Compte
Rendu d'un colloque à Paris le 23 et 24 mars 2002 sur les approches
biologiques de l'autisme. Consensus et contreverses : par le Dr.Georges
Ryser
"
Suivez ceux qui cherchent la vérité et fuyez ceux qui
prétendent l'avoir trouvée"
Vaclav Havel
Ce
colloque a été organisé par Autisme France, une
association de parents d'enfants autistes sous le Patronage du Ministère
de la Santé et de la Recherche. Effectivement les parents de
ces enfants , en France et en Suisse, restent désemparés
devant l'inertie du monde médical sur ce sujet, le manque de
connaissances et le peu de résultats obtenus. Depuis quelques
années souffle un vent d'espoir venant des pays anglo-saxons,
et ce colloque permettait d'écouter les présentations
des chercheurs les plus connus de ces pays sur le sujet.
Le colloque commence en présentant des faîts établis
concernant l'autisme, dont les critères sont définis
dans le DSM-IV, 4th edit.(1).L'autisme est inclus dans le chapitre
général des troubles envahissant du développement
( Pervasive developmental disorder= PDD ), qui est une notion discutée
(2)
En Californie, l'autisme est en tête de tous les handicaps et
on a passé de 4,5 cas / 10.000 naissances dans les années
70 à 60 cas/ 10.000 en 2000. Il y a eu 273% d'augmentation
du nombre d'autistes entre 1982 et 1998 (3). Le problème est
3x plus fréquent que le diabète de l'enfant. 82% sont
des garçons et 2/3 ont entre 0 et 13 ans. 48% des autistes
ont des problèmes de diarrhée ou de constipation chronique.
Les autistes ont 7-10x plus de levures dans le tube digestif que les
contrôles. Il y a 75% de similitude entre les symptômes
de l'autisme et ceux d'une intoxication mercurielle. Il y a une amélioration
constante du comportement après exclusion de la caséine
et du gluten de l'alimentation.
En Angleterre, il y a une augmentation de 11x des cas d'autisme depuis
1988(4). Il s'agit d'une pandémie mondiale qui touche toutes
les classes sociales et qui touche dans certains endroits 1 enfant
sur 150. On est très loin des maladies orphelines qui sont
d'un rapport 1/2000.
Il y a 2 types d'autismes :
A.Autisme classique, dit early onset, où le développement
est anormal depuis la naissance. Cela correspond à 20 % des
cas et c'est dans ce groupe où l'on peut trouver des anomalies
chromosomiques tels que maladie liée à l'X, le syndrôme
de Williams, le syndrôme de Rett, des maladies métaboliques,
etc.
B.Autisme régressif, dit late onset, qui correspond à
80% des cas. Le développement est normal jusque vers 18 mois
, puis il y a régression. C'est ce 2è type qui depuis
1986 est en augmentation.
Que c'est-il donc passé depuis lors ? Il y a eu certainement
augmentation de la pollution en général, des pesticides,
des dioxines, des additifs et colorants alimentaires, une augmentation
de la consommation de mercure, d'antibiotiques, de vaccins, de l'usage
de la télévision, une augmentation des constipés.
Ce n'est pas un seul facteur environnemental qui a changé ,
mais tous ensemble. Cependant en Angleterre, tout au moins, c'est
en 1988 que la vaccination ROR est devenue obligatoire et la coïncidence
est frappante avec l'augmentation des cas d'autismes dans ce pays
dès cette date, Auparavant n'existait que le vaccin antirougeoleux
seul et non obligatoire.
Les travaux du Dr.A.Wakefield , gastroentérologue anglais,
ont été présentés. Il a pu démontrer
par des biopsies intestinales obtenues par ileocolonoscopie chez 12
enfants autistes qui présentaient des symptômes intestinaux,
des changements pathologiques uniformes de la muqueuse intestinale.
