Conférence
sur le TDA/H du 24 mars 2002
Par Pascale De Coster - Poncelet
lors
de l'assemblée générale de Mensa Belgique
Bonjour
On parle beaucoup maintenant d'hyperactivité et de déficit
d'attention, comme si cette maladie avait été inventée
par les USA....et qu'il n'y avait que abus et inventions.
Je suis moi même maman hyperactive de deux enfants atteints de TDA/H
et épouse d'un homme souffrant de déficit d'attention.
J'aimerais faire connaître cette maladie telle qu'elle est réellement
et c'est la raison pour laquelle j'ai créé un site parlant
du TDA/H avec le soutien de médecins belges, français, canadiens
etc. C'est la raison aussi pour laquelle quand on m'a demandé de
venir vous parler du TDA/H (Trouble Déficitaire de l'Attention
avec ou sans Hyperactivité) j'ai accepté volontiers.
J'espère grâce
à cette conférence pouvoir vous éclairer un peu sur
le sujet.
L'Hyperactivité
chez l'enfant
Sommaire
:
Généralités sur l'hyperactivité et définition
Causes de l'hyperactivité
Symptômes de l'hyperactivité
Troubles associés
Diagnostic de l'hyperactivité
Traitement de l'hyperactivité
Être parent d'un enfant TDA/H
TDA/H et enfants surdoués
Généralités sur l'hyperactivité
et définition
Un enfant hyperactif
est un enfant dont l'activité motrice est augmentée et désordonnée,
accompagnée d'impulsivité, de réactions agressives
et de troubles de l'attention qui perturbent son efficience scolaire.
Ces troubles doivent être en décalage net par rapport à
l'âge et au niveau de développement de l'enfant pour qu'on
puisse parler d'hyperactivité.
Plusieurs termes
sont employés pour désigner l'hyperactivité :
- THADA
- ADHD
- DAMP
- syndrome hyperkinétique ou hyperkinétisme
- dysfonction cérébrale minime
- troubles déficitaires de l'attention avec ou sans hyperactivité
(TDA/H)
- Hyperactivité
Pour plus de facilité j'emploierai pendant cette conférence
le terme " hyperactivité " ou TDA/H mais il ne faudra
pas oublier qu'en employant ces termes je parlerai tout aussi bien des
enfants souffrant uniquement de déficit d'attention ou de la forme
mixte du thada cad hyperactivité plus déficit d'attention.
L'hyperactivité
se rencontre partout dans le monde et dans toutes les classes sociales.
C'est une maladie de plus en plus médiatisée mais encore
mal reconnue en Europe. Pour preuve, il existe encore très peu
de centres spécialisés dans le traitement et l'accueil des
enfants hyperactifs.
On estime aujourd'hui
que l'hyperactivité affecte entre 5 et 8% des enfants d'âge
scolaire avec une prépondérance chez les garçons
mais les filles souffrant de TDA/H sont plus difficiles à diagnostiquer.
La majorité des enfants hyperactifs (70 %) garderont ce syndrome
à l'âge adulte.
L'hyperactivité est un problème physique qui peut être
contrôlé, mais qui ne peut être guéri.
Ce qu'on appelle communément l'hyperactivité est une dysfonction
comportementale qui n'a rien de comparable avec l'agitation occasionnelle
dont font parfois preuve les enfants ou encore avec la simple distraction.
Le TDA/H affecte
cinq traits de la personnalité de l'enfant, de l'adolescent ou
encore de l'adulte atteint : l'attention, l'impulsivité, l'agitation,
l'obéissance et le rendement variable.
· Un enfant hyperactif aura de la difficulté à se
concentrer sur un travail précis, surtout si ce travail lui demande
de rester en place, presque sans bouger. Pour l'enfant d'âge scolaire,
cela signifie souvent de la difficulté à rester à
son bureau pour travailler.
· Un enfant, qu'il soit hyperactif ou non, agit souvent sans penser.
