HYPERACTIVITÉ & DÉFICIT D'ATTENTION

anibou

Dernière édition du 20 septembre 2002

 

 

Compte Rendu d'un colloque à Paris le 23 et 24 mars 2002 sur les approches biologiques de l'autisme. Consensus et contreverses : par le Dr.Georges Ryser

" Suivez ceux qui cherchent la vérité et fuyez ceux qui prétendent l'avoir trouvée"
Vaclav Havel

Ce colloque a été organisé par Autisme France, une association de parents d'enfants autistes sous le Patronage du Ministère de la Santé et de la Recherche. Effectivement les parents de ces enfants , en France et en Suisse, restent désemparés devant l'inertie du monde médical sur ce sujet, le manque de connaissances et le peu de résultats obtenus. Depuis quelques années souffle un vent d'espoir venant des pays anglo-saxons, et ce colloque permettait d'écouter les présentations des chercheurs les plus connus de ces pays sur le sujet.
Le colloque commence en présentant des faîts établis concernant l'autisme, dont les critères sont définis dans le DSM-IV, 4th edit.(1).L'autisme est inclus dans le chapitre général des troubles envahissant du développement ( Pervasive developmental disorder= PDD ), qui est une notion discutée (2)
En Californie, l'autisme est en tête de tous les handicaps et on a passé de 4,5 cas / 10.000 naissances dans les années 70 à 60 cas/ 10.000 en 2000. Il y a eu 273% d'augmentation du nombre d'autistes entre 1982 et 1998 (3). Le problème est 3x plus fréquent que le diabète de l'enfant. 82% sont des garçons et 2/3 ont entre 0 et 13 ans. 48% des autistes ont des problèmes de diarrhée ou de constipation chronique. Les autistes ont 7-10x plus de levures dans le tube digestif que les contrôles. Il y a 75% de similitude entre les symptômes de l'autisme et ceux d'une intoxication mercurielle. Il y a une amélioration constante du comportement après exclusion de la caséine et du gluten de l'alimentation.
En Angleterre, il y a une augmentation de 11x des cas d'autisme depuis 1988(4). Il s'agit d'une pandémie mondiale qui touche toutes les classes sociales et qui touche dans certains endroits 1 enfant sur 150. On est très loin des maladies orphelines qui sont d'un rapport 1/2000.
Il y a 2 types d'autismes :
A.Autisme classique, dit early onset, où le développement est anormal depuis la naissance. Cela correspond à 20 % des cas et c'est dans ce groupe où l'on peut trouver des anomalies chromosomiques tels que maladie liée à l'X, le syndrôme de Williams, le syndrôme de Rett, des maladies métaboliques, etc.
B.Autisme régressif, dit late onset, qui correspond à 80% des cas. Le développement est normal jusque vers 18 mois , puis il y a régression. C'est ce 2è type qui depuis 1986 est en augmentation.
Que c'est-il donc passé depuis lors ? Il y a eu certainement augmentation de la pollution en général, des pesticides, des dioxines, des additifs et colorants alimentaires, une augmentation de la consommation de mercure, d'antibiotiques, de vaccins, de l'usage de la télévision, une augmentation des constipés. Ce n'est pas un seul facteur environnemental qui a changé , mais tous ensemble. Cependant en Angleterre, tout au moins, c'est en 1988 que la vaccination ROR est devenue obligatoire et la coïncidence est frappante avec l'augmentation des cas d'autismes dans ce pays dès cette date, Auparavant n'existait que le vaccin antirougeoleux seul et non obligatoire.
Les travaux du Dr.A.Wakefield , gastroentérologue anglais, ont été présentés. Il a pu démontrer par des biopsies intestinales obtenues par ileocolonoscopie chez 12 enfants autistes qui présentaient des symptômes intestinaux, des changements pathologiques uniformes de la muqueuse intestinale. Il a parlé d'hyperplasie iléale, lymphoide, nodulaire, et colite non spécifique(5). Il a fait la relation entre ces phénomènes inflammatoires intestinaux et les symptômes mentaux présentés par les autistes, mais a aussi été perturbé par le lien discuté depuis longtemps entre la rougeole et la maladie de Crohn, en mettant en relation la vaccination ROR et autisme. Effectivement, 10% des parents d'enfants autistes sont convaincus de l'implication du ROR dans le déclenchement de la maladie de leur enfant. Par la technique de l' immunogold electron microscopy on a pu mettre en évidence des anticorps antirougeoleux dans la muqueuse intestinale. Dans 96% des cas de patients autistes on a pu démontrer du RNA viral pour la souche Schwarz du vaccin, alors que chez les non autistes ce RNA n'est positif que dans 6,6% des cas. Si effectivement 10% des autismes sont causés par le ROR, avec un taux d'autisme de 1/150, il faut s'attendre à ce que 1 enfant sur 1500 vaccination deviendra autiste après le ROR( 6,7,8,9,10)