Il a parlé d'hyperplasie iléale, lymphoide, nodulaire,
et colite non spécifique(5). Il a fait la relation entre ces
phénomènes inflammatoires intestinaux et les symptômes
mentaux présentés par les autistes, mais a aussi été
perturbé par le lien discuté depuis longtemps entre
la rougeole et la maladie de Crohn, en mettant en relation la vaccination
ROR et autisme. Effectivement, 10% des parents d'enfants autistes
sont convaincus de l'implication du ROR dans le déclenchement
de la maladie de leur enfant. Par la technique de l' immunogold electron
microscopy on a pu mettre en évidence des anticorps antirougeoleux
dans la muqueuse intestinale. Dans 96% des cas de patients autistes
on a pu démontrer du RNA viral pour la souche Schwarz du vaccin,
alors que chez les non autistes ce RNA n'est positif que dans 6,6%
des cas. Si effectivement 10% des autismes sont causés par
le ROR, avec un taux d'autisme de 1/150, il faut s'attendre à
ce que 1 enfant sur 1500 vaccination deviendra autiste après
le ROR( 6,7,8,9,10)
Le Dr.K.Horvath, gastroeenterologue pédiatrique de Baltimore
USA,parle du tube digestif comme étant le 2è cerveau
de l'organisme, puisque c'est lui qui contient le plus grand nombre
de neurones après le cerveau. De plus il y a une connexion
hormonale et nerveuse entre l'intestin et le cerveau. Ainsi 95% de
la sérotonine est localisée dans l'intestin et 30% des
autistes ont des taux sériques augmentés de sérotonine.
L'hormone sécrétine agit autant sur le pancreas que
sur le cerveau. La secretine i.v. active les neurones du noyau amygdalien
et de l'hippocampe ( lesquels contrôlent les interactions sociales
et les comportements stérotypés chez l'animal ). Mais
c'est le cervelet qui montre la relation la plus grande avec la secretine,
car il y a une perte de cellules de Purkinje dans le cervelet des
patients autistes et de là une diminution de secretine.
Par ailleurs les dysfonctionnements gastro intestinaux sont très
fréquents chez les autistes et peuvent expliquer par eux mêmes
certains symptômes constatés.
Ainsi 70% des autistes ont un reflux gastro oesophagien de degré
1 ou 2. Environ 50% ont une gastrite chronique. 60% ont une activité
diminuée en dissacharidases, la lactase spécialement
, ce qui explique les diarrhées. 50% des enfants autistes présentent
une hyperplasie et une augmentation du nombre de cellules de Paneth
duodénales. 70% des autistes ont un " leaky gut "
, soit une muqueuse intestinale perméable(11,12). Ce"leaky
gut" n'est pas une spécificité des autistes, car
cela se trouve également dans la maladie coeliaque, la maladie
de Crohn, dans les allergies alimentaires et lors de traitement à
l'aspirine. Le diagnostic de"leaky gut" est facile à
faire . Il suffit de mesurer dans l'urine la concentration de 2 sucres
non métabolisables normalement,( Mannitol et Lactitol) que
l'on a précédemment ingérés. Ce "leaky
gut" ne provoque pas de symptômes intestinaux par lui-même.
On peut diminuer la perméablilté de la muqueuse intestinale
en prescrivant des Lactobacilles. De même lors d'injection i.v.
de sécrétine. Chez 75% des autistes le volume de l'écoulement
pancreatico biliaire est augmenté par rapport aux contrôles
après stimulation par la secrétine. Ce qui est encore
plus surprenant, c'est de constater après l'injection de secretine
chez les autistes, une amélioration de leur langage, de leur
communication et de leur sociabilité dans 30-50% des cas(13).
Il n'y a pas d'effets secondaires de la secretine et certains autistes
ont reçu jusqu'à 8 injections. Cependant, plus l'autiste
est âgé et moins la secretine fonctionne.