Cette caractéristique est encore plus présente chez l'enfant
TDA/H. L'impulsivité peut le conduire à poser des gestes
irréfléchis : traverser la rue sans regarder, faire des
mauvais coups, causer de l'agitation dans un groupe parce qu'il ne peut
attendre son tour, etc.
· L'enfant hyperactif sera aussi réfractaire à l'autorité
et à obéir aux règles établies. L'enfant qui
n'accepte pas les contraintes devient frustré et incapable de reconnaître
ses limites face à l'autorité.
· L'enfant hyperactif bouge constamment, même dans son sommeil
et éprouve beaucoup de difficulté à retrouver son
calme après une activité quelconque.
L'hyperactivité provoque aussi de la variation quant au rendement
de l'enfant. Il n'accomplira pas un même travail avec la même
rapidité, qualité et exactitude d'une journée à
l'autre
Causes
de l'hyperactivité
Les problèmes
de comportements des enfants hyperactifs sont d'ordre neurologiques. Le
dysfonctionnement cérébral résulte d'un trouble biochimique
quantitatif qui concerne les neurotransmetteurs : manque de sérotonine
et excès de dopamine.
Dans une étude
parue dernièrement, des chercheurs américains ont publié
leurs travaux sur les enfants souffrant d' hyperactivité. L'examen
d'enfants hyperactifs par un nouveau procédé d'imagerie
fonctionnelle par résonance magnétique, la relaxométrie
T2, évoque des anomalies au niveau du putamen, structure cérébrale
impliquée dans la régulation du comportement moteur.
Actuellement, les
études se penchent sur le rôle des gènes dans le syndrome
hyperkinétique. Les chercheurs étudient notamment la relation
qui peut exister entre les déficits génétiques, les
troubles de l'attention et l'hyperactivité. Il existerait en effet
une prédisposition génétique à ce syndrome
d'hyperactivité.
Dans l'état
actuel des recherches tout porte à croire qu'il existe plusieurs
causes ou facteurs dont : un facteur héréditaire, des facteurs
biologiques, des facteurs génétiques, les traumatismes crâniens,
des lésions au cerveau causées par un manque d'oxygène
à la naissance ainsi que les grossesses médicalement assistée
qui donnent souvent des enfants prématurés dont 40% souffriraient
de TDA/H à des stades divers.
IL est donc tout
à fait faux de prétendre que l'hyperactivité est
causée par un excès de sucre, trop de télévision,
une mauvaise école, un milieu social défavorisé,
des parents trop laxistes, des parents trop sévères etc.
Symptômes
de l'hyperactivité
Le tiers des enfants
hyperactifs commenceront à avoir des problèmes de comportement
dès leur première année de vie : il pleure plus souvent
et plus longtemps, a de la difficulté à s'alimenter, est
plus actif et dort moins mais il faut aussi savoir que 20% des enfants
TDA/H ont été des bébés très calmes
jusque leur 15ème mois.
Dès l'âge
de 6 ans, les enfants hyperactifs présentent les symptômes
suivants :
- manque d'attention
soutenue
- incapacité à se concentrer
- instabilité émotionnelle
- impulsivité
- difficulté à obéir
- signes neurologiques mineurs comme la mauvaise coordination motrice
fine...
Les symptômes
de l'hyperactivité sont également décrits dans la
4ème édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles
mentaux de l'Association américaine de psychiatrie, le DSM-IV qui
date de 1994.
Depuis 1994, le D.S.M. a regroupé les dimensions hyperactivité
et impulsivité pour en faire un seul type. C'est ainsi que la dimension,
ou type, Déficit de l'Attention compte 9 manifestations ou symptômes;
le type hyperactif-impulsif en contient également 9 par regroupement
des dimensions hyperactivité (6 symptômes) et impulsivité
(3 symptômes). Ces deux regroupements permettent de créer
trois 3 types de TDA/H.: le type où domine l'inattention, celui
où domine l'hyperactivité-impulsivité et celui dit
combiné où chacun des deux types domine.