Le Dr.K.Horvath, gastroeenterologue pédiatrique de Baltimore USA,parle du tube digestif comme étant le 2è cerveau de l'organisme, puisque c'est lui qui contient le plus grand nombre de neurones après le cerveau. De plus il y a une connexion hormonale et nerveuse entre l'intestin et le cerveau. Ainsi 95% de la sérotonine est localisée dans l'intestin et 30% des autistes ont des taux sériques augmentés de sérotonine. L'hormone sécrétine agit autant sur le pancreas que sur le cerveau. La secretine i.v. active les neurones du noyau amygdalien et de l'hippocampe ( lesquels contrôlent les interactions sociales et les comportements stérotypés chez l'animal ). Mais c'est le cervelet qui montre la relation la plus grande avec la secretine, car il y a une perte de cellules de Purkinje dans le cervelet des patients autistes et de là une diminution de secretine.
Par ailleurs les dysfonctionnements gastro intestinaux sont très fréquents chez les autistes et peuvent expliquer par eux mêmes certains symptômes constatés.
Ainsi 70% des autistes ont un reflux gastro oesophagien de degré 1 ou 2. Environ 50% ont une gastrite chronique. 60% ont une activité diminuée en dissacharidases, la lactase spécialement , ce qui explique les diarrhées. 50% des enfants autistes présentent une hyperplasie et une augmentation du nombre de cellules de Paneth duodénales. 70% des autistes ont un " leaky gut " , soit une muqueuse intestinale perméable(11,12). Ce"leaky gut" n'est pas une spécificité des autistes, car cela se trouve également dans la maladie coeliaque, la maladie de Crohn, dans les allergies alimentaires et lors de traitement à l'aspirine. Le diagnostic de"leaky gut" est facile à faire . Il suffit de mesurer dans l'urine la concentration de 2 sucres non métabolisables normalement,( Mannitol et Lactitol) que l'on a précédemment ingérés. Ce "leaky gut" ne provoque pas de symptômes intestinaux par lui-même. On peut diminuer la perméablilté de la muqueuse intestinale en prescrivant des Lactobacilles. De même lors d'injection i.v. de sécrétine. Chez 75% des autistes le volume de l'écoulement pancreatico biliaire est augmenté par rapport aux contrôles après stimulation par la secrétine. Ce qui est encore plus surprenant, c'est de constater après l'injection de secretine chez les autistes, une amélioration de leur langage, de leur communication et de leur sociabilité dans 30-50% des cas(13). Il n'y a pas d'effets secondaires de la secretine et certains autistes ont reçu jusqu'à 8 injections. Cependant, plus l'autiste est âgé et moins la secretine fonctionne.
Le Dr. K. Reichelt ,Institute of Pediatric Research d'Oslo,est le spécialiste de l'analyse des peptides et peptiduries que l'on trouve chez les autistes, mais aussi lors de dépression endogène, dans la maladie coeliaque,chez les schizophrénes, les migraineux et lors d'anorexie mentale. Les faux négatifs sont 12,8% et les faux positifs 5,7%. Il y a une augmentation de l'absorption de peptides lors d'inhibition des peptidases intestinales, ce qui provoque une peptidurie. Donc, hypepeptidurie veut dire hyperpeptidémie. Plusieurs de ces peptides proviennent de protéines alimentaires dérivées de la protéine du lait de vache, la caséine, et du gluten-gliadine des céréales(14). Ces peptides seraient encore biologiquement actifs et on les appelle opioides car ils réagissent avec les récepteurs opiacés dans le cerveau et imitent les effets des drogues opiacées(15).
On parle de caso-morphine : Tyr-Pro-Phe-Pro-Gly-Pro-Ile
et de gliadino-morphine : Tyr-Pro-Gln-Pro-Gln-Pro-Phe
et ces 2 peptides sont très ressemblant. Une molécule de gluten contient 15 de ces séquences peptidiques opioides(16).