Le Dr. K. Reichelt ,Institute of Pediatric Research d'Oslo,est le
spécialiste de l'analyse des peptides et peptiduries que l'on
trouve chez les autistes, mais aussi lors de dépression endogène,
dans la maladie coeliaque,chez les schizophrénes, les migraineux
et lors d'anorexie mentale. Les faux négatifs sont 12,8% et
les faux positifs 5,7%. Il y a une augmentation de l'absorption de
peptides lors d'inhibition des peptidases intestinales, ce qui provoque
une peptidurie. Donc, hypepeptidurie veut dire hyperpeptidémie.
Plusieurs de ces peptides proviennent de protéines alimentaires
dérivées de la protéine du lait de vache, la
caséine, et du gluten-gliadine des céréales(14).
Ces peptides seraient encore biologiquement actifs et on les appelle
opioides car ils réagissent avec les récepteurs opiacés
dans le cerveau et imitent les effets des drogues opiacées(15).
On parle de caso-morphine : Tyr-Pro-Phe-Pro-Gly-Pro-Ile
et de gliadino-morphine : Tyr-Pro-Gln-Pro-Gln-Pro-Phe
et ces 2 peptides sont très ressemblant. Une molécule
de gluten contient 15 de ces séquences peptidiques opioides(16).
L'urine des enfants autistes montre deux pics qui sont absents chez
les contrôles. Le 1er pic est identifié comme béta-casomorphine.
Le 2è pic était suspect au départ d'être
un peptide dérivé du gluten, sauf qu'il ne disparassait
pas après éviction de gluten. Pour finir ce 2è
pic a été identifié comme étant du trans
Indoyl-Acryloyl Glycine (IAG), qui pourrait être un marqueur
de la perméablilité des membranes, entre autre intestinale,
et qui serait provoqué par un déficit de l'enzyme tryptophane
hydroxylase.
L'éviction complète des protéines du lait de
vache et du gluten amène à une normalisation du taux
de ces peptides dans l'urine, simultanément à une amélioration
clinique(17). Vu que le nombre de synapses intra cérébrales
augmente jusqu'à la puberté et qu'ensuite commence l'involution,
il est important d'intervenir le plus tôt possible avec le régime
sans gluten et sans caséine. Chez l'adulte autiste, le dommage
a été fait et les améliorations avec le régime
d'éviction ne sont plus que d'un tiers.
Le Dr.P.Shattock, UK, de l'université du Sunderland, est convaincu
pour l'autisme qu'un (ou plusieurs )facteur environnemental est en
train d'agir sur ceux qui sont génétiquement prédisposé.
Il a constaté un défaut-déficit de sulfatation
chez les autistes, ce qui laisse penser qu'un trouble enzymatique
intestinal pourrait permettre à des substances tels que des
peptides à augmenter leur taux dans le sang et de là
passer dans le SNC. Le rapport sulfatation / glucuronidation est abaissé
chez les autistes. Les béta endorphines sont des neurotransmetteurs
opioides naturels que l'on trouve dans l'hypothalamus, le thalamus
et le tronc cérébral, et qui ont des effets multiples
sur l'attention et le comportement, comme d'autres peptides leur ressemblant
tel l'enkephalin,la beta casomorphine humaine et bovine, la gliadinomorphine.
On trouve un profil urinaire de peptides différent chez les
autistes et les non autistes, et variable d'un autiste à l'autre(16,18,19).
Certains même de ces peptides sont bien connus pour être
très toxique, comme le dermorphine et l'IAG, lequel a aussi
été retrouvé augmenté chez les soldats
anglo-saxons de la Guerre du Golfe! La présence d'IAG est provoquée
par un manque de tryptophane hydroxylase, qui aurait pu être
causé par des pesticides, puisque ceux-ci sont éliminés
par sulfatation. Comme la sulfatation est déficiente chez les
autistes, les peptides conduisent à des effets centraux, à
une interruption de la neurorégulation normale et du développement
cérébral(20).
