en charge denfants souffrant de dysfonctionnements neuropsychologiques. La création de telles structures pour les dysphasiques a dailleurs fait lobjet dune note de la DAS en Mars 1998; la création de telles structures est recommandé par un rapport publié conjointement par lIGEN et par lIGAS (Mars 1999) et par le Haut Comité de Santé Publique après publication dans sa revue ADSP (Mars 1999).
- Informer et Former les enseignants et les acteurs de lAction Sociale. Une formation doit être prévue pour les enseignants au sein des IUFM ou de centres de ressources aboutissant à la reconnaissance, dans léducation spécialisée, des troubles neuropsychologiques.
- Diagnostiquer précocement le trouble et orienter lenfant en favorisant :
1) louverture dunités de consultation spécialisées, (une à trois par département, selon la taille du département). Lunité serait composée dune équipe pluridisciplinaire associant Neuropédiatre, Pédopsychiatre, Neuropsychologue(s), Orthophonistes, Psychologue(s), Psychomotricien, Enseignant et assistante sociale. Le bilan effectué découlerait sur une prise en charge médico-éducative optimale. Lunité spécialisée serait une sorte de pôle dexcellence, pour les cas les plus complexes et qui aura valeur de référence pour le diagnostic, le type de prise en charge à adopter et lorientation des enfants, évitant ainsi des diagnostics erronés basés souvent sur un seul test psychométrique à lorigine dorientations hasardeuses et excessivement coûteuses. Il existe déjà toute une batterie de tests de dépistage des troubles dys chez lenfant. Il existe de même des possibilités diagnostiques et thérapeutiques.
2) louverture dunités Médico-Educatives adaptées pour les troubles les plus sévères avec louverture ou le réaménagement dinstitutions existantes en institutions adaptées, véritables classes où un enseignement spécifique serait dispensé conjointement à une rééducation spécifique. De un à six centres de rééducation spécifique seraient nécessaires par département, selon la taille du département.
3) La création de Réseaux de Santé (facilitée par un décret du 12 / 11 / 1999) permettant une prise en charge adaptée de lenfant selon un modèle qui est proposé en dernière page.
4) Ladoption et la modification de lois existantes :
* modifier la loi de 1975 pour quau sein des CDES siègent un orthophoniste,
un neuropédiatre, un psychomotricien et un neuropsychologue pour diagnostiquer
le trouble et orienter lenfant vers des structures adéquates.
* adopter, en la modifiant quelque peu, de la proposition de loi n°1044
qui prévoyait déjà le dépistage dès la maternelle,
des mesures de soutien pédagogique adaptées, personnalisées,
une élaboration pluridisciplinaire dun traitement rééducatif
en cohérence avec lenseignement dispensé en milieu scolaire,
une formation continue des maîtres sur les difficultés spécifiques
dapprentissage ainsi que létude de techniques pédagogiques
adaptées, un cadre spécifique dappréciation du niveau
des élèves affectés, un allongement de la limite dâge
pour certains examens, un allongement du temps de composition dun tiers
selon les dispositions en vigueur pour les candidats handicapés physiques,
moteurs ou sensoriels
5) Lapplication des lois et décrets existants :
* appliquer les dispositions de la circulaire n° 83-082, 83-4 et 3/83/S
du 29 Janvier 1983 aux enfants et adolescents souffrant de dysfonctionnement
neuropsychologique, handicap reconnu depuis 1989. On peut sinspirer aussi
de la loi dorientation sur léducation n 89-486 du 10 juillet
1989 qui consacrait un chapitre relatif à lintégration scolaire
des enfants handicapés.
* appliquer les dispositions de la circulaire n° 89-22 du 15 décembre
1989 du ministère de la Solidarité, de la Santé et de la
Protection sociale et du secrétariat dEtat chargé des Handicapés
et des Accidentés de la vie.
6) louverture de CLIS et de SESSAD. Il faudrait en effet une CLIS par école (un enfant par classe étant affecté), avec intervention extérieure denseignants et dorthophonistes qui auront été formés (intérêt dun centre de ressources). Selon la taille du département, de 6 à 12 SESSAD pour Dysphasiques seraient nécessaires par département.