L'urine des enfants autistes montre deux pics qui sont absents chez les contrôles. Le 1er pic est identifié comme béta-casomorphine. Le 2è pic était suspect au départ d'être un peptide dérivé du gluten, sauf qu'il ne disparassait pas après éviction de gluten. Pour finir ce 2è pic a été identifié comme étant du trans Indoyl-Acryloyl Glycine (IAG), qui pourrait être un marqueur de la perméablilité des membranes, entre autre intestinale, et qui serait provoqué par un déficit de l'enzyme tryptophane hydroxylase.
L'éviction complète des protéines du lait de vache et du gluten amène à une normalisation du taux de ces peptides dans l'urine, simultanément à une amélioration clinique(17). Vu que le nombre de synapses intra cérébrales augmente jusqu'à la puberté et qu'ensuite commence l'involution, il est important d'intervenir le plus tôt possible avec le régime sans gluten et sans caséine. Chez l'adulte autiste, le dommage a été fait et les améliorations avec le régime d'éviction ne sont plus que d'un tiers.
Le Dr.P.Shattock, UK, de l'université du Sunderland, est convaincu pour l'autisme qu'un (ou plusieurs )facteur environnemental est en train d'agir sur ceux qui sont génétiquement prédisposé. Il a constaté un défaut-déficit de sulfatation chez les autistes, ce qui laisse penser qu'un trouble enzymatique intestinal pourrait permettre à des substances tels que des peptides à augmenter leur taux dans le sang et de là passer dans le SNC. Le rapport sulfatation / glucuronidation est abaissé chez les autistes. Les béta endorphines sont des neurotransmetteurs opioides naturels que l'on trouve dans l'hypothalamus, le thalamus et le tronc cérébral, et qui ont des effets multiples sur l'attention et le comportement, comme d'autres peptides leur ressemblant tel l'enkephalin,la beta casomorphine humaine et bovine, la gliadinomorphine. On trouve un profil urinaire de peptides différent chez les autistes et les non autistes, et variable d'un autiste à l'autre(16,18,19). Certains même de ces peptides sont bien connus pour être très toxique, comme le dermorphine et l'IAG, lequel a aussi été retrouvé augmenté chez les soldats anglo-saxons de la Guerre du Golfe! La présence d'IAG est provoquée par un manque de tryptophane hydroxylase, qui aurait pu être causé par des pesticides, puisque ceux-ci sont éliminés par sulfatation. Comme la sulfatation est déficiente chez les autistes, les peptides conduisent à des effets centraux, à une interruption de la neurorégulation normale et du développement cérébral(20).
Le Dr.A.Pellicia, de l'Université Sapienza de Rome, est un spécialiste de l'épilepsie chez l'enfant. Il nous parle d'une étude qu'ils ont effectuée chez des enfants épileptiques , allergiques ou non, en comparant la prescription de valproate ou de carbamazépine avec un régime d'éviction de la proteine du lait de vache, suivi d'un test de provocation. Le succès du régime sams lait de vache et oeuf est de 85% sur la symptomatologie et l'EEG, et le test de provocation est positif à 91%, mais ceci seulement dans le groupe d'épilepsie partielle cryptogénique, dont la plus fréquente celle à paroxysmes rolandiques. On peut donc se dispenser dans ce type d'épilepsie de prescrire du valproate ou de la carbamazepine qui ont des effets secondaires, simplement en proposant un régime sans produits laitiers(21).
Le Dr. W. Shaw,(USA), biochimiste et auteur d'un livre célèbre(22) sur l'autisme et ses traitements, nous parle des levures dans le tube digestif et leur implication dans les troubles du développement. La chromatographie des urines des enfants autistes contient par rapport à des contrôles un ou plusieurs sous produits anormaux d'acides organiques, dus à la prolifération des levures et des bactéries intestinales. Les levures se développent surtout en cas de déficience immunitaire, HIV, déficit d'IgA(23,24), en présence de facteurs immunosuppresseurs, et à la suite de traitement antibiotique. Cette surpopulation en candida par exemple produit des phospholipases et des protéases qui peuvent s'attaquer à l'intégrité de la muqueuse intestinale et conduire au "leaky gut", porte ouverte aux intolérances et allergies alimentaires et aux défauts d'assimilation. Cette surpopulation en levures du tube digestif peut altérer toute la biochimie humaine.