Le Dr.A.Pellicia, de l'Université Sapienza de Rome, est un
spécialiste de l'épilepsie chez l'enfant. Il nous parle
d'une étude qu'ils ont effectuée chez des enfants épileptiques
, allergiques ou non, en comparant la prescription de valproate ou
de carbamazépine avec un régime d'éviction de
la proteine du lait de vache, suivi d'un test de provocation. Le succès
du régime sams lait de vache et oeuf est de 85% sur la symptomatologie
et l'EEG, et le test de provocation est positif à 91%, mais
ceci seulement dans le groupe d'épilepsie partielle cryptogénique,
dont la plus fréquente celle à paroxysmes rolandiques.
On peut donc se dispenser dans ce type d'épilepsie de prescrire
du valproate ou de la carbamazepine qui ont des effets secondaires,
simplement en proposant un régime sans produits laitiers(21).
Le Dr. W. Shaw,(USA), biochimiste et auteur d'un livre célèbre(22)
sur l'autisme et ses traitements, nous parle des levures dans le tube
digestif et leur implication dans les troubles du développement.
La chromatographie des urines des enfants autistes contient par rapport
à des contrôles un ou plusieurs sous produits anormaux
d'acides organiques, dus à la prolifération des levures
et des bactéries intestinales. Les levures se développent
surtout en cas de déficience immunitaire, HIV, déficit
d'IgA(23,24), en présence de facteurs immunosuppresseurs, et
à la suite de traitement antibiotique. Cette surpopulation
en candida par exemple produit des phospholipases et des protéases
qui peuvent s'attaquer à l'intégrité de la muqueuse
intestinale et conduire au "leaky gut", porte ouverte aux
intolérances et allergies alimentaires et aux défauts
d'assimilation. Cette surpopulation en levures du tube digestif peut
altérer toute la biochimie humaine.
1. L'arabinose se trouve fréquemment en concentration élevée
en cas de prolifération intestinale de Candida, et des fois
chez les autistes le taux dépasse de 50x les limites admissibles(25).
L'alcool arabinol produit par la levure dans l'intestin est absorbé,
passe dans la circulation pour être converti en arabinose par
le foie. Cet arabinose altère le métabolisme des protéines
et leurs fonctions en réagissant avec le groupe amine de la
Lysine de beaucoup de protéines , en formant avec l'Arginine
des pentosidines .Ces pentosidines peuvent avoir une série
d'effets néfastes sur l'activité enzymatique et les
co-enzymes. La vitamine B6 arrive à prévenir la formation
de pentosidines et c'est peut-être par ce mécanisme que
la prescription de vitamine B6 à hautes doses ( 0,5 à
1gr/j)plus du Magnesium amène à une amélioration
clinique chez 50% des autistes(26).
2.L'acide tartarique, substance hautement toxique, produite par les
levures et souvent en très haute concentration urinaire chez
les autistes. C'est un composé chimiquement proche de l'acide
malique, qui est un intermédiaire clé dans le cycle
de Krebs. L'acide tartarique inhibe l'enzyme fumarase du cycle de
Krebs , lequel produit l'acide malique à partir de l'acide
fumarique et ainsi diminue la fabrication du glucose.
3.Les Candidas peuvent également produire des toxines, soit
des Candida Immune Toxins, soit des gliotoxines.
Lors d'un traitement par de la Nystatin on constate une baisse de
ces acides organiques et simlutanément on assiste à
une amélioration des symptômes de l'autisme et à
une rechute dès l'arrêt du traitement. Chez certains
, ce n'est pas tant les levures que les Clostridies qui sont impliquées
et dans ces cas on trouve dans l'urine une augmentation de l'acide
3(hydroxyphenyl)3-hydroxyproprionique. Dans cette situation le traitement
qui amène à une amélioration clinique c'est la
Vancomycine ou /et le Flagyl.