Il n'existe pas de test médical pour diagnostiquer le TDA/H. De
plus, certaines conditions, qui n'ont rien à voir avec l'hyperactivité,
peuvent présenter les mêmes symptômes. C'est pourquoi
les critères de diagnostic, au nombre de cinq, sont très
précis. Le premier critère concerne les symptômes
d'inattention et d'agitation-impulsivité. Pour rencontrer ce critère,
l'enfant doit présenter les symptômes de l'un ou l'autre
depuis au moins six mois à un degré tel qu'il affecte le
développement normal de sa personnalité.
1er critère
: Déficit d'attention
Les symptômes du déficit d'attention se reconnaissent par
les facteurs suivants:
1.l'enfant a du mal à se concentrer sur les détails et fait
souvent des fautes d'inattention;
2.il a de la difficulté à soutenir son attention lorsqu'il
exécute une tâche ou lorsqu'il joue;
3.il ne semble pas entendre lorsqu'on s'adresse à lui directement;
il manque de persévérance et ne finit jamais ce qu'il fait;
4.il a de la difficulté à organiser ses activités;
5.il évite ou déteste les activités qui demandent
un effort mental soutenu comme le travail scolaire ou les devoirs à
la maison
6.il perd souvent les objets nécessaires à ses activités
: jouets, cahiers, livres etc
7. il est facilement distrait par des stimuli extérieurs;
8. il oublie souvent ce qu'il a à faire dans ses activités
quotidiennes.
9. Souvent il ne se conforme pas aux consignes et ne parvient pas à
mener à terme ses devoirs scolaires, ses tâches domestiques
ou autres obligations (cela n'étant pas dû à un comportement
d'opposition, ni à une incapacité à comprendre les
consignes)
2ème critère : Agitation-impulsivité
Hyperactivité
1.L'enfant remue souvent les mains et les pieds ou se tortille sur sa
chaise.
2.Il se lève souvent dans la classe ou dans d'autres situations
où il est supposé rester assis.
3. Souvent il court ou grimpe partout, dans des situations non appropriées
4. Il a du mal à jouer tranquillement
5. Il est souvent "sur la brèche" ou agit souvent comme
s'il était "monté sur des ressorts"
6. Il parle souvent trop
Impulsivité
1. Il laisse souvent échapper la réponse à une question
qui n'est pas encore entièrement posée
2. Il a souvent du mal à attendre son tour.
3. Il interrompt souvent les autres ou impose sa présence (ex :
fait irruption dans les conversations ou les jeux).
3ème critère : Les symptômes sont apparus avant
l'âge de sept ans.
4ème critère
: Ils se manifestent dans plus d'un contexte (par exemple à
l'école et à la maison).
5ème critère
:Ils ont un impact négatif évident sur le fonctionnement
social ou scolaire de l'enfant.
Selon les symptômes
présentés par l'enfant, on diagnostiquera chez ce dernier,
soit un trouble de l'attention sans hyperactivité (déficit
d'attention), soit un trouble du déficit d'attention avec hyperactivité
et impulsivité (hyperactif).
Ces comportements
doivent apparaître tôt dans la vie, avant l'âge de 7
ans, et se poursuivre pour au moins 6 mois.
Chez les enfants,
ils doivent se manifester avec une plus grande fréquence ou sévérité
que chez les pair(e)s du même âge.
Par-dessus tout, ces comportements doivent entraîner un handicap
réel dans au moins deux sphères vitales de cette personne
telles que l'école, la maison, le travail ou les situations sociales.
Il faut aussi vérifier qu'il n'existe pas d'autres causes médicales
ou psychologiques pouvant expliquer les symptômes, par exemple l'anxiété,
la dépression, la schizophrénie ou le stress (séparation
des parents, deuil, etc.). De plus, il est nécessaire de faire
passer un examen médical complet à l'enfant afin de s'assurer
qu'il ne souffre pas de troubles de la vue ou de l'audition, qu'il n'a
pas de problèmes de thyroïde, d'épilepsie ou même
une blessure à la tête, toutes des conditions qui peuvent
amener des symptômes d'hyperactivité.