1. L'arabinose se trouve fréquemment en concentration élevée en cas de prolifération intestinale de Candida, et des fois chez les autistes le taux dépasse de 50x les limites admissibles(25). L'alcool arabinol produit par la levure dans l'intestin est absorbé, passe dans la circulation pour être converti en arabinose par le foie. Cet arabinose altère le métabolisme des protéines et leurs fonctions en réagissant avec le groupe amine de la Lysine de beaucoup de protéines , en formant avec l'Arginine des pentosidines .Ces pentosidines peuvent avoir une série d'effets néfastes sur l'activité enzymatique et les co-enzymes. La vitamine B6 arrive à prévenir la formation de pentosidines et c'est peut-être par ce mécanisme que la prescription de vitamine B6 à hautes doses ( 0,5 à 1gr/j)plus du Magnesium amène à une amélioration clinique chez 50% des autistes(26).
2.L'acide tartarique, substance hautement toxique, produite par les levures et souvent en très haute concentration urinaire chez les autistes. C'est un composé chimiquement proche de l'acide malique, qui est un intermédiaire clé dans le cycle de Krebs. L'acide tartarique inhibe l'enzyme fumarase du cycle de Krebs , lequel produit l'acide malique à partir de l'acide fumarique et ainsi diminue la fabrication du glucose.
3.Les Candidas peuvent également produire des toxines, soit des Candida Immune Toxins, soit des gliotoxines.
Lors d'un traitement par de la Nystatin on constate une baisse de ces acides organiques et simlutanément on assiste à une amélioration des symptômes de l'autisme et à une rechute dès l'arrêt du traitement. Chez certains , ce n'est pas tant les levures que les Clostridies qui sont impliquées et dans ces cas on trouve dans l'urine une augmentation de l'acide 3(hydroxyphenyl)3-hydroxyproprionique. Dans cette situation le traitement qui amène à une amélioration clinique c'est la Vancomycine ou /et le Flagyl.
Pendant de nombreuses années, la flore intestinale a été jugée comme non importante par la communauté médicale, mais ce n'est certainement pas vrai pour les autistes. Les métabolismes humain et microbien ne sont pas des entités séparées dans le tube digestif et forme plutôt un système biochimique intégré..Les prescriptions d'antibiotiques ont comme conséquence d'altérer la flore intestinale et d'augmenter considérablement les produits de fermentation des levures intestinales.Le sucre est la nourriture des levures et il est intéressant de constater que beaucoup d'enfants ADHD et autistes ont ce "sugar craving", qui pourrait être le symptôme d'une infection fongique intestinale. Depuis 1922, on a régulièrement constaté que le sucre aggrave les enfants hyperactifs(27). Chez certains autistes on constate que la glycémie n'augmente même pas après consommation de sucres, et certains sont même en cétose.
On peut donc s'attendre à une amélioration de la symptomatologie de l'enfant autiste sous traitement de Nystatin ou un autre antifongique, lorsque les tests urinaires montrent la présence des produits de fermentation des levures. On peut aussi couper la nourriture aux levures en diminuant considérablement la quantité de sucres raffinés dans l'alimentation. On peut aussi prescrire des Lactobacillus acidophilus, de l'ail, de l'extrait de pépin de pamplemousse, et de l'acide caprylique. Au début du traitement par la Nystatin il peut y avoir plusieurs effets secondaires provoqués pat un effet toxique lié à la lyse des Candidas et dans ce cas il suffit de diminuer de moitié ou du quart la dose prescrite. Effets comme des nausées. vomissements, fatigue, fièvre, mais aussi augmentation des stéréotypies et de l'hyperactivité. Il va sans dire que les Candidas et levures se développent d'autant mieux qu'il y a dysfonctionnement immunitaire important . Par ailleurs le tractus gastro intestinal représente le plus grand organe lymphoïde du corps. Troubles intestinaux et troubles immunitaires constituent un cercle vicieux que l'on pourrait rompre par un traitement de Nystatin chez l'enfant autiste(22).