Pendant de nombreuses années, la flore intestinale a été
jugée comme non importante par la communauté médicale,
mais ce n'est certainement pas vrai pour les autistes. Les métabolismes
humain et microbien ne sont pas des entités séparées
dans le tube digestif et forme plutôt un système biochimique
intégré..Les prescriptions d'antibiotiques ont comme
conséquence d'altérer la flore intestinale et d'augmenter
considérablement les produits de fermentation des levures intestinales.Le
sucre est la nourriture des levures et il est intéressant de
constater que beaucoup d'enfants ADHD et autistes ont ce "sugar
craving", qui pourrait être le symptôme d'une infection
fongique intestinale. Depuis 1922, on a régulièrement
constaté que le sucre aggrave les enfants hyperactifs(27).
Chez certains autistes on constate que la glycémie n'augmente
même pas après consommation de sucres, et certains sont
même en cétose.
On peut donc s'attendre à une amélioration de la symptomatologie
de l'enfant autiste sous traitement de Nystatin ou un autre antifongique,
lorsque les tests urinaires montrent la présence des produits
de fermentation des levures. On peut aussi couper la nourriture aux
levures en diminuant considérablement la quantité de
sucres raffinés dans l'alimentation. On peut aussi prescrire
des Lactobacillus acidophilus, de l'ail, de l'extrait de pépin
de pamplemousse, et de l'acide caprylique. Au début du traitement
par la Nystatin il peut y avoir plusieurs effets secondaires provoqués
pat un effet toxique lié à la lyse des Candidas et dans
ce cas il suffit de diminuer de moitié ou du quart la dose
prescrite. Effets comme des nausées. vomissements, fatigue,
fièvre, mais aussi augmentation des stéréotypies
et de l'hyperactivité. Il va sans dire que les Candidas et
levures se développent d'autant mieux qu'il y a dysfonctionnement
immunitaire important . Par ailleurs le tractus gastro intestinal
représente le plus grand organe lymphoïde du corps. Troubles
intestinaux et troubles immunitaires constituent un cercle vicieux
que l'on pourrait rompre par un traitement de Nystatin chez l'enfant
autiste(22).
Le Dr.E.Menat de Toulouse, a été surpris par les résultats
obtenus chez les enfants autistes grâce à un régime
sans gluten et sans caseine. L'efficacité clinique de ce régime
ne peut pas être contestée, même si elle est variable
d'un sujet à l'autre. Il considère l'autisme comme une
maladie immunitaire qui va au delà de l'allergie et des fractions
IgG,IgM,IgA,IgE, et qu'on touche içi à l'immunité
cellulaire. Il a fait le typage HLA d'enfants autistes et chez ceux
dont le diagnostic ne laisse aucun doute, il a trouvé systématiquement
un typage HLA pouvant prédisposer fortement aux maladies auto-immunes
avec une présence particulièrement fréquente
des HLA DR7 et surtout DQ2 qui augmentent le risque de maladie coeliaque
( RR de 250 pour le DQ2). Il pense aussi que comme dans les maladies
auto immunes les vaccins pourraient être des facteurs déclenchants
ou aggravants chez certains enfants. Il pense que dans l'avenir on
pourrait mettre en évidence des groupes à risque en
fonction du typage HLA ou d'un polymorphisme génétique
qui reste à découvrir.
La Dr.M.Megson, responsable du Developmental Pediatric Department
à Richmond, USA(28) a vérifié que l'on trouve
dans l'anmèse familiale des enfants autistes un pourcentage
très élevé de cécité nocturne,
de daltonisme et de sensibilité à la lumière
d'un flash. De même chez les enfants ADHD. On trouverait également
une proportion plus grande de cas de diabète, de cancer, d'hypercholestérolémie
que dans les familles de non-autistes.. Il semblerait que c'est au
centre du cerveau que passent toutes les voies qui relient les différents
lobes cérébraux entre eux, ce qui permet à la
fin l'apprentissage et l'intégration entre la pensée,
la vision et l'audition. Les récepteurs à tout cela
sont des récepteurs à la vitamine A et ils se situent
dans l'hippocampe. Pour en venir à la vitamine A , la forme
naturelle est "Cis" et se trouve dans le lait maternel,
le foie, les reins, la graisse du lait et l'huile de foie de morue.