Ces symptômes
engendrent dans la majorité des cas de gros problèmes scolaires.
Un enfant hyperactif non diagnostiqué vit un véritable cauchemar
: perturbation de la classe et rapports difficiles avec l'enseignant,
rejet par ses camarades. Sans compter les conflits familiaux. Par rapport
à des enfants non hyperactifs d'intelligence comparable, les enfants
hyperactifs ont trois fois plus de risque d'être confrontés
à l'échec scolaire. Mais un enfant qui bénéficie
d'un traitement et d'une prise en charge adéquate pourra s'épanouir
et suivre un cursus scolaire normal.
Notons malgré tout que ces enfants développent certaines
capacités par exemple un potentiel intellectuel souvent élevé
(leur QI est statistiquement supérieur à la moyenne) et
surtout une imagination et une créativité remarquables.
Les troubles
coexistants
Le trouble du déficit
de l'attention est parfois accompagné de problèmes dont
les symptômes sont distincts de ceux que déjà mentionnés.
- des troubles de l'apprentissage ou du langage comme la dyslexie, dyscalculie,
dysphasie etc
- le syndrome de Gilles de la Tourette, une condition qui provoque des
tics et des mouvements incontrôlables.
- le trouble oppositionnel. L'enfant est entêté et querelleur,
il a souvent des sautes d'humeur et a tendance à provoquer
- des troubles anxieux
- des troubles dépressifs - la dépression est souvent la
conséquence d'une mauvaise prise en charge du TDA/H.
- une mauvaise estime de soi
Diagnostic
de l'hyperactivité
Le diagnostic de
l'hyperactivité est clinique et repose sur une procédure
rigoureuse :
- examen physique
global
- anamnèse familiale
- anamnèse de l'enfant
- examen des capacités auditives et visuelles
- examen des capacités intellectuelles et psychomotrices
- un électroencéphalogramme (EEG) ou des tomographies axiales
(scan cérébral) qui servent à repérer des
lésions au cerveau.(l'absence de lésion ne signifie pas
systématiquement absence de TDA/H).
-on peut aussi vérifier l'hyperactivité d'un enfant par
le système des actigraphes.
- Pour le déficit
d'attention il existe des tests très précis qui peuvent
mesurer le degré du déficit d'attention.
En effet en tenant compte du fait qu'il existe différentes sortes
d'attention, on pourra les apprécier dans différents tests:
-un empan de chiffres, une épreuve de reproduction de rythme, sont
des épreuves très sensibles pour évaluer la résistance
à la distractibilité
-l'attention sélective (qui est la capacité de sélectionner
des informations sans se laisser distraire) peut être testée
par le test de barrage des cloches, ou les tests de barrage de Zazzo,
par un test de repérage de cibles le plus rapidement possible (avec
ou sans distracteurs)
-l'attention soutenue (qui est la capacité de maintenir un niveau
de vigilance même sans motivation) peut-être évaluée
avec une épreuve de transcription de code comme dans le WISC III.
-le contrôle de l'activité se teste avec le test de stroop
ou le wisconsin sorting card (qui teste la flexibilité c'est à
dire la capacité de passer d'une info à l'autre, le trail
making test ( attention divisée c'est à dire la capacité
de faire attention à plusieurs stimulis par exemple voir et entendre),
sans oublier l'épreuve de la tour de Hanoï ou de la tour de
Londres ainsi que le test de Go-nogo qui teste l'impulsivité dans
les réponses.
-The D2 test of attention de Brickenkamp et Zillmer. C'est un test allemand
mais il y a une version américaine qui date de 1998. Il apparaît
très sensible aux difficultés de déplacement du foyer
attentionnel ainsi qu'aux fluctuations de l'attention. Les résultats
sont fournis en percentiles et en scores standards
Tous ces tests servent notamment à vérifier l'inhibition
(c'est à dire la possibilité d'autocontrôle, ainsi
que les fonctions exécutrices (c'est à dire la capacité
de planifier)
Il y a d'autres observations qui peuvent renseigner: par exemple quand
un enfant échoue de façon illogique à des items d'une
même tâche comme un échec à des items faciles
et des réussites à des items difficiles
Si ces différents éléments sont altérés,
on peut poser l'hypothèse d'un déficit attentionnel.