Le Dr.E.Menat de Toulouse, a été surpris par les résultats obtenus chez les enfants autistes grâce à un régime sans gluten et sans caseine. L'efficacité clinique de ce régime ne peut pas être contestée, même si elle est variable d'un sujet à l'autre. Il considère l'autisme comme une maladie immunitaire qui va au delà de l'allergie et des fractions IgG,IgM,IgA,IgE, et qu'on touche içi à l'immunité cellulaire. Il a fait le typage HLA d'enfants autistes et chez ceux dont le diagnostic ne laisse aucun doute, il a trouvé systématiquement un typage HLA pouvant prédisposer fortement aux maladies auto-immunes avec une présence particulièrement fréquente des HLA DR7 et surtout DQ2 qui augmentent le risque de maladie coeliaque ( RR de 250 pour le DQ2). Il pense aussi que comme dans les maladies auto immunes les vaccins pourraient être des facteurs déclenchants ou aggravants chez certains enfants. Il pense que dans l'avenir on pourrait mettre en évidence des groupes à risque en fonction du typage HLA ou d'un polymorphisme génétique qui reste à découvrir.
La Dr.M.Megson, responsable du Developmental Pediatric Department à Richmond, USA(28) a vérifié que l'on trouve dans l'anmèse familiale des enfants autistes un pourcentage très élevé de cécité nocturne, de daltonisme et de sensibilité à la lumière d'un flash. De même chez les enfants ADHD. On trouverait également une proportion plus grande de cas de diabète, de cancer, d'hypercholestérolémie que dans les familles de non-autistes.. Il semblerait que c'est au centre du cerveau que passent toutes les voies qui relient les différents lobes cérébraux entre eux, ce qui permet à la fin l'apprentissage et l'intégration entre la pensée, la vision et l'audition. Les récepteurs à tout cela sont des récepteurs à la vitamine A et ils se situent dans l'hippocampe. Pour en venir à la vitamine A , la forme naturelle est "Cis" et se trouve dans le lait maternel, le foie, les reins, la graisse du lait et l'huile de foie de morue. La forme "Trans"est la forme solidifiée que l'on trouve dans les laits en poudre, les céréales, les multivitamines et les laits pauvres en graisse, mais qui pour être absorbée nécessite des microvillis intacts, un pH correct et la présence de bile.C'est donc fort possible que des enfants de 15 à 18 mois puissent être en manque de vitamine A naturelle. Par ailleurs le retinogramme des enfants autistes est anormal. En prescrivant simplement de l'hule de foie de morue dans une étude en double aveugle et en cross-over, elle a pu démontrer une amélioration nette des symptômes chez des patients autistes. Le déficit de vitamine A crée une fonction défectueuse des bâtonnets de la rétine avec une mauvaise vision de nuit mais aussi de jour chez les autistes et pourrait expliquer leur vision fragmentée de couleur et de forme mais aussi
de la nature tri dimensionnelle des objets. Il faut lire les travaux de David Hockney à ce sujet(29). Mais pour que la lumière frappant la rétine puisse être correctement interprêtée par le cerveau comme ce qui est vu, il faut que les protéines G soient impliquées dans le signal de transduction dans les voies de communication, lesquelles sont sensibles à la vitamine A.Pour tout un chacun le Retinol se transforme en 14 hydroxyretinol, lequel stimule les cellules T et génère la mémoire immune. En cas de double défaut de protéine G , cette transformation est bloquée, et cela rend les gens dépendant d'une source extérieure de 14 hydroxyretinol, dont la seule source est l'huile des poissons des mers froides (30). Le role des protéines G est d'augmenter ou de diminuer les signaux de tous nos sens: goût, toucher, odorat,vision,audition. S'il n'y a pas cette modulation de nos sens, nous risquons comme les autistes une hypersensibilité aux bruits, aux odeurs, au goût, au toucher. Pour obtenir ce genre de handicap il faut qu'il y ait un double défaut de la protéine G, un seul n'y suffisant pas, et cela pourrait bien être causé par des toxines ou des métaux lourds.