7) le développement du préceptorat et dune prise en charge individualisée de lenfant dans le cadre dun contrat AIS (Adaptation à lIntégration Scolaire).
Compte tenu de ce qui précède et contrairement aux idées reçues, ce sont de larges économies qui pourraient être réalisées en diminuant :
- le coût enduré par les familles à la recherche de méthodes
miracles,
- le coût du temps perdu par les acteurs de lEducation Nationale
à tenter de rééduquer ces enfants mais de manière
inadaptée,
- le coût supporté par la société par le maintien
de tels enfants en structures scolaires normales avec les redoublements
et orientations inadaptées alors quils nécessiteraient une
prise en charge spécifique. Rappelons quen 1987, 25 milliards par
an étaient consacrés au seul redoublement et 8 milliards
de francs correspondaient au surcoût entraîné par les prolongations
de scolarité et lensemble des formations.
- le coût supporté par la société lors de prises
en charge médicales coûteuses et inefficaces : psychothérapies
isolées et prolongées (225 Francs la séance), orientation
vers des structures MédicoPsychologiques ou MédicoPsychoPédagogiques
( de 700 à 1500 Francs par jour)...
- le coût des conséquences : par référence aux études
des pays étrangers, la majorité de ces populations est absente
du système économique avec un taux de chômage très
élevé et de très longue durée et les jeunes ne trouvent
parfois pas dautre voie que la délinquance.
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6 - Bibliographie
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|
MINISTERE DE L'EMPLOI ET DE LA
SOLIDARITE
MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE,
DE LA RECHERCHE ET DE LA TECHNOLOGIE Résumé du rapport sur l'accès à l'enseignement des enfants et adolescents handicapés Présenté par : Pierre Naves, Mireille Gaüzere,
Claire Trouve, Bernard Gossot, Claude Mollo, Mars 1999 . |
La loi d'orientation du 30 juin 1975 en faveur des personnes handicapées
définit dans son article 4, un droit pour les enfants et les adolescents
handicapés à être scolarisés en milieu, ordinaire.
La loi d'orientation du 10 juillet 1989 réaffirme, avec force, cette
option d'intégration. L'Éducation nationale, depuis la création
des classes de perfectionnement en 1909, puis la mise en place de dispositifs
spécialisés, jusqu'au développement plus récent
de l'adaptation et, intégration scolaires (AIS) a évolué
pour que ces jeunes, exclus des classes ordinaires de l'école, puissent
recevoir, comme les autres, un enseignement scolaire.
La présente mission, à travers des entretiens au niveau national
et une étude de terrain conduite dans neuf départements choisis
en fonction de leurs caractéristiques sociologiques, a cherché
a faire un état des lieux, à la fois sur l'intégration
scolaire, mais également sur les conditions d'enseignement à l'intérieur
des nombreux établissements médico-sociaux, placés sous
la responsabilité du ministère des Affaires sociales et financés
par l'assurance maladie, dans lesquels l'Education nationale a détaché
des enseignants spécialisés ou non spécialisés.
A cette fin un échantillon d'une cinquantaine d'établissements
a fait l'objet d'une visite de la mission. Elle répond en cela à
la lettre des ministres qui figure en annexe au rapport.
La mission a cherché tout d'abord à savoir quelle fraction
de population était touchée par le handicap afin de mesurer l'ampleur
de l'effort de mise en place d'enseignements adaptés à leurs besoins
(partie I ).
Le terme de handicapé recouvre des réalités
humaines multiples, à la fois par définition (puisque les trois
dimensions des déficiences, des incapacités et des désavantages
sont constitutives du handicap) et parce que les déficiences en cause
peuvent être d'origines diverses : motrice et/ou sensorielle et/ou mentale
(ce qui inclut les troubles d' origine psychique).
La révélation du handicap est progressive et, malgré des
progrès au cours des dix dernières années, le dépistage
intervient encore assez tard pour certains enfants. Ces enfants dont le handicap
sera véritablement pris en compte quand ils auront douze ans ou plus,
poursuivent ainsi une scolarité Ordinaire dont on ne peut
dire qu'elle constitue une bonne intégration scolaire. La compréhension
de l'importance numérique de l'intégration scolaire est également
faussée par le mauvais emploi de catégories administratives (comme
celui de CLIS) auquel s'ajoutent des défauts dans la collecte des informations.