Quelques médecins
suivent les différents critères de diagnostic définis
par l'association américaine de psychiatrie dans leur manuel DSM-IV
pour affirmer le diagnostic d'hyperactivité. Il existe aussi des
questionnaires à remplir pour les parents, les enseignants...afin
de se rendre compte le plus exactement possible de la situation comme
les questionnaires de Conners.
Traitement de l'hyperactivité
Le meilleur traitement du TDA/H est multimodal c'est à dire une
combinaison de thérapie du comportement, un suivi psychologique,
une éducation adaptée à la maison, une modification
du mode d'enseignement, de la psychomotricité, une mise en place
de plus de structures, plus d'encadrement et de plus d'organisation et
enfin par l'aide de la médication.
La médication :
Elle favorise l'attention, diminue l'hyperactivité et l'impulsivité.
Elle est un outil parmi d'autres, s'inscrivant dans une prise en charge
globale de l'enfant.
On peut comparer l'utilité de la médication pour un enfant
atteint d'un TDA/H, à celle de l'insuline pour la personne diabétique.
Actuellement en Europe, le traitement médicamenteux de référence
pour l'hyperactivité est la Ritaline ou méthylphénidate.
Le méthylphénidate est un stimulant du système nerveux
central. Ce médicament augmente la capacité d'attention
et la concentration, et il diminue l'impulsivité. Ce médicament
agit durant plusieurs heures (en moyenne 4) avant d'être éliminé
dans les urines..
La Ritaline est un
médicament administré en général chez les
enfants de plus de 6 ans. Sa prescription est réservée aux
spécialistes en neurologie, psychiatrie et pédiatrie. Il
est inscrit sur la liste des stupéfiants.
Ce médicament réduit les symptômes de façon
significative chez 80% des enfants et, malgré les quelques effets
secondaires, la médication est "sécuritaire".
Chaque dose de stimulant a un effet à court terme avec très
peu d'effets secondaires à long terme.
La Ritaline ne donne que des moyens pour permettre de se contrôler
et pour travailler. Mais elle n' apprend pas à travailler ni à
vivre en société. Un médecin me disait donner souvent
cette image aux parents : " je vais donner une bouée à
votre enfant ; cela va l'aider à flotter, mais ne va pas lui apprendre
à nager. C'est vous qui allez lui apprendre à nager ".
S'il n'apprend pas à nager, il n'avancera pas. Un autre comparatif
possible est celui des lunettes pour les myopes
Être
parent d'un enfant TDA/H
Être parent
d'un enfant atteint d'hyperactivité veut dire :
- devoir continuellement stimuler son enfant pour le motiver ;
- organiser, planifier, structurer, davantage que la normale ;
- être vigilant pour lui ;
- se sentir coupable de ne pas être plus compétent ;
- répéter constamment ;
- être déçu dans nos attentes ;
- être inquiet pour l'avenir de notre enfant ;
- faire face à une détérioration de la relation parent/enfant
;
- avoir une perception négative de son enfant ;
- vivre un stress élevé ;
- dispenser une éducation rigide ;
- vivre isolé comme parent
- Devoir faire face aux remarques et critiques extérieures
L'enfant hyperactif a besoin de plus de structure, de plus d'encadrement
et de plus d'organisation que les autres enfants
Son éducation va demander une certaine adaptation. Il aura besoin
de beaucoup d'ordre, de régularité d'horaires et de routines
car il a du mal à s'organiser seul. L'enfant hyperactif a besoin
de règles de vie très simples, de limites strictes, de réactions
positives et d'encouragements. Il lui faudra apprendre à s'accepter,
à se construire une image positive de lui-même . Il faut
comprendre l'enfant, mais aussi lui faire comprendre qu'il existe un cadre
à respecter au sein de la famille, de l'école.