Les Dr.D.Downing (UK) et B.Montain (Paris) nous parlent de la toxicité du Mercure et sa relation possble avec l'autisme. On a comparé les symptômes de l'autisme à un empoisonnement mercuriel ,car le parralèle des symptômes est frappant(31). On peut penser qu'un produit toxique dans l'environnement, comme le Hg par ex, est autant capable d'abimer le système immunitaire qu'un agent viral. De plus il n'existe pas de niveau " safe" concernant le Hg , son absoprtion sous forme de vapeur ou son ingestion. Ce que l'on sait des métaux lourds , c'est qu'ils sont toxiques à très faibles doses comme le Pb, et que le Hg l'est certainement aussi. Jusqu'à très récemment les vaccins contenaient du Thiomersal ( = 47% de méthylmercure , composé très toxique !) et que la quantité totale de Hg atteinte après 4 doses pourrait être suffisamment toxique pour perturber un SNC jeune , prédisposé et en développement rapide. L'explication est plausible.L'autre source de contamination mercurielle pourrait être " in utero" , par transfert transplacentaire de mercure maternel circulant à partir des amalgames dentaires . Les amalgames dentaires contiennent 50% de Hg sous forme de méthylmercure aussi. L'étude en 1997 de l'Université deTübingen sur 20.000 patients a parfaitement démontré l'augmentation de Hg salivaire en fonction du nombre d'amalgames et ceci d'autant plus qu'il y a mastication(chewing gum ). On sait que les vapeurs de mercure (Hg-0) sont relachées par les amalgames dentaires, qu'elles sont sont inhalées et passent dans la circulation sanguine, traversent le placenta et pénètrent dans le foetus ( 32).Une fois que le mercure metallique pénètre dans la cellule il est facilement converti sous sa forme cationique ( Hg 1+ ou 2+) où promptement il se lie très solidement et pour longtemps aux groupes sulfydriques des enzymes et d'autres protéines. La différence entre les sujets autistes et les autres serait que les premiers ont un problème dans les mécanismes de détoxication hépatique , particulièrement la glucuronidation et la sulfatation , ce qui les rendraient particulièrement vulnérables aux expositions mercurielles à un certain moment de leur vie . Contrairement aux autres métaux lourds en cas d'intoxication, le mercure ne se détecte ni dans le sang, ni dans les selles, ni dans les urines ou les cheveux, car il reste fixé solidement aux groupes sulfhydryl des enzymes et autres protéines dans le foie,le rein,la muqueuse intestinale et le cerveau(33). Il faudrait donc des biopsies pour mesurer directement la quantité de mercure présente, ce qui n'est pas recommandé. Même un essai thérapeutique avec un agent chélateur n'est pas diagnostic, car n'importe qui excrétera une certaine quantité de mercure avec un tel test. Est-ce que le retrait du mercure du corps traite l'autisme ? Dans certains cas oui et surtout chez ceux dont l'intoxication est rendue très probable vu l'histoire maternelle d'amalgames dentaires nombreux et défectueux avec en plus une histoire de vaccins nombreux contenant du Thiomersal.Stephanie Cave, médecin de Louisiane, a traité plus de 400 enfants autistes et dit qu'il n'y a pas de modalité plus efficace que la detoxication du Hg.
Pour être un bon chélateur du mercure une molécule doit avoir deux groupes sulfhydryl opposés ( dans une structure en 3D) ou autres groupes fixant bien le Hg. Il faut avoir ces deux groupes opposés pour lier le Hg2+ dans une sorte de pince et l'empêcher ainsi de quitter le chélateur pour une autre molécule. Les seuls composés possédant cette caractéristique sont le DMPS( 2,3 dimercaptopropane sulfonate), le DMSA ( meso-2,3 dimercaptosuccinic acid), et l'acide alpha lipoïque(34). Le DMPS n'est pas autorisé chez l'enfant . Le DMSA agit plus lentement mais est plus sûr aussi bien par voie orale, rectale ou intraveineuse. Le DMSA est utilisé chez l'enfant pour l'intoxication au Plomb, mais le DMSA n'est pas trés sélectif sur les métaux lourds qu'il chélate et il se fixe parfaitement au mercure. Il est douteux que le DMSA traverse la barrière hémato encéphalique car il n'est pas très lipophile. Dans ce but on utilise l'acide alpha lipoique, soluble dans les lipides, mais seulement après que le Hg aie suffisamment diminué au niveau périphérique. Les effets secondaires sont gérables et consistent en une aggravation des troubles du comportement dans un premier temps et des pertes d'appétit, voir des nausées, diarhées et fatigue. On monitorise l'excretion de mercure sous traitement soit dans les selles ( où le Hg est naturellement excreté) soit plus facilement dans l'urine où il est standardisé par mg/ gr de creatinine, ce qui permet une comparaison fiable au cours du temps. Il s'agit de cures de traitement avec périodes sans et ceci pendant des mois. Il s'agit d'une thérapie émergente qui doit être faite sous contrôle médical seulement. Certains pensent que la majorité des autismes est le résultat d'une intoxication mercurielle à un très jeune âge et que l'on peut guérir complètement ces enfants si on réussit à les désintoxiquer avant l'âge de 7 ans. Chez les patients plus âgés on ne peut s'attendre qu'à des améliorations.