La forme "Trans"est la forme solidifiée que l'on
trouve dans les laits en poudre, les céréales, les multivitamines
et les laits pauvres en graisse, mais qui pour être absorbée
nécessite des microvillis intacts, un pH correct et la présence
de bile.C'est donc fort possible que des enfants de 15 à 18
mois puissent être en manque de vitamine A naturelle. Par ailleurs
le retinogramme des enfants autistes est anormal. En prescrivant simplement
de l'hule de foie de morue dans une étude en double aveugle
et en cross-over, elle a pu démontrer une amélioration
nette des symptômes chez des patients autistes. Le déficit
de vitamine A crée une fonction défectueuse des bâtonnets
de la rétine avec une mauvaise vision de nuit mais aussi de
jour chez les autistes et pourrait expliquer leur vision fragmentée
de couleur et de forme mais aussi
de la nature tri dimensionnelle des objets. Il faut lire les travaux
de David Hockney à ce sujet(29). Mais pour que la lumière
frappant la rétine puisse être correctement interprêtée
par le cerveau comme ce qui est vu, il faut que les protéines
G soient impliquées dans le signal de transduction dans les
voies de communication, lesquelles sont sensibles à la vitamine
A.Pour tout un chacun le Retinol se transforme en 14 hydroxyretinol,
lequel stimule les cellules T et génère la mémoire
immune. En cas de double défaut de protéine G , cette
transformation est bloquée, et cela rend les gens dépendant
d'une source extérieure de 14 hydroxyretinol, dont la seule
source est l'huile des poissons des mers froides (30). Le role des
protéines G est d'augmenter ou de diminuer les signaux de tous
nos sens: goût, toucher, odorat,vision,audition. S'il n'y a
pas cette modulation de nos sens, nous risquons comme les autistes
une hypersensibilité aux bruits, aux odeurs, au goût,
au toucher. Pour obtenir ce genre de handicap il faut qu'il y ait
un double défaut de la protéine G, un seul n'y suffisant
pas, et cela pourrait bien être causé par des toxines
ou des métaux lourds.
Les Dr.D.Downing (UK) et B.Montain (Paris) nous parlent de la toxicité
du Mercure et sa relation possble avec l'autisme. On a comparé
les symptômes de l'autisme à un empoisonnement mercuriel
,car le parralèle des symptômes est frappant(31). On
peut penser qu'un produit toxique dans l'environnement, comme le Hg
par ex, est autant capable d'abimer le système immunitaire
qu'un agent viral. De plus il n'existe pas de niveau " safe"
concernant le Hg , son absoprtion sous forme de vapeur ou son ingestion.