Au total, s'il y a abondance d'informations en réponse à des enquêtes
nationales, ces informations ne peuvent pas être directement utilisées
dans un but opérationnel. Cependant, les données disponibles,
étudiées de façon critique par la mission. permettent d'étayer
la faisabilité d'un développement renforcé du nombre d'intégrations
scolaires.
La mission n'a pas cherché à proposer une approximation du nombre
d'enfants et adolescents handicapés bénéficiant actuellement
d'un enseignement adapté à leurs besoins (chiffre au maximum compris
entre 150.000 et 250.000). Néanmoins, leur importance numérique
en regard des effectifs scolarisés permet d'envisager un développement
de l'intégration scolaire sans réel bouleversement des conditions
de travail des équipes éducatives des établissements scolaires
ordinaires, mais avec le soutien des services médico-sociaux. Elle nécessite
en particulier, que des redéploiements entre catégories d'établissements
et services, notamment du type SESSAD et des adaptations de capacités
aux besoins réeemble du territoire. Dans les pratiques, elle n'apparaît
pas comme un droit, mais plutôt comme une tolérance qui n'est pas
répandue uniformément dans l'ensemble des établissements
scolaires. Freinée par les préjugés, les peurs et le refus
des responsabilités qu'elle entraîne, l'intégration scolaire
se développe dans certains établissements, notamment ceux qui
accueillent des dispositifs spécialisés, les Classes d'Intégration
Scolaire (CLIS) dans le prememble du territoire. Dans les pratiques, elle n'apparaît
pas comme un droit, mais plutôt comme une tolérance qui n'est pas
répandue uniformément dans l'ensemble des établissements
scolaires. Freinée par les préjugés, les peurs et le refus
des responsabilités qu'elle entraîne, l'intégration scolaire
se développe dans certains établissements, notamment ceux qui
accueillent des dispositifs spécialisés, les Classes d'Intégration
Scolaire (CLIS) dans le premier degré, et les Unités pédagogiques
d'intégration (UPI) dans le second degré. Cependant, d'autres
établissements restent prudemment en dehors de cette évolution
et continuent à opposer des refus aux demandes émanant des parents
ou des établissements spécialisés. L'intégration
scolaire reste un processus fragile toujours susceptible d'être remis
en cause. Le fait qu'il soit soumis à la bonne volonté des directeurs
d'établissements ou des enseignants entraîne des ruptures de scolarité
pour des jeunes déjà intégrés. Les passages maternelle/pnimaire,
primaire/collège, collège/lycée sont des moments de fragilisation
accrue qui rendent toujours possible l'orientation vers le milieu spécialisé
vécu de manière diverse par les parents (pour certains, lieu de
plus grande sécurité et plus adapté au handicap, pour d'autres,
lieu de relégation). La non-accessibilité des bâtiments
scolaires multiplie les occasions d'exclusion du milieu scolaire ordinaire.
En ce qui concerne les intégrations collectives, la circulaire de 1991
qui créait les CLIS adaptées à quatre types de handicap,
n'a pas prévu de dispositifs de suite. Les UPI créées par
circulaire en 1995, accueillant les adolescents ayant un retard mental ou des
troubles mentaux, ne sont pas actuellement en nombre suffisant pour assurer
une suite logique à l'accueil en CLIS1 en primaire. La poursuite de l'intégration
scolaire au collège se heurte également au nombre insuffisant
de services de soins et d'éducation spécialisés à
domicile (SSESD) mis en place par redéploiements des moyens, effectués
au début des années 90, à la suite de la refonte des annexes
XXIV. Dans tous les départements visités, des services sont agréés
et non financés. D'autres ne sont ouverts que partiellement, alors que
des listes d'attente existent. Ces services permettant une prise en charge transversale
sont des instruments privilégiés de l'intégration scolaire.
Les emplois-jeunes (aides éducateurs) ont apporté une contribution
intéressante au développement de l'intégration scolaire
pour un grand nombre de jeunes handicapés qui ont besoin d'une aide à
la vie quotidienne. Cependant le problème de leur formation se trouve
pos&eacu