La piste du mercure est compatible avec toutes les autres théories disponible de la pathogénie de l'autisme. Chez l'enfant génétiquement prédisposé, il s'accorde avec la théorie des sulfates puisque le Hg se lie aux groupes -SH et bloque ainsi la fabrication de SO4. Il s'accorde avec la théorie de la Secretine puisque la Secretine est une protéine soufrée et que le Hg bloque le métabolisme du soufre. Il s'accorde avec la théorie du gluten/caséine puisque le Hg augmente la perméabilité de la muqueuse intestinale et prédispose aux allergies et intolérances. Il s'accorde avec la théorie immunitaire puisque le Hg désorganise la fonction immunitaire et rend le sujet vulnérable aux infections et à d'autres atteintes du système immunitaire. Il est possible que le MMR soit "la dernière goutte d'eau" qui perturbe définitivement un système nerveux et immunitaire préalablement endommagé par le Hg.
Il est urgent d'interdire rapidement, comme mesure préventive en Santé publique, tout amalgame à base de mercure et particulièrement sur des dents de laits.
En résumé
Ces deux jours de colloque sur les bases biologiques de l'autisme ont été très denses . Ils ont conduits à une connaissance d'une grande quantitié de notions nouvelles étiologiques et thérapeutiques, qui ne sont cependant pas toutes avalisées par un nombre suffisant d'études. Pourtant, d'un point de vue pratique, il semble évident qu'il faut instituer en premier lieu chez ces patients un régime strict sans gluten ni caséine, qu'il faut proscrire également de l'alimentation les sucres raffinés et les additifs(35), rajouter de la vitamine B6 à forte dose( 500mg/j),avec du Magnesium et de la vitamine A ( 2500 U 2x/j) mais sous forme d'huile de foie de morue. Si après deux mois de ce traitement les résultats ne sont pas suffisants, on ira rechercher par des analyses la présence de levures intestinales afin d'adapter et de suivre un traitement antifongique. En absence de résultats on peut initier un traitement par la Secretine, voir un traitement par chélateur du Hg. Plus l'enfant est jeune et plus il y a d'espoir d'amélioration et des fois de guérison. Par ailleurs sur le plan psycho éducatif tout de ce qui est connu comme efficace chez ces enfants doit être mis en route le plus rapidement possible et de façon intensive. Parmi les différentes thérapies éducatives ayant faits leurs preuve, tel que ABA selon Loovas, la méthode Teach, le Sensory Integration Technique,le Visual Therapy ou l'Auditory Integration Technique il faut rechercher la plus efficace pour un patient donné. Il est très important pour le devenir de l'enfant autiste que les approches biologiques et psycho éducatives soient complémentaires et ne s'opposent pas. L'approche psychanalytique de l'autisme, popularisée par Bettleheim, est complétement abandonnée (2).
Les laboratoires compétents dans les analyses chez les autistes sont:
A. Dr.William Shaw. www.greatplainslaboratory.com ou GPL4U@aol.com
B. Dr.Francis Rocchiccioli, labo biochimie, Hopital St.Vincent de Paul,75014 Paris
Francis-rocchiccioli@svp.ap-hop-paris.fr
Les livres de recettes de cuisine adaptés sont :
A. USA"Special Diets for Special Kids " de Lisa Lewis, edfuture@onramp.net
B. En Suisse Romande, l'équivalent est produit par Elke Arod .elke@hyperactif.org

" Celui qui ne sait pas est un imbécile, mais celui qui sait et ne fait rien est un criminel "
Berthold Brecht

Bibliographie

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Dr.Georges RYSER
15 rue du Grand Bay
1220 AVANCHET

 

Ce texte est publié avec l'autorisation du Docteur Georges Ryser et est soumis aux lois du copyright.


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