Ce que l'on sait des métaux lourds , c'est qu'ils sont toxiques
à très faibles doses comme le Pb, et que le Hg l'est
certainement aussi. Jusqu'à très récemment les
vaccins contenaient du Thiomersal ( = 47% de méthylmercure
, composé très toxique !) et que la quantité
totale de Hg atteinte après 4 doses pourrait être suffisamment
toxique pour perturber un SNC jeune , prédisposé et
en développement rapide. L'explication est plausible.L'autre
source de contamination mercurielle pourrait être " in
utero" , par transfert transplacentaire de mercure maternel circulant
à partir des amalgames dentaires . Les amalgames dentaires
contiennent 50% de Hg sous forme de méthylmercure aussi. L'étude
en 1997 de l'Université deTübingen sur 20.000 patients
a parfaitement démontré l'augmentation de Hg salivaire
en fonction du nombre d'amalgames et ceci d'autant plus qu'il y a
mastication(chewing gum ). On sait que les vapeurs de mercure (Hg-0)
sont relachées par les amalgames dentaires, qu'elles sont sont
inhalées et passent dans la circulation sanguine, traversent
le placenta et pénètrent dans le foetus ( 32).Une fois
que le mercure metallique pénètre dans la cellule il
est facilement converti sous sa forme cationique ( Hg 1+ ou 2+) où
promptement il se lie très solidement et pour longtemps aux
groupes sulfydriques des enzymes et d'autres protéines. La
différence entre les sujets autistes et les autres serait que
les premiers ont un problème dans les mécanismes de
détoxication hépatique , particulièrement la
glucuronidation et la sulfatation , ce qui les rendraient particulièrement
vulnérables aux expositions mercurielles à un certain
moment de leur vie . Contrairement aux autres métaux lourds
en cas d'intoxication, le mercure ne se détecte ni dans le
sang, ni dans les selles, ni dans les urines ou les cheveux, car il
reste fixé solidement aux groupes sulfhydryl des enzymes et
autres protéines dans le foie,le rein,la muqueuse intestinale
et le cerveau(33). Il faudrait donc des biopsies pour mesurer directement
la quantité de mercure présente, ce qui n'est pas recommandé.
Même un essai thérapeutique avec un agent chélateur
n'est pas diagnostic, car n'importe qui excrétera une certaine
quantité de mercure avec un tel test. Est-ce que le retrait
du mercure du corps traite l'autisme ? Dans certains cas oui et surtout
chez ceux dont l'intoxication est rendue très probable vu l'histoire
maternelle d'amalgames dentaires nombreux et défectueux avec
en plus une histoire de vaccins nombreux contenant du Thiomersal.Stephanie
Cave, médecin de Louisiane, a traité plus de 400 enfants
autistes et dit qu'il n'y a pas de modalité plus efficace que
la detoxication du Hg.
Pour être un bon chélateur du mercure une molécule
doit avoir deux groupes sulfhydryl opposés ( dans une structure
en 3D) ou autres groupes fixant bien le Hg. Il faut avoir ces deux
groupes opposés pour lier le Hg2+ dans une sorte de pince et
l'empêcher ainsi de quitter le chélateur pour une autre
molécule. Les seuls composés possédant cette
caractéristique sont le DMPS( 2,3 dimercaptopropane sulfonate),
le DMSA ( meso-2,3 dimercaptosuccinic acid), et l'acide alpha lipoïque(34).
Le DMPS n'est pas autorisé chez l'enfant . Le DMSA agit plus
lentement mais est plus sûr aussi bien par voie orale, rectale
ou intraveineuse. Le DMSA est utilisé chez l'enfant pour l'intoxication
au Plomb, mais le DMSA n'est pas trés sélectif sur les
métaux lourds qu'il chélate et il se fixe parfaitement
au mercure. Il est douteux que le DMSA traverse la barrière
hémato encéphalique car il n'est pas très lipophile.
Dans ce but on utilise l'acide alpha lipoique, soluble dans les lipides,
mais seulement après que le Hg aie suffisamment diminué
au niveau périphérique. Les effets secondaires sont
gérables et consistent en une aggravation des troubles du comportement
dans un premier temps et des pertes d'appétit, voir des nausées,
diarhées et fatigue. On monitorise l'excretion de mercure sous
traitement soit dans les selles ( où le Hg est naturellement
excreté) soit plus facilement dans l'urine où il est
standardisé par mg/ gr de creatinine, ce qui permet une comparaison
fiable au cours du temps. Il s'agit de cures de traitement avec périodes
sans et ceci pendant des mois. Il s'agit d'une thérapie émergente
qui doit être faite sous contrôle médical seulement.
Certains pensent que la majorité des autismes est le résultat
d'une intoxication mercurielle à un très jeune âge
et que l'on peut guérir complètement ces enfants si
on réussit à les désintoxiquer avant l'âge
de 7 ans. Chez les patients plus âgés on ne peut s'attendre
qu'à des améliorations.