Et puis il y a bien sûr l'école !! La collaboration intensive
avec les enseignants est primordiale, l'enseignant doit savoir que l'enfant
est TDA/H et il faut aussi lui expliquer quels problèmes en résultent:
faire reconnaître son enfant avec sa différence, accepter
le regard d'autres parents.
Avoir des enfants TDA/H est difficile ... il est aussi important de prendre
le temps de sourire, rire et s'amuser avec nos enfants et de leur offrir
notre amour inconditionnel.
TDA/H
et enfants surdoués
Être surdoué
soit dissimule soit modifie le TDA/H, devenu souvent méconnaissable.
Le quotient intellectuel, ne représente pas une mesure fiable à
l'établissement du niveau de l'intelligence dans le TDA/H, car
aucun test n'a jamais été standardisé, qui tienne
compte de cette condition. Les tests connus ne valent que pour la population
générale.
Comment aider un enfant TDA/H et que l'on pense surdoué?
D'abord il est urgent de faire tester l'enfant, et de lui faire passer
par une psy un profil de personnalité. Ceci pour deux raisons,
un enfant surdoué se sent différent, un enfant hyperactif
se sent aussi différent, mais lorsque les deux sont additionnés,
l'enfant se pense fou......
L'enfant surdoué et hyperactif est en quelque sorte une bombe à
retardement. La possibilité qu'il se perde de vue complètement
est toujours présente.
Si le tests confirme la douance on a plus qu'à remercier le ciel
car au fond il vaut mieux un enfant hyperactif et doué qu'un enfant
limite et hyperactif !
Il est prouvé que plus l'enfant est intelligent plus il a de chances
de pouvoir vivre une vie toute à fait normale.
Pour ce qui du cursus scolaire il est très important que l'enfant
TDA/H et doué puisse ne pas s'ennuyer en classe car ceci ne fait
qu'aggraver le TDA/H. Mais il faut aussi accepter en cas de sauts de classe
que l'enfant puisse recevoir de l'aide d'un psychologue, d'un logopède
et beaucoup d'encadrements des parents.
La double exception de douance et de l'hyperactivité veut souvent
dire que de tels enfants ne sont reconnus avoir aucune de ces particularités,
et on ne répond donc pas à leurs besoins d'éducation
spécialisée. Il doit être noté que certains
enfants avec un QI compris dans l'intervalle moyen peuvent également
être surdoués, mais les TDA/H peuvent suffisamment réduire
leur score pour que la douance puisse ne pas être aisément
exprimée de cette manière, spécialement chez les
enfants plus âgés
Les enfants surdoués
avec TDA/H diffèrent des autres enfants surdoués
en présentant souvent une énorme dyssynchronie entre les
domaines de développement cognitif, social, et émotionnel,
et de plus grandes variations dans leur capacité à agir
avec maturité.
Ils ont du mal à discerner l'essentiel dans un groupe de données.
Les enfants surdoués et hyperactifs, en comparaison avec d'autres
enfants surdoués, terminent moins de tâches, ont tendance
à essayer de les parcourir rapidement, changent souvent de sujet
en cours de projet, ou prennent un temps anormalement long pour terminer
un simple exercice. Ils trouvent particulièrement difficile de
travailler en groupes, même en groupes d'enfants surdoués
L'évaluation
des enfants surdoués doit être faite par des personnes expertes
à la fois en surdouance et en TDA/H.
Un mauvais diagnostic du TDA/H peut survenir de deux manières.
Des enfants surdoués très actifs peuvent être considérés
comme hyperactifs, et des enfants surdoués qui peuvent se concentrer
pendant de longues périodes sur des sujets qui les intéressent
peuvent ne pas être considérés TDA/H, bien qu'ils
le soient. Ainsi, la connaissance de ce qu'est la surdouance et ce qu'est
le TDA/H est vitale dans l'évaluation du TDA/H, et pour s'assurer
que les enfants surdoués ne sont pas mal diagnostiqués.