La piste du mercure est compatible avec toutes les autres théories
disponible de la pathogénie de l'autisme. Chez l'enfant génétiquement
prédisposé, il s'accorde avec la théorie des
sulfates puisque le Hg se lie aux groupes -SH et bloque ainsi la fabrication
de SO4. Il s'accorde avec la théorie de la Secretine puisque
la Secretine est une protéine soufrée et que le Hg bloque
le métabolisme du soufre. Il s'accorde avec la théorie
du gluten/caséine puisque le Hg augmente la perméabilité
de la muqueuse intestinale et prédispose aux allergies et intolérances.
Il s'accorde avec la théorie immunitaire puisque le Hg désorganise
la fonction immunitaire et rend le sujet vulnérable aux infections
et à d'autres atteintes du système immunitaire. Il est
possible que le MMR soit "la dernière goutte d'eau"
qui perturbe définitivement un système nerveux et immunitaire
préalablement endommagé par le Hg.
Il est urgent d'interdire rapidement, comme mesure préventive
en Santé publique, tout amalgame à base de mercure et
particulièrement sur des dents de laits.
En résumé
Ces deux jours de colloque sur les bases biologiques de l'autisme
ont été très denses . Ils ont conduits à
une connaissance d'une grande quantitié de notions nouvelles
étiologiques et thérapeutiques, qui ne sont cependant
pas toutes avalisées par un nombre suffisant d'études.
Pourtant, d'un point de vue pratique, il semble évident qu'il
faut instituer en premier lieu chez ces patients un régime
strict sans gluten ni caséine, qu'il faut proscrire également
de l'alimentation les sucres raffinés et les additifs(35),
rajouter de la vitamine B6 à forte dose( 500mg/j),avec du Magnesium
et de la vitamine A ( 2500 U 2x/j) mais sous forme d'huile de foie
de morue. Si après deux mois de ce traitement les résultats
ne sont pas suffisants, on ira rechercher par des analyses la présence
de levures intestinales afin d'adapter et de suivre un traitement
antifongique. En absence de résultats on peut initier un traitement
par la Secretine, voir un traitement par chélateur du Hg. Plus
l'enfant est jeune et plus il y a d'espoir d'amélioration et
des fois de guérison. Par ailleurs sur le plan psycho éducatif
tout de ce qui est connu comme efficace chez ces enfants doit être
mis en route le plus rapidement possible et de façon intensive.
Parmi les différentes thérapies éducatives ayant
faits leurs preuve, tel que ABA selon Loovas, la méthode Teach,
le Sensory Integration Technique,le Visual Therapy ou l'Auditory Integration
Technique il faut rechercher la plus efficace pour un patient donné.
Il est très important pour le devenir de l'enfant autiste que
les approches biologiques et psycho éducatives soient complémentaires
et ne s'opposent pas. L'approche psychanalytique de l'autisme, popularisée
par Bettleheim, est complétement abandonnée (2).
Les laboratoires compétents dans les analyses chez les autistes
sont:
A. Dr.William Shaw. www.greatplainslaboratory.com ou GPL4U@aol.com
B. Dr.Francis Rocchiccioli, labo biochimie, Hopital St.Vincent de
Paul,75014 Paris
Francis-rocchiccioli@svp.ap-hop-paris.fr
Les livres de recettes de cuisine adaptés sont :
A. USA"Special Diets for Special Kids " de Lisa Lewis, edfuture@onramp.net
B. En Suisse Romande, l'équivalent est produit par Elke Arod
.elke@hyperactif.org
" Celui qui ne sait pas est un imbécile, mais celui qui
sait et ne fait rien est un criminel "
Berthold Brecht
Bibliographie
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Dr.Georges
RYSER
15 rue du Grand Bay
1220 AVANCHET
Ce
texte est publié avec l'autorisation du Docteur Georges Ryser
et est soumis aux lois du copyright.