Les tests de QI ne devraient pas être seulement basés sur
les scores de Wechsler. L'utilisation du test de Stanford-Binet, du KABC
et du Letter en supplément devrait être considérée
quand deux ou plus sous-tests verbaux de Wechsler sont du niveau SS 17
Les enfants surdoués avec TDA/H peuvent avoir besoin d'une accélération
en même temps qu'ils ont besoin d'apprendre des techniques extra-cognitives
qui supporteront le plus haut niveau de performance requise. Ainsi, ils
auront besoin d'un programme différencié, pas seulement
un avancement dans une classe supérieure. Les enfants surdoués
sans THADA peuvent apprendre rapidement les facultés de travail,
et peuvent sauter des étapes et rattraper les autres élèves
Les enfants surdoués avec TDA/H auront besoin de programmes académiques
qui leur permet de s'avancer dans les matières où ils excellent,
tout en travaillant sur les autres domaines. Ils peuvent avoir besoin
qu'on leur enseigne spécialement des mécanismes d'étude
et d'organisation, dans le contexte d'un travail de niveau plus élevé,
que leurs camarades surdoués acquièrent sans difficulté.
Les enfants surdoués avec TDA/H développent moins de capacité
de focalisation et de maintient de leur attention, des habitudes de travail
plus mauvaises, et un succès moins avancé .
Ainsi, travailler avec des enfants surdoués avec TDA/H nécessite
une approche d'équipe dans laquelle des spécialistes experts
à la fois en surdouance et en TDA/H rassemblent leurs ressources
pour répondre aux besoins uniques de ces enfants.
Il est parfois difficile
de faire la différence entre les enfants surdoués et les
enfants souffrant de TDA/H.
En effet dans les
deux cas l'enfant :
- fait preuve de
peu d'attention en classe, il s'ennuie
- A tendance à s'opposer à l'autorité du professeur
- Souffre d'un manque d'estime de soi
- A peu d'amis
- Met en doute les règles et règlements
- Est perfectionniste
- A un développement inégal
- Fait preuve d'une autocritique excessive
- A des tendances dépressives
- Évite de prendre des risques
- A peur de l'échec
- Est impatient avec les autres
- N'aime pas la routine
- Pose trop de questions
- Est excessif dans ses intérêts
- A un caractère fort
- Résiste à la guidance
- Remets en question les procédures d'apprentissage
- N'aime pas les zones non claires ou illogiques
- Se préoccupe de sujets humanitaires
- Construit des règles compliquées
- Voudrait être le chef
- Utilise le langage pour manipuler les autres
- Est intolérant
- Néglige ses devoirs
- Peut être perçu comme dérangeant, à côté
de la plaque
- Est têtu borné
- Est frustré par l'inactivité
- Peut être perçu comme hyperactif
- Peut sembler désorganisé et dispersé
- Est frustré par le manque de temps
-Possède parfois un drôle de sens de l'humour, les autres
ne comprennent pas le sien et inversement
- Est indépendant
- Préfère le travail individuel
- Recherche à organiser les choses et les gens
- A un vocabulaire étendu
- Possède des connaissances variées et étendues
- A de grandes aspirations pour lui et les autres
- Est terriblement exigeant envers lui même et les autres
- Est créatif
- Est inventif
- Fait preuve d'une hypersensibilité
- A beaucoup d'énergie et de vivacité
Il ne faut pas oublier
non plus qu'un enfant peut être surdoué ET souffrir de TDA/H
en même temps.
C'est le cas chez nous, nos enfants sont TDA/H ET surdoués.
Psychologiquement il faut alors tenir compte des deux paramètres.
Pour terminer je
voudrais parler du devenir des enfants hyperactifs.
Si on ne fait rien pour ces enfants :
A 7 ans 40% de ces
enfants demandent de l'aide
A 13 ans 52% demandent de l'aide
A 16 ans 70% demandent de l'aide.
Si ces enfants sont
diagnostiqués, suivis, aidés et encouragés leur vie
peut devenir celle d'adultes responsables, heureux, équilibrés
et bien dans leur